mardi 29 mars 2016

Philip K. Dick

Alors que j'écris cette chronique, je ressors d'une plongée dans l'univers de Philip K. Dick. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, c'est un auteur américain de science fiction, parmi les plus connus et les plus prolifiques. Vous avez certainement vu l'un des films suivants : Blade Runner, Minority Report, ou encore Total Recall. Ces films sont en fait des adaptations des œuvres de Philip K. Dick.



On retrouve à travers toute l'oeuvre de cet auteur deux grandes questions : "Qu'est-ce que le réel ?" et "Qu'est-ce qu'être humain ?". Il nous embarque dans des mondes futuristes où androïdes et humains se confondent, et où l'on confond également le virtuel du réel... Après avoir regardé le documentaire réalisé par Arte, on se demande réellement si Philip K. Dick n'était pas visionnaire. Sa dernière femme disait d'ailleurs : "Il se souvenait du futur". Il semble avoir su prédire les désastres écologiques des dernières années, les questions posées par les avancées techniques et autres découvertes scientifiques, les sociétés sous surveillance... Et pourtant, on ne l'a pas écouté ! Lui qui écrivait sous psychotropes et amphétamines et qui évoque souvent des expériences de communication avec un autre monde, il parvient à remettre en question nos certitudes les plus profondément ancrées.

C'est en tout cas ce que j'ai ressenti en lisant son premier grand chef d'oeuvre, Le maître du haut château. Dans ce roman, Philip K. Dick imagine un monde où les Allemands et les Japonais auraient remporté la Seconde Guerre Mondiale. Les Etats-Unis sont alors divisés en trois parties : l'une contrôlée par les nazis, une autre par les Japonais, et la zone centrale, sorte de zone tampon. On voit alors la culture intellectuelle et élitiste du Japon s'approprier la culture populaire américaine. On voit des américains qui ne se posent que très peu de questions, qui acceptent avec une facilité déconcertante la suprématie japonaise. Et au beau milieu de tout ça, on trouve un écrivain qui écrit le roman inverse de celui écrit par Philip K. Dick : il imagine un monde où la Seconde Guerre Mondiale aurait été remportée par les Etats-Unis et leurs alliés. Notre monde, quoi.

Cette projection uchronique qui part d'un fait historique marquant dans nos sociétés amène à réfléchir sur ce que nos pays sont devenus une fois libérés du joug nazi. Ce roman est d'une grande richesse. Il renvoie à de nombreux thèmes explorés dans l'oeuvre dickienne. On y retrouve ainsi le "fantôme" de sa sœur jumelle morte en bas âge, à travers l'un des personnages féminins. On y retrouve un monde où les avancées scientifiques sont énormes. On y retrouve un monde qui ne s'inquiète pas outre mesure du totalitarisme ambiant. On y retrouve un livre capable de prédire l'influence de nos choix sur l'avenir. Tout un tas de choses qui amènent le lecteur à s'interroger sur son monde propre.


Lors de ma plongée dans cet univers dickien, j'ai également découvert un court-métrage qui rend hommage à l'auteur. Des scientifiques y ont créé une machine nommée Phil (en référence à l'auteur), à travers les yeux de laquelle on voit les scènes (le film a été conçu pour de la réalité virtuelle, mais on peut également le regarder sur ordinateur). Ce court-métrage interroge la relation de l'homme à la machine. Un robot peut-il remplacer un homme ? Peut-il ressentir les choses ? Bref, encore une fois, cela pose la question de l'avancée scientifique : jusqu'où la science peut-elle aller ?

Enfin, Arte (c'est cette chaîne qui a conçu le documentaire évoqué plus haut et le court-métrage en réalité virtuelle, tous disponibles ici) a également mis au point un jeu vidéo, Californium, qui rend hommage à Philip K. Dick. On y incarne un écrivain raté de SF, qui entrevoit des ouvertures sur un monde parallèle. Bien que le principe du jeu ne m'ait pas totalement convaincue (même si la trame est intéressante, le jeu est répétitif et il faut de la précision et de la patience, ce qui n'est pas mon fort), j'ai trouvé les graphismes superbes ! On se croirait réellement dans un univers de BD. Qui plus est, même en tant que novice de l'univers dickien, j'y ai trouvé des tas de références plus ou moins cachées à l'auteur. Très bel hommage donc !


Bref, ce voyage en terres dickiennes m'a passionnée (j'espère vous avoir donné envie d'y aller, ça vaut le détour). Et ce n'est certainement que le début de belles lectures !

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