mardi 16 juillet 2019

Les Secrets de Tharanis, tome 1, David Moitet

David Moitet est un auteur qui m'avait déjà beaucoup tentée avec un de ses ouvrages précédents, Le dossier Handle, mais que je n'avais pas eu l'occasion de lire. J'ai donc finalement pu découvrir sa plume grâce à ce roman fantastique, Les Secrets de Tharanis

L'héroïne, Ambre de Volontas, pensait avoir les clés de sa vie en main, et malgré des soucis d'entente avec son père, elle s'estimait plutôt heureuse de son sort. Seulement, son avenir va prendre une toute autre tournure lorsque, du jour au lendemain, son père est accusé de trahison. Contrainte de prendre la fuite, elle est accompagnée par le chevalier qui l'a toujours protégée, du plus loin qu'elle se souvienne, et un écuyer dont l'identité s'avère plutôt mystérieuse. Lors de son périple, elle va aller de surprise en surprise. Non seulement, elle découvre des forces à l'oeuvre qu'elle croyait éteintes. Mais surtout, elle va en apprendre plus sur elle-même et ceux qui l'entourent, à commencer par son père, un homme qui cache bien des choses derrière son apparente sévérité. 


Si j'ai été plutôt séduite par cet univers et certains de ses aspects assez inattendus et originaux, je n'ai pas réussi à m'accrocher aux personnages. J'ai trouvé qu'ils n'étaient pas très bien campés psychologiquement, j'ai même noté quelques incohérences dans leurs dialogues et les relations qu'ils entretiennent. Cependant, cela n'enlève rien à la construction ingénieuse et plutôt réussie de cet univers fantastique, et je suis certaine que bien des lecteurs sauront s'y retrouver mieux que moi ! 

Comme je l'ai précisé dans le titre, ceci est un tome 1, mais ne vous en faites pas : si vous l'achetez maintenant, vous n'aurez pas à attendre longtemps, puisque la sortie du tome 2 est prévue pour le 28 août ! Pour aller l'acheter, et peut-être pré-commander la suite, il vous suffit de cliquer sur l'image ci-dessous ! 

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Merci à NetGalley et aux éditions Didier Jeunesse pour cette lecture. 

mardi 9 juillet 2019

Engrenages et sortilèges, Adrien Tomas

Cet hiver, dans le cadre de mon travail, il fallait trouver des idées d'ouvrages à conseiller à des élèves en études de mécanique... Ça n'est jamais facile d'avoir les bonnes idées pour intéresser un public à ce point éloigné de la lecture. Mais quand j'ai vu Rageot communiquer autour d'une sortie récente, Engrenages et sortilèges, je me suis dit que peut-être certains pourraient trouver leur compte derrière un tel titre ! J'ai donc lu le roman en question pour me faire mon avis... 


D'emblée, nous plongeons dans un univers fantastique à forte influence steampunk, ce qui marque tout de suite l'originalité de ce roman. Deux adolescents, tous deux brillants étudiants dans leurs disciplines respectives, vont se retrouver plongés bien malgré eux au cœur d'événements politiques qui les dépassent. Cyrus, le noble mage, et Grise, l'apprentie mécanicienne, sont victimes d'une tentative de kidnapping, à laquelle ils échappent de justesse. N'ayant d'autre choix que de se cacher, ils vont trouver refuge parmi un peuple de canailles, et vont ainsi découvrir un monde défavorisé qui vit en souterrain. Très vite, on réalise que ces deux-là, en plus d'être inquiets à cause de cet enlèvement, ne sont pas ravis de voir leurs destins liés au sein de cette aventure. En effet, ils ne se portent pas dans le cœur l'un de l'autre, tant à cause du mépris éprouvé à l'égard de la discipline de l'autre, qu'à cause de leurs origines et appartenances sociales bien différentes. On va donc, avec eux, tenter de comprendre qui est à leur recherche, et pourquoi ils se retrouvent ainsi mêlés à des manigances qu'ils ne pouvaient seulement soupçonner. 

Humour, tension narrative, sentiments authentiques, situations incongrues, tout est au rendez-vous pour faire de ce titre un bon roman. L'intrigue est bien menée, dans un univers original, dont les rouages fonctionnent bien. Cependant, j'ai trouvé que ce roman comportait des ficelles un peu trop faciles, on devine vite le déroulement des choses. Mais ça n'enlève en rien le plaisir de lecture, et cela pourrait même en faire un atout aux yeux de lecteurs moins habitués. 

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lundi 1 juillet 2019

Diabolo fraise, Sabrina Bensalah

Vous aviez aimé la série de romans Quatre sœurs, de Malika Ferdjoukh ? Alors vous aimerez très certainement ce roman, Diabolo fraise, de Sabrina Bensalah. C'est comme ça que ma collègue m'avait "vendu" ce titre, et c'est vrai que ma lecture n'a pas été sans rappeler celles, faites il y a quelques années, de la série à l'Ecole des Loisirs. Le ton est similaire, les questions abordées tout aussi variées, mais on est dans quelque chose de plus moderne (forcément), et surtout, c'est un one-shot, ce qui permet une lecture rapide, qu'apprécieront les moins férus de lecture. 

On retrouve donc quatre sœurs dans ce roman, à travers une tranche de vie de plusieurs mois, pendant laquelle de grands chamboulements vont intervenir. Antonella, l'aînée, une lycéenne de 18 ans, se retrouve enceinte. Elle va alors tenter de prouver, autant aux autres qu'à elle-même, que sa liberté signifie aussi qu'elle peut garder cet enfant arrivé par accident. Marieke, 16 ans, est partagée entre la hâte de perdre sa virginité, et l'approfondissement de son plaisir personnel. Jolène, 15 ans, se construit comme une jeune fille résolument féministe, tout en attendant impatiemment ses premières règles. Et la benjamine, Judy, 11 ans, tente tant bien que mal de trouver sa place au collège et parmi ses sœurs. 


Comme on le devine, de nombreux thèmes seront donc abordés à travers ce roman, permettant ainsi de trouver un écho en chaque lecteur. On y parle de sexualité, de la puberté, bref, de l'adolescence et de tous les maux et les découvertes qui l'accompagnent. On y parle aussi de féminisme et de féminité, entre Marieke qui veut plaire à tout prix et Jolène qui revendique son droit à avoir des poils et à s'habiller comme elle le souhaite. On y parle d'éducation : le père de toute cette joyeuse bande est l'auteur de livres sur l'éducation bienveillante, et il réalise qu'il est parfois bien difficile de mettre en pratique ses théories. On y parle enfin de harcèlement, avec la dose de sensibilité et d'intelligence nécessaire. Cela fait beaucoup de sujets à aborder en si peu de pages (272), mais le challenge est réussi ! Ce roman n'a pas pour but d'explorer toutes les pistes possibles et d'apporter des réponses claires à ces grandes questions que peuvent se poser beaucoup d'adolescents. Le but est simplement de leur montrer qu'ils ne sont pas les seuls à se les poser, et qu'il existe des tas de réponses différentes. 

Si je devais nuancer un peu le tableau, je pointerais du doigt les dialogues, qui manquent souvent de naturel. L'autrice met dans la bouche des personnages des mots qui découlent plus d'une pensée complexe construite sur le long terme, que d'une discussion entre sœurs, amis ou amoureux, comme c'est le cas dans le roman. Mais cela n'empêche en rien d'être touché par les trajectoires de ces jeunes filles, et d'avoir terriblement envie d'arriver à la fin du roman ! Entre rires, réflexions et émotion, ce roman semble pouvoir parfaitement parler aux adolescents. 

Alors si vous êtes tentés, n'hésitez plus, c'est par ici pour acheter ce livre ! 

mercredi 26 juin 2019

Kidnapping à la confiture, Marie Lenne-Fouquet et Eglantine Ceulemans

J'ai découvert ce roman dès sa sortie, puisque l'auteure, Marie Lenne-Fouquet, était venue faire une séance de dédicaces dans la librairie où je travaille. Ma collègue m'en avait donc parlé en avant-première, mais je n'avais pas eu l'occasion de le lire. Marie Lenne-Fouquet a également écrit(entre autres) un tout petit roman, La bonne culotte, que j'ai lu durant l'hiver et qui m'avait bien plu, par son côté à la fois décalé et touchant ! Et j'ai eu l'occasion de lire Kidnapping à la confiture grâce à la dernière opération Masse Critique de Babelio

Bref, ici, on retrouve trois jeunes adolescents (11 ans), dont la solide amitié s'est forgée grâce à leurs différences. Dans le lot, on a un intello très myope, qui se fait donc remarquer à cause de ses lunettes de taupe, un garçon surprotégé par sa mère et qui ne prend lui-même aucun risque de peur de la fâcher, et la narratrice, sourde, et qui ne peut donc entendre que grâce à ses appareils auditifs. Ces trois-là collectionnent les bêtises, même si elles sont plus drôles que méchantes. Et pourtant, cette fois-ci, ils vont se faire prendre par la police ! Leur punition consistera à aller s'occuper de personnes âgées à l'EHPAD du coin, puisque leur victime était un vieux monsieur. S'ils y vont en traînant des pieds, ils vont vite se rendre compte que la corvée est loin d'être aussi désagréable qu'il n'y paraît... 


Cette lecture me semble parfaite pour de jeunes lecteurs qui ont du mal à aller vers les livres. L'histoire est originale, déjantée au possible, et en fera rire plus d'un ! Une amitié plus qu'improbable  va se créer entre des personnages hors normes, qui vivent ensemble des aventures incroyables (au sens propre du terme hein, ne vous attendez pas à quelque chose de trop véridique...). L'écriture est très vivante, et même la typographie l'est, puisqu'il y a des jeux sur la taille des caractères : les commentaires intérieurs de la narratrice sont écrits en plus petits, ce qui apporte encore plus d'humour et de décalage à l'histoire déjà bien amusante. Le tout est parfaitement servi par les illustrations d'Eglantine Ceulemans, qui au fil des pages, complètent parfaitement le texte. On trouve dans les dessins des petits détails qu'on n'avait pas forcément imaginés, mais qui participent encore plus à l'aspect comique de ce roman. 

Cette lecture haute en couleurs saura régaler les jeunes lecteurs, garçons comme filles, et peut-être, qui sait, en réconcilier certains avec la lecture ! Alors si vous pensez à un jeune à qui offrir ce livre, c'est par ici

lundi 24 juin 2019

La rivière de satin, Jean-François Chabas

Jean-François Chabas est un auteur dont ma collègue m'avait dit beaucoup de bien, lors de la sortie d'un de ses livres précédents, La loi du Phajaan, que je ne désespère pas d'avoir un jour l'occasion de lire. En attendant, j'avais moi-même découvert cet auteur avec Les Chroniques de Zi, dont je vous avais parlé par ici. Et cet hiver, j'ai eu l'occasion de lire le dernier roman de l'auteur, La rivière de satin

On y suit le destin de Sine, une adolescente dont la vie a basculé suite au décès de ses parents. Orpheline, elle est alors confiée à sa grand-mère Abigaïl, qui vit sur Hawaï. On comprend vite que cette dernière, acariâtre et hautaine, n'a pas vraiment envie d'embarrasser sa vie de privilégiée avec la présence d'une adolescente perturbée. Car Sine est perturbée non seulement par le deuil douloureux de ses parents, mais surtout, depuis leur décès, elle a développé le syndrome d'Alice au pays des merveilles, ce qui lui cause de violentes crises durant lesquelles elle n'a plus aucune notion du lieu où elle se trouve. La cohabitation va donc s'avérer difficile entre ces deux-là. Et pourtant, ce n'est pas cet aspect qui viendra bouleverser la nouvelle vie de Sine, mais bien la nature elle-même, avec l'aide du volcan de l'île qui se réveille et vient à nouveau tout chambouler. 


Ce livre, destiné aux adolescents, on a envie de le lire d'une traite, tant on s'attache vite au personnage de Sine. Sa vision des choses est à la fois simple et pleine d'humour, malgré ce qu'elle a vécu. Elle-même va très vite s'attacher à un personnage bien mystérieux, Holokaï, qui incarne parfaitement ce que l'auteur appelle "aloha spirit", et qui nous aide à voyager. On ne lâche pas ce livre, pressés que nous sommes de savoir si l'adolescente connaîtra enfin une vie de bonheur et de paix, à l'image d'ailleurs de cet "aloha spirit". 

On retrouve dans ce roman l'écriture de Jean-François Chabas, simple et efficace, sans artifices, mais qui sait toucher en plein cœur. Ce n'est pas forcément un roman très marquant, mais il permet sans aucun doute de passer un moment plein de découverte et de douceur. On se sent comme dans une bulle à la lecture de ce roman, et ce genre d’œuvres est à mon sens essentiel, notamment pour aider les adolescents à se poser. 

Si vous souhaitez vous-même découvrir cette plume, ou faire vivre cela à un adolescent de votre connaissance, n'hésitez pas, cliquez icihttps://www.leslibraires.fr/livre/14888648-la-riviere-de-satin-jean-francois-chabas-didier-jeunesse !

jeudi 13 juin 2019

Les grands espaces, Catherine Meurisse


Je retrouve Catherine Meurisse avec son dernier ouvrage, Les grands espaces, pour les besoins d'un article que l'on m'avait demandé. Et c'est un plaisir que de retrouver une auteure que j'apprécie, mais que j'avais un peu laissée de côté, ne lisant que peu de bandes-dessinées ces derniers temps... Je l'avais découverte avec Mes hommes de lettres, il y a pas mal d'années, et ça m'a d'ailleurs donné envie de m'y replonger ! 



Dans Les grands espaces, elle rouvre la porte de son enfance et nous entraîne à sa suite dans la campagne qui l’a vue grandir. A travers des souvenirs empreints d’une certaine nostalgie, elle croque avec joie le jardin de son enfance et les champs environnants. On la suit à travers ses jeux et ses découvertes enfantines, aux côtés de sa sœur, qui a toujours une citation littéraire pour commenter chaque situation. Le récit est donc émaillé de références, qui amènent tantôt un côté humoristique, tantôt une certaine érudition que l'on retrouvera beaucoup au fil de ces pages. Ainsi, les deux jeunes sœurs, curieuses de cette campagne où leurs parents les ont emmenées vivre, ouvrent leur musée de trésors, à la façon de Pierre Loti, qui habitait la même région. L'auteure se remémore également les moments de douceur aux côtés de ses parents, amoureux des plantes, qui se targuent de faire un jardin d'écrivains, eux qui collectionnent les boutures. Ils sont également fervents défenseurs de l'écologie, et transmettent ces passions à leurs filles, à travers leur volonté de leur créer un véritable jardin paysager dans lequel elles puissent se fabriquer d'heureux souvenirs. 

Cette parenthèse à travers laquelle Catherine Meurisse nous entraîne, cette pause dans nos vies citadines, c’est l’occasion d’une petite leçon de choses, alors qu’elle se souvient de tout ce qu’elle a appris dans ce jardin d'enfance. Il est l'heure, à travers cet album, de prendre conscience des changements que l'homme a imposés à la nature, la détruisant à petit feu, ce contre quoi les parents de l'auteure ont toujours tenté de se battre. S'il y a beaucoup de douceur dans cet album, il faut tout de même en ressortir en se posant les bonnes questions sur le mal que nous faisons à notre environnement, et sur nos modes de vie. Il y a donc beaucoup de nostalgie dans cet album, mais également un propos très actuel. 

On y retrouve en tous cas avec grand plaisir le trait malicieux de Catherine Meurisse, alors qu’elle croque les personnages, et notamment les membres de sa famille, avec son humour habituel de caricaturiste. Mais surtout, on se laissera émerveiller par certaines planches plus vraies que nature, façon cabinet de curiosité. Si c'est une lecture sur laquelle je suis finalement passée assez vite, j'ai réellement eu des coups de cœur pour quelques illustrations, dont je vous laisse apercevoir des exemples.

   


Un retour au vert qui permettra de s’évader bien plus loin qu’on ne le soupçonne. Avoir renoué avec cette auteure me donne désormais très envie d'aller lire son précédent ouvrage, La légèreté, dans lequel elle revenait sur ses sentiments face à la tuerie de Charlie Hebdo. 

Si vous souhaitez vous y plonger à votre tour, voici le lien pour vous procurer Les grands espaces ! 

mardi 11 juin 2019

Comment mon père est mort deux fois

Yves Grevet : le nom de cet auteur a accompagné mon adolescence tant j'en ai souvent entendu parler (en bien !), et pourtant je ne l'avais encore jamais lu... C'est désormais chose faite avec son dernier roman, Comment mon père est mort deux fois

Soën vit paisiblement sur l'île de la Réunion, avec ses parents, jusqu'au jour où des policiers viennent lui annoncer le décès de son père, survenu dans des circonstances aussi tragiques qu'inattendues. Pour le jeune homme et sa mère, le deuil est d'autant plus difficile à vivre, qu'ils ont la terrible impression qu'on ne leur dit pas tout. En creusant un peu, ils vont découvrir que cet homme qu'il leur semblait connaître vivait en fait sous une fausse identité, afin de se protéger lui-même, ainsi que sa famille. En apprenant cela de sa grand-mère paternelle, dont il ne soupçonnait même pas l'existence, Soën décide de se lancer dans une enquête qui va vite le dépasser, afin de découvrir qui était véritablement cet homme, ainsi que les raisons de sa mort. 


Yves Grevet superpose deux intrigues qui viennent se répondre l'une à l'autre. D'un côté, on suit l'enquête laborieuse de Soën, et de l'autre, on a accès aux cahiers de jeunesse écrits par Yvon, le père de Soën, alors qu'il était enseignant en Turquie. Cette partie de sa vie, Soën et sa mère n'en ont jamais eu vent, et on se doute alors qu'on va apprendre, au travers de ces cahiers, la vérité tant recherchée par le jeune adolescent. Pourtant, on a vite l'impression que les événements, passés et présents, le dépassent, et risquent de le mettre en danger. L'auteur parvient ainsi à instiller un suspense bienvenu, afin de maintenir la tension et notre attention de bout en bout du roman. 

La quête de Soën se veut chargée en émotion, comme le laisse deviner le titre, et le thème omniprésent du deuil. On découvre à cette occasion une part de la culture réunionnaise, qui diffère en certains points de notre culture métropolitaine. Mais surtout, ce qui à mon sens donne du relief à ce roman, ce sont les raisons du mystère qui entoure le père de Soën. Avec ses cahiers de jeunesse, on est plongés au cœur d'intrigues politiques qui ont chamboulé les années 1980. 

J'ai eu du mal à me laisser emporter par le côté thriller de ce roman. Si les dernières pages sont riches en rebondissements, j'ai trouvé qu'il y avait un déséquilibre entre la rapidité de résolution de l'intrigue et la lenteur avec laquelle sont dévoilées les choses dans le reste du roman, certainement due à l'alternance entre les deux modes de narration. Je n'ai pas non plus été transportée d'émotion en côtoyant ces personnages : je trouve que leur psychologie est assez peu creusée, et l'intrigue y perd en richesse. Cependant, le dénouement a su titiller ma curiosité, et je pense qu'il en sera de même pour tout lecteur. On a envie de démêler le vrai du faux, l''inspiration historique de la fiction, à l'issue de ce roman, et tout cela trotte dans la tête un bon moment... Pour gagner en qualité, j'aurais aimé avoir quelques lignes à la fin du roman, sur le contexte historique et politique, afin d'y voir plus clair. Cela aiderait, je pense, les adolescents à qui ce livre est destiné, à réfléchir à une situation politique complexe, qui peut faire écho à certaines problématiques plus actuelles. 

C'est donc un bilan en demi-teinte pour moi. Ce roman n'est pas, je pense, le plus réussi d'Yves Grevet, et il ne restera pas dans les annales. Cependant, il laisse entrevoir le talent et la richesse des univers de cet auteur. Je prévois de lire Grupp dont j'ai entendu beaucoup de bien, dans les mois à venir, et je ne désespère pas de trouver un jour le temps de me plonger dans U4 !

En attendant de lire mon avis sur ces deux autres titres, si le coeur vous en dit, n'hésitez pas à aller vous faire votre avis sur Comment mon père est mort deux fois en cliquant par ici