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vendredi 7 septembre 2018

Einstein, le sexe, et moi, Olivier Liron

Cela fait un moment que je m'intéressais à l'univers de ce jeune auteur qu'est Olivier Liron, sans encore avoir pris le temps de lire ses œuvres. D'autant qu'il est publié chez Alma, un éditeur dont les romans m'attirent souvent. Alors en préparant la rentrée littéraire, quand j'ai vu que nous avions reçu ce livre en service de presse à la librairie, je l'ai tout de suite entamé !

Olivier Liron est un autiste Asperger. Cela peut parfois faire peur, on pense tout de suite "handicap", "ne peut suivre une vie normale", etc. Et certes, le parcours de ce jeune homme a quelque chose d'exceptionnel, mais pas au sens où on pourrait le penser. Il est exceptionnel car, alors qu'il était étudiant, il a participé à l'émission Questions pour un Super Champion ! Oui, car être Asperger, ça n'est pas une maladie, nous dit-il en préambule. "C'est une différence". Dans Einstein, le sexe, et moi, Olivier Liron retrace pour nous le tournage de cette émission à laquelle il a donc participé. Le récit suit l'ordre chronologique de ce tournage, et assez fidèlement (je suis sûre qu'on retrouverait même les phrases exactes si on visionnait l'émission en parallèle de la lecture du livre).


Au fur et à mesure qu'il retrace le fil de l'émission, Olivier Liron s'autorise des digressions, toujours inspirées par les questions, ou les paroles de Julien Lepers. Il revient alors, toujours avec une bonne dose d'humour et d'humilité, sur son parcours, son entrée dans la vie adulte, et le début de ses études. On sent alors là toute sa différence qui pourrait tenir en deux mots : codes sociaux. Il lui manque en effet certaines règles tacites, qui sont évidentes pour la plupart des gens, mais qui n'ont aucune explication logique. Son esprit rationnel semble donc avoir beaucoup de mal à intégrer ce type de règles. Notamment, il ne sait pas comment se comporter lorsqu'il se retrouve seul avec une femme, et on sent que, dans ces moments-là, il souffre de sa différence, même s'il ne le dit pas clairement. Il replonge aussi parfois dans son enfance, dont on sent qu'elle n'a pas vraiment été heureuse, même s'il en garde de bons souvenirs.

Il y a quelque chose de touchant dans ce récit d'un jeune homme qui tente tant bien que mal de s'adapter à un monde qui n'est pas toujours tendre avec ceux qui sortent de la norme. On retrouve une écriture très vivante dans ce livre. Comme il parle d'une émission dont on a tous, une fois ou l'autre, aperçu des images, on visualise parfaitement les scènes qui se déroulent devant nous. Les fans de Julien Lepers sauront également trouver leur compte. En effet, dans le ton des dialogues, on retrouve sans aucun mal les tonalités et mimiques si caractéristiques de l'animateur télé.

Une belle surprise pour cette rentrée littéraire, et surtout qui sort des sentiers battus. Si vous souhaitez vous le procurer, vous pouvez le faire en quelques clics, par ici ! Ce livre m'a redonné terriblement envie d'ouvrir enfin le premier roman d'Olivier Liron, qui dort sur mes étagères : Danse d'atomes d'or. Je vous en reparlerai donc certainement bientôt !

Ce livre a été lu dans le cadre de l'édition 2018 du Challenge 1% Rentrée Littéraire.


dimanche 12 avril 2015

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, Thomas Vinau

Ma dernière lecture (Olivia Rosenthal) n'était pas une lecture facile. C'est même une lecture qui m'a fait me poser beaucoup de questions, qui m'a fait réfléchir. Alors après ça, j'avais besoin de lire quelque chose de plus léger (attention : qui dit plus léger, ne veut pas dire de moindre qualité !). J'ai donc choisi, un peu par hasard, de lire un roman de Thomas Vinau : Nos cheveux blanchiront avec nos yeux. Un prof me l'avait prêté car l'auteur devait venir en rencontre à l'université, mais finalement ça ne s'est pas fait, et j'avais laissé le livre de côté.

J'y suis donc revenue, ou plutôt, j'y suis passée. Un peu en coup de vent. Car ce livre peut vraiment se dévorer très rapidement (plus rapidement encore que le trajet en TGV Paris-Poitiers). Plus qu'un roman, c'est un recueil d'impressions, composé en deux parties. La première partie apporte un souffle d'air, elle nous fait voyager (sur les pas du narrateur) du Nord au Sud de l'Europe, et prend le temps de décrire des instantanés, au fil des rencontres que fait le personnage. Puis, dans la deuxième partie, on a très simplement et tout naturellement (un peu trop ?) un retour aux sources. Retour vers un foyer stable, vers une famille grandissante. Et là encore, des instantanés, au fil de la rencontre avec soi-même et avec un nouveau-né.

Alors oui, cette lecture, faite de moments de bonheur, d'instants apaisants, est plutôt agréable. Même si, sur le fond, on pourrait (ou je pourrais, en tant que femme ?) faire une observation. Le plaisir de cet homme, qui éprouve le besoin de partir juste avant la naissance de son fils, n'est-il pas un peu trop égoïste ? Observation contrée par le regard tendre et bienveillant qu'il adopte dans la deuxième partie, certes, mais qui reste tout de même en tête.