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mardi 8 juin 2021

L'été de tous les possibles, Jennifer Niven

 Bon, je vous préviens : en lisant cet article, vous allez vous dire "encore un avis négatif ! Pourquoi elle nous parle encore d'un livre qu'elle n'a pas aimé ?" Eh bien, parce que je crois qu'il est important que les réseaux sociaux ne reflètent pas uniquement le positif. Et sur ce roman, j'ai vu passer presque uniquement des avis élogieux, alors que franchement ? il est très moyen ! Bref, on passe aux choses sérieuses, et je vous en dis plus sur L'été de tous les possibles, dernier roman de Jennifer Niven

C'est décidé depuis un moment : une fois le lycée terminé, Claude partira pour un road-trip avec sa meilleure amie, Saz, avant qu'elles ne se séparent pour l'université. Mais c'est sans compter sur les parents de Claude, qui lui annoncent, brutalement, leur divorce. Non seulement, elle a la sensation que le sol s'effondre sous ses pieds, mais en plus, sa mère veut l'emmener passer l'été sur une île isolée sans internet, très peu peuplée ? Cet été tourne au cauchemar pour Claude. Alors qu'il va lui réserver de belles surprises. Ces semaines mère-fille, sur les traces de leurs ancêtres, seront l'occasion pour les deux femmes d'en apprendre beaucoup sur leur filiation, si importante pour une jeune femme qui cherche ses repères. Et le mystérieux Jeremiah aidera la lycéenne à guérir, en s'ouvrant à une nature dont elle ignorait alors la richesse.

Je vais être franche : j'ai trouvé ce roman affreusement plat, je me suis ennuyée au long de ses 400 et quelques pages. Je devais le lire pour la rédaction d'un article thématique sur trois romans pour l'été (je vous en reparle bientôt), et je me suis fait violence pour aller au bout (rassurez-vous, les deux autres m'ont bien plus séduite !). C'est une romance que nous offre ici Jennifer Niven, parfaite pour l'été diront certains, mais sans surprise aucune. Le personnage de Jeremiah est en fait construit uniquement en référence à Claude, pour répondre à ses besoins. Elle a besoin d'être bousculée, sortie de sa torpeur ? Il arrive, et la force à aller découvrir la belle nature environnante. Elle a besoin de mots doux, il lui en offre. Elle a besoin de confrontation ? Ca tombe bien, lui aussi est de méchante humeur et le ton monte. Elle a besoin d'évasion ? Il l'emmène à l'aventure. J'ai vu quelques lectrices trouver Claude égoïste, et c'est vrai, elle l'est. Mais en réalité, ce qui donne cette impression, c'est justement que les personnages autour d'elles ne semblent pas avoir droit à leurs émotions propres, en dehors de celles qu'elle projette sur eux. Et ça, dans un roman sur la construction adolescente, c'est quand même assez gênant. J'ai trouvé aussi pas mal de clichés dans ce roman. Je n'en citerai qu'un : la scène où Jeremiah embarque Claude pour la soirée, elle s'interroge sur l'endroit où ils se rendent, mais il joue les mystérieux et ne lui révèle rien... Scène typique, qui revient au moins trois fois dans le roman ! 

Alors c'est vrai, si je n'ai rien de positif à dire, autant ne pas parler de ce roman. Mais tout de même, j'ai réussi à y trouver un bon point. Dans cette relation amoureuse, les notions de consentement et de plaisir féminin ne sont pas laissées de côté. Dans chaque scène de baiser, ou presque, l'un demande à l'autre s'il peut l'embrasser, ou le prévient en lui laissant le temps de se dérober si besoin. C'est important, je crois, de mettre de telles scènes dans la littérature jeunesse. Les adolescents doivent savoir que oui, c'est normal que les choses se déroulent ainsi, et que non, la scène où un garçon embrasse - voire plus - une fille contre son gré, ça n'a rien de romantique. De plus, Claude est une jeune fille qui connaît son corps, un personnage de roman, féminin, qui se masturbe, et qui sait ainsi ce qu'elle aime ou non, et sait le communiquer à son partenaire. Encore une fois, cette banalisation de la masturbation féminine, et du dialogue pour atteindre le plaisir, est importante. Elle s'interroge aussi beaucoup sur le concept de "première fois", et tente de désacraliser la virginité, cette construction patriarcale. Là, en revanche, le message est beau, mais ne s'applique pas à elle-même, puisque sa première fois revêt une grande importance pour elle. Mais peu importe, ce propos féministe sur la sexualité constitue finalement le gros atout de ce roman, selon moi. 

Si finalement ce roman vous tente, vous pourrez vous laisser séduire par ce dernier point, et le défendre pour cette raison. Pour ma part, c'était la première fois que je lisais cette autrice, et même si je la remercie de mettre ces idées dans les esprits des adolescents, je n'irai pas plus loin dans la découverte de son œuvre. 


 

vendredi 7 août 2020

Alma, Le vent se lève, Timothée de Fombelle

Après plusieurs semaines d'absence, je reviens par ici pour vous parler d'un de mes auteurs chouchous, Timothée de Fombelle ! La parution de son dernier roman, Alma, Le vent se lève, a été très attendue (repoussée pour cause de confinement !) et a fait beaucoup parler, pas toujours en bien... Maintenant que je l'ai lu à mon tour, j'aimerais revenir un peu sur tout ce qui s'est dit. 

Mais avant tout, laissez-moi vous parler rapidement du roman en lui-même, c'est quand même d'abord à ça que sert ce blog ! Ce roman est le premier tome d'une trilogie autour de l'esclavage et du commerce triangulaire. On y suit Alma, une jeune fille africaine de l'ethnie oko, vivant une enfance pleine de bonheur, en autarcie dans une petite vallée, avec sa famille. Elle qui ne connait rien du monde en dehors de sa vallée, va en découvrir la cruauté alors que son frère s'échappe, et qu'elle quitte elle aussi ce petit paradis pour partir à sa recherche. Elle découvre alors que des hommes en capturent d'autres pour les vendre à des navires étrangers qui partent à l'autre bout du monde. Elle découvre que tous les hommes ne vivent pas en harmonie comme elle le faisait avec ses parents et ses deux frères. Elle découvre qu'elle-même n'est pas tout à fait ce qu'elle croyait, qu'elle est plus forte qu'elle ne l'aurait jamais soupçonné. D'autres personnages, européens notamment, viennent se greffer à son histoire, et j'imagine que les deux autres tomes de cette trilogie nous en apprendront plus sur eux. 

Au début de ma lecture, je n'ai pas tout à fait retrouvé la magie qui opérait dans les autres romans de Timothée de Fombelle, mais peut-être est-ce aussi dû aux critiques que j'ai pu en lire. Ceci dit, ce sujet nécessitait forcément un ton plus grave que de simples romans d'aventures, ce qui explique aussi ce changement de ton. Quoiqu'il en soit, c'est tout de même un roman magnifique, qui laisse présager de bien des frissons - de peur comme de plaisir - à la lecture des tomes suivants. Au fil des pages, on retrouve finalement toute la poésie contenue dans la plume de Fombelle, et je pense notamment à deux chapitres qui nous font explorer la culture oko, que j'ai trouvés d'une beauté à couper le souffle. En revanche, les illustrations de François Place, habituellement très vantées, m'ont laissée de marbre. Je ne les ai pas trouvées très soignées, et elles n'apportent pas grand chose au roman, à mon sens. Les illustrations de couverture, avec ce beau vert, auraient pu suffire. 



Malgré cette beauté, malgré la renommée (et peut-être d'ailleurs à cause d'elle) de son auteur, la publication d'Alma a généré de nombreuses critiques. Timothée de Fombelle a été interviewé par un journaliste du Point, qui me paraît vraiment chercher la polémique, à propos du refus de traduction par son éditeur anglophone habituel. En effet, Walker Books ne publiera pas Alma aux Etats-Unis, où les lecteurs n'acceptent pas qu'un auteur blanc s'approprie un pan si tragique de l'histoire noire. La culture du ownvoice y est très répandue. Je n'en donnerais qu'une définition rapide, d'autres en parlent bien mieux que moi. En gros, l'idée d'un livre ownvoice, c'est qu'y sont mis en avant des personnages qui appartiennent à une minorité (minorité sociale, raciale, sexuelle, etc), et l'auteur de ce livre est lui-même issu de la minorité concernée. Bien sûr, puisqu'il vit au quotidien ce dont il parle, il sera le mieux placé pour le faire avec justesse. Pour en revenir à l'interview de Timothée de Fombelle qui a fait couler tant d'encre : il y explique qu'il a continué à écrire son roman malgré le refus de publication de Walker Books, simplement il s'est encore davantage appliqué à être le plus juste possible dans le traitement des personnages. 

Parmi les critiques les plus virulentes, certains se sont exprimés en prétendant qu'aucun auteur blanc ne devrait plus écrire sur l'esclavage, afin de laisser la parole aux concernés. Sur ce dernier point, je suis d'accord : je pense en effet qu'il est important, quel que soit le sujet, de pouvoir lire des romans représentant une diversité, écrits par les concernés. Toni Morrison, pour ne citer qu'elle, est un excellent exemple de ce que peut apporter, dans un roman sur les noirs, le fait d'être soi-même noir. Elle connait réellement les sentiments de ceux sur qui elle écrit, puisqu'elle les a sans nul doute expérimentés directement, ressenti dans sa peau. Alors forcément, elle connaît son sujet. Pour autant, est-ce que cela signifie qu'un auteur blanc, qui prendrait vraiment le temps de se renseigner intimement, ne pourrait pas lui aussi écrire sur un sujet similaire ? Certains disent que non, un blanc ne peut pas écrire du point de vue des noirs. Je pense pour ma part que c'est justement ce qui fait la force de la littérature, pouvoir incarner un personnage différent de sa propre origine sociale ou identité sexuelle, etc. Un auteur peut, je le pense, incarner n'importe quel personnage, à condition d'accorder le plus grand sérieux à son travail de documentation. J'oserais même dire que selon moi, être trop proche d'un sujet peut entraver la qualité littéraire d'un ouvrage. J'ai déjà eu l'occasion de lire un ouvrage, écrit par un journaliste, sur la mort d'un de ses proches, notamment, parce que le sujet me concernait, et je pensais donc en être vraiment remuée. Eh bien finalement, l'auteur n'avait pas ajouté à son oeuvre le recul nécessaire à en faire un beau roman. Lire de la littérature ownvoice, pourquoi pas donc, mais je ne pense pas que l'édition doive s'y cantonner. C'est certes intéressant, mais ça n'est pas toujours un gage de qualité. J'ai également compris récemment que, ce qui énerve les critiques, c'est le fait que Fombelle puisse voler la vedette à un auteur noir qui écrirait un roman sur le même sujet, tout aussi bon, car les éditeurs lui refuseraient la publication sous prétexte que le sujet est déjà pris. Je suis certainement très naïve, mais j'ose croire que les éditeurs seraient capables de reconnaître l'intérêt de voir la publication simultanée de ces deux types de romans. 

J'ai beaucoup pu lire que Timothée de Fombelle "criait à la censure" et "pleurnichait" sur cette injustice, raison pour laquelle beaucoup l'ont méprisé suite à cette interview. Et en fait c'est ça qui m'a le plus énervée je crois : l'impression de critiques injustifiées de la part de personnes qui m'ont semblé surinterpréter les choses, et surtout, ne pas avoir lu le roman. Ce que j'ai vu, c'est un auteur qui exprimait certes sa déception, mais surtout, qui répondait posément aux questions d'un journaliste bien plus cynique que lui. En effet, Timothée de Fombelle est entre autres connu pour son caractère très mesuré et posé. Et il n'a, me semble-t-il, pas tenu de propos excessifs ici. Il y a des auteurs injustes envers certaines minorités, c'est vrai. Je ne crois pas que ce soit le cas de Timothée de Fombelle. Une autre critique qui lui a été adressée, a été de faire de l'esclavage une "aventure". Je ne sais pas si ceux qui emploient ces termes ont lu le roman, mais si c'est le cas, nous n'y avons pas lu la même chose. Le caractère aventurier, je l'ai vu chez Joseph, jeune français embarqué clandestinement sur La Douce Amélie, avec un but secret. A ses yeux, ce voyage a en effet quelque chose de l'aventure, mais c'est avant qu'il ne comprenne ce qui va réellement se tramer sur ce navire. La jeune Alma, quant à elle, n'est en aucun cas partie "à l'aventure". De son côté, il y a quelque chose du récit initiatique, puisque c'est un personnage qui quitte son lieu de naissance et qui va parcourir le continent africain en quête de son frère, et de vérité. Mais à aucun moment je n'ai vu son récit traité comme une simple aventure romanesque, le ton employé est d'ailleurs bien plus grave que cela, comme je l'ai déjà évoqué.

Voilà pour ma modeste contribution à ce débat qui agite le Twitter littéraire. J'avais besoin de vous faire part de ces réflexions, certes un peu en bazar, mais qui m'ont un peu rongées pendant ma lecture. En dehors de cela, je n'ai pu lire que des avis élogieux de la part de ceux qui ont vraiment lu ce roman pour lui-même, et cela prouve bien que le talent de Timothée de Fombelle n'est plus à démontrer, et qu'il a l'étoffe du grand auteur qui, justement, est capable de s'emparer de n'importe quel sujet sans le détourner de sa gravité. 

Je ne peux que vous inviter à vous lancer dans la lecture de cette trilogie, dont le deuxième tome est annoncé pour début 2021. Si ce n'est déjà fait, vous pouvez vous le procurer en quelques clics à partir de l'image ci-dessous ! Ou dans votre librairie préférée... 


mardi 30 juin 2020

La reine sous la neige, François Place

A sa sortie, ce livre avait plutôt attisé ma curiosité, les quelques lignes de son résumé annonçaient une lecture très originale. François Place étant un auteur à l'imaginaire riche, je ne m'inquiétais pas de la qualité de ce roman. Voyez par vous-mêmes. 

Une tempête en plein ciel.
Un avion dérouté.
Un vol de portable.
Un coup de foudre. 
Deux amoureux.
Une reine morte.
Un enfant perdu.
Un tigre évadé du zoo.
Une statuette de plastique.
Une enquête impossible.
Londres sous la neige...

Et en effet, dès les premières pages, le roman est prometteur, accrocheur. Sam, qui vit en Afrique du Sud avec sa mère et son beau-père, doit se rendre à Amsterdam pour l'anniversaire de son demi-frère. Seulement, à cause d'une tempête de neige, son avion est détourné sur Londres, où elle va donc passer une journée aux allures irréelles. Alors qu'elle veut en profiter pour rencontrer sa correspondante londonienne de longue date, elle croise la route de deux garçons, Eliot et Fergus, qui vont donner une saveur toute particulière à cette journée. Puis, alors que la journée avance, elle se rend à Camden et tombe sur un petit garçon qui s'est enfui de chez lui, laissant derrière lui une situation inextricable. Tout bascule pour ces deux personnages un peu perdus, lorsqu'ils se retrouvent près du zoo, dont un tigre s'est échappé. Dans le même temps, une terrible nouvelle s'abat sur tout ce ballet de personnages : la reine Elizabeth II est décédée. Happées par cet événement hors du commun, toutes ces intrigues vont s'emmêler pour mieux se dénouer dans cette bulle hors du temps qui les enveloppe. 



Si j'ai dévoré ce roman, qui se lit très facilement, j'avoue qu'il me laisse perplexe. En fait, je le trouve à la fois trop riche, et quelque peu pauvre. Pauvre, pour l'aspect lexical et complexité de l'intrigue. Les personnages principaux sont âgés de 18 ans, donnant l'idée d'un roman destiné à un public jeune adulte, alors qu'en réalité, je pense qu'il est parfaitement adapté à des lecteurs bien plus jeunes, dès 12-13 ans, par sa facilité. Trop riche, parce que plein de pistes sont lancées dans ce roman, le rendant complètement inclassable. Une belle romance et une enquête policière se partagent la première place, mais pour autant ce n'est ni une romance ni un polar. Beaucoup de sujets sont effleurés : les familles recomposées, le harcèlement, le troisième âge, l'émigration... Mais cela fait trop de sujets à la fois, trop de personnages aux trajectoires de vie complexes, et on a tendance à se perdre au milieu de tous ces personnages secondaires. Alors qu'on aimerait voir l'un ou l'autre davantage creusés, tous sont évoqués trop vite, et certaines intrigues restent ainsi sans réponse. Je sais que dans son travail d'illustration, ce fouillis apparent participe à la poésie de l'imaginaire de François Place, mais ici j'ai trouvé que cela ne fonctionnait pas. 

Dommage, une petite déception, mais c'est malgré tout un roman qui se lit tout seul, et qui fait voyager ! 

mardi 5 mai 2020

Hôtel Castellana, Ruta Sepetys

Ruta Sepetys est une autrice dont ma collègue me parlait régulièrement pour la grande qualité de ces romans. Et après la lecture de son dernier roman, force est de constater que j'aurais dû la lire depuis bien longtemps ! 

En 1957, Daniel Matheson passe l'été à Madrid accompagné de ses parents, en plein régime franquiste. Il va faire la connaissance de la belle Ana, femme de chambre à l'hôtel où il loge, et de sa famille, qui semble cacher bien des secrets. Ceci dit, sous la dictature, ils ne sont pas les seuls à entretenir du mystère. Daniel étant passionné de photographie et souhaitant en faire son métier, un ami journaliste lui recommande de s'appliquer, à travers ses photos, à raconter l'histoire des madrilènes, de façon authentique, et de leur rapport au pouvoir franquiste. Mais ne risque-t-il pas de déterrer de trop lourds secrets en agissant ainsi ? 

J'avoue avoir eu du mal, au début de ma lecture, à entrer dans ce roman. Je n'apprécie pas forcément la narration au présent, et ici, au début, j'ai eu la sensation qu'à cause de cela, on ne comprenait pas assez les sentiments des personnages. Le récit hésite d'ailleurs bien souvent entre narration externe et omnisciente, et cela a encore favorisé cette première impression mitigée, en plus de chapitres très courts et d'une grande galerie de personnages, qui m'a parfois donné l'impression que chaque personnage était trop rapidement évoqué pour bien le connaître. 



Mais en réalité, cela n'a bel et bien été qu'une première impression, vite détrompée. Cette forme d'écriture, entre chapitres courts, et différents personnages qui se dévoilent peu à peu, laisse planer beaucoup de mystère, et cela donne réellement envie d'avancer dans la lecture afin de dénouer tous les secrets que l'on entrevoit dès les premières pages. De même, mes réticences quant aux sentiments des personnages se sont vite envolées, une fois embarquée dans l'intrigue. Assez vite, on sent une romance pointer le bout de son nez, timidement, heurtée qu'elle est par le contexte historique où peu de libertés étaient laissées aux espagnols. Entre la romance dont on se demande quelle place elle pourra trouver, et les secrets que l'on essaie d'imbriquer entre eux pour mieux les comprendre, il devient vite impossible de lâcher ce roman. C'est exaltant, on tremble avec les personnages, ça en devient haletant. Malgré tout, Ruta Sepetys ne signe pas ici une romance légère, et très vite il est difficile d'entrevoir une fin heureuse pour ce couple sans que cela ne contrevienne à la véracité historique. C'est tragique, mais cela donne encore plus envie d'arriver à la fin de cette lecture, pour savoir quelle échappatoire trouvera l'autrice, pour rester dans la justesse qui est celle de ce roman, tout en ménageant les sentiments de ses lecteurs. Et finalement, c'est de main de maître qu'elle parvient à concilier tout cela, en nous offrant un roman historique très juste et extrêmement touchant. 

Entre roman historique et belle romance, Hôtel Castellana s'est donc avéré être un véritable plaisir de lecture. J'y ai retrouvé une peinture de l'Espagne franquiste qui m'a semblé assez proche de la vérité : sans complaisance, et sans s’appesantir pour autant sur les difficultés d'une population fière de ses combats. Le tout est étayé de documents historiques, de citations de diplomates américains exprimant leur point de vue sur ce pays, donnant ainsi encore plus de poids à la narration. Le mot de la fin de l'autrice apporte également beaucoup, alors qu'elle détaille son travail avec humilité. Une grande réussite donc que ce roman, qui finalement n'a pas été loin de m'arracher quelques larmes, et qui me fait dire que je dois désormais me ruer sur les anciens roman de cette autrice. 

Alors que les librairies font pour la plupart du click and collect, et s'apprête à rouvrir, n'hésitez pas à aller commander ce magnifique roman en quelques clics, à partir de l'image ci-dessous !


mardi 21 avril 2020

Quelqu'un m'attend derrière la neige, Timothée de Fombelle et Thomas Campi

Vous le savez déjà si vous me suivez depuis un moment : Timothée de Fombelle est un de mes auteurs préférés. J'ai adoré à peu près tous ses livres, l'avant-dernier, Capitaine Rosalie étant même entré en bonne place dans mon top des meilleurs livres... Alors forcément, il fait partie des auteurs dont je suis avidement les nouvelles publications ! Et ça tombe bien, puisqu'un petit nouveau est venu agrandir la collection en novembre dernier : Quelqu'un m'attend derrière la neige.

Comme Capitaine Rosalie, ce conte de Noël est un petit album cartonné, et le texte de Timothée de Fombelle a été illustré par Thomas Campi. Un livreur de glaces, accablé par la solitude, sillonne les routes le soir de Noël, puisqu'il doit livrer une cargaison en Angleterre le plus vite possible. Lui qui semble ne plus attendre beaucoup de la vie, qui n'a pas été pas tendre avec lui, va croiser la route d'une fragile hirondelle. Chose d'autant plus étonnante, à l'heure où toutes ses compagnes se sont réfugiées sous les températures plus chaudes de l'Afrique, que celle-ci semble délibérément voler à contre-courant des migrations habituelles. Certes, elle souffre du froid, et de la neige, mais elle semble pourtant déterminée à lutter. Mais justement, alors qu'elle revient d'Afrique, un lien va s'établir, entre elle et un troisième personnage, qui semble lui aussi perdu dans ce froid glacial.  


Je n'ai pas su me laisser toucher par cet album. Peut-être que j'en attendais trop, après le succès rencontré par Capitaine Rosalie, et que je suis donc passée à côté. Dès les premières pages, je savais à peu près à quoi m'attendre pour la conclusion de ce conte. S'il permet d'ouvrir une réflexion importante, sur la question des migrations, pour nos jeunes lecteurs, j'ai trouvé que c'était trop convenu. On s'y attend, cela m'a paru plein de bons sentiments, mais sans l'émotion nécessaire. Côté illustrations, objectivement, c'est réussi. Le dessin est très réaliste, avec un petit côté Edward Hopper. Mais j'avoue que ce type d'illustrations ne m'a jamais vraiment émue, même si je dois reconnaître leur qualité. Alors là non plus, ça n'a pas fonctionné pour moi.

En revanche, ce format marche toujours aussi bien : on est entre l'album et le petit roman. Ce livre saura donc s'adresser à des parents lisant l'histoire à leurs enfants, aussi bien qu'à des petits lecteurs débutants. C'est encore une fois un bel objet à mettre entre les petites mains de nos enfants, de ceux que l'on a envie de garder bien précieusement dans sa bibliothèque. 

Même si je n'ai pas su l'apprécier, je vous invite à aller le découvrir : il saura peut-être vous toucher davantage ! Vous pourrez vous le procurer en quelques clics, à partir de l'image ci-dessous !


lundi 28 janvier 2019

Lectures en bref - Décembre 2018

Faire le bilan de décembre... il serait temps non ? Mieux vaut tard que jamais, comme on dit. Et de toute façon, je n'ai pas tellement de titres à vous présenter, puisque décembre est un mois où j'ai assez peu de temps pour moi. 

Commençons sur du positif, avec Le marquis de la baleine, de François Place. Ce grand album m'avait interpellée à sa sortie, et ma collègue m'en avait dit beaucoup de bien. Dans cette pièce de théâtre superbement illustrée, on plonge au coeur du Minotruche, avec pour personnages : le roi Balthazar, la reine Mirabelle, et leur neveu Sigismond. Ce dernier, après de longues études à l'étranger, rend visite à son oncle et sa tante pour leur mettre une idée en tête. Lui qui rêve de grandeur, il a appris qu'à l'étranger, on voyait le royaume de Minotruche... comme un confetti ! La nouvelle est dure pour le roi et la reine, qui veulent à tout prix redonner une image de grandeur à leur pays. Sigismond va les aider à imaginer le meilleur scénario possible pour épater tous les pays voisins... Faire venir une baleine dans un pays enclavé au milieu des terres ? Tout paraît envisageable aux yeux de Balthazar et Mirabelle, pourvu qu'il y ait des danses folkloriques ! Si vient de leur "Sigi" adoré, c'est qu'elle est bonne ! 


On l'aura compris, François Place manie ici l'humour absurde, à la perfection. Il y a derrière tout cela une forme de critique tout en douceur, mais bien présente tout de même. L'écriture théâtrale est un régal à lire, elle donne un dynamisme et une vivacité impressionnants au texte. On a envie de se mettre à déclamer. Cet album est un bijou à découvrir à plusieurs, à lire à voix haute en famille ou entre amis, pour se régaler. 


En décembre, j'ai également lu le roman S.T.A.G.S de M.A. Bennett. Greer fait sa rentrée en pensionnat dans un lycée très huppé, pour lequel elle a reçu une bourse au mérite. Ne venant clairement pas du même monde social que la plupart des élèves, elle a beaucoup de mal à s'intégrer et le vit mal. Aussi, quand elle reçoit une invitation à un week-end de chasse, tir et pêche, chez Henry de Warlencourt, le garçon plus populaire du lycée, elle saute sur l'occasion. Mais ce week-end qui avait l'air d'un rêve va en fait tourner au cauchemar...


Je n'ai pas été très emballée par cette lecture... C'était divertissant, mais tout étais assez gros et caricatural, donc ça ne m'a pas marquée plus que ça. Et la fin m'a déçue, car finalement on revient plus ou moins à la situation initiale, même si elle est inversée... Je n'en dirai pas plus pour ne pas vous spoiler, évidemment, mais cette fin m'a un peu gâché la lecture, je dois dire.  


J'ai également lu Dix jours avant la fin du monde, de Manon Fargetton. Ou plutôt, essayé de lire... C'était le premier livre de cette autrice que je lisais, mais je n'ai pas été emballée. A tel point que j'ai abandonné ma lecture au bout d'une centaine de pages, car je m'ennuyais, je trouvais ça trop plat, et je n'avais pas suffisamment d'attentes pour la suite. 

Il y est question d'une catastrophe qui commence à ravager le monde à l'autre bout de la planète : deux lignes d'explosion ont tout détruit sur leur passage, et avancent pour se rejoindre, lentement mais inexorablement. En France, les personnages savent donc que la fin du monde est proche, et chacun tente d'y faire face à sa manière, souvent bancale. 


Enfin, j'ai eu la chance de lire Asta, de Jon Kalman Stefansson, un auteur que j'avais envie de découvrir depuis un moment (depuis la sortie de D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds, pour être exacte). Dans Asta, l'auteur nous raconte des tranches de vie en Islande. On y rencontre Sigvaldi et Helga, qui décident de nommer leur fille Asta, "amour" en islandais. Et pourtant, dans la vie de ces personnages, l'amour n'est pas très présent. Sigvaldi se remémore sa vie passée, et considère les erreurs qu'il a pu faire, les incompréhensions qui l'ont habité. Dans le même temps, nous suivons aussi Asta, devenue une jeune fille compliquée, qui tente de se débattre tant bien que mal à travers sa vie. 

L'écriture est à la fois très belle et froide, un peu sèche, comme peut l'être le climat en Islande. On s'imprègne donc très bien de l'état d'esprit de ce pays lointain et inconnu de la plupart d'entre nous. Pour autant, les sauts à travers les époques m'ont un peu perdue, et j'ai trouvé dur de retrouver son chemin à travers tous ces méandres. Asta est un de ses livres où il faut oublier sa liberté de lecteur afin de mieux se laisser emporter à la suite de l'auteur, mais je n'ai pas réussi à le faire. Ce qui n'enlève rien à ses qualités ! 

mercredi 19 décembre 2018

Lectures en bref - Novembre 2018

En ce mois de novembre, j'ai fait le plein d'albums jeunesse. A tel point qu'il serait un peu fastidieux (pour vous autant que pour moi) d'écrire un petit paragraphe sur chaque... Je vous pose donc les couvertures ici, et j'en dirai un peu plus sur certains, en-dessous !



 





De belles lectures, donc, en albums jeunesse. Le géant, la fillette et le dictionnaire, de Jean Leroy et Stéphanie Poulain, m'avait tout de suite attirée par sa belle couverture. Cette beauté se retrouve au fil des pages, à travers des illustrations très travaillées, avec notamment un jeu très intéressant sur les différents plans d'image. C'est une belle histoire tout en simplicité sur l'acceptation de la différence. 
Il neige, de Go Hye-jin, figure dans la sélection de Noël de Télérama. C'est l'histoire d'un ours qui refuse d'hiberner pour profiter de la neige. Un bel album, mais pas un coup de cœur pour autant. J'ai en revanche préféré Une échappée de Bartok Biloba, de Lolita Séchan (la fille de Renaud) : une histoire initiatique vraiment touchante. J'ai aussi adoré La librairie de tous les possibles, de Shinsuke Yoshitake : un petit documentaire pour les amoureux des livres, qui en vante les nombreuses qualités. Un album jeu ensuite : Cache-cache ville fait partie de ces livres vendus avec une loupe rouge, spécialement conçue pour observer les illustrations cachées sous les dessins rouges. On visite une ville, ce qui rend tout d'abord cet album assez banal. Mais en y regardant de plus près, on observe quelques étrangetés... qui, listées à la fin du livre, permet une deuxième lecture qui donne plus de relief ! Enfin, j'ai admiré Dans la forêt, un très beau livre pour les touts-petits, très tendre. 

Ce mois-ci, j'ai aussi lu Timeless de Armand Balthazar. Enfin, j'ai essayé... Ce roman illustré pour ados m'est tombé des mains. Littéralement d'abord : c'est un pavé, avec une couverture rigide, et il est vraiment lourd, ce qui n'en rend pas la lecture pratique. Mais surtout, parce que je l'ai trouvé très mal écrit. Parfois, les illustrations complètent le texte, et on a donc une ellipse dans le texte, mais à d'autres moments, on retrouve ce genre d'ellipses, alors que l'image n'a pas apporté les explications manquantes. Les dialogues sont bien trop littéraires, et on trouve même des fautes de français. Ajoutez à cela que, au bout d'une centaine de pages, l'intrigue ne s'est toujours pas déclenchée... Je n'ai pas eu le courage de terminer ce roman, j'avais clairement l'impression de perdre mon temps.


Je termine sur une note plus positive, avec le deuxième tome de La Boîte à musique, une bande-dessinée dont je vous avais déjà parlé. On retrouve Nola, de retour à Pandorient, pour une nouvelle aventure, et on en apprend un peu plus sur les règles de cet univers parallèle. Pour une fois, sur une série de bandes dessinées, chaque tome contient une histoire à part, à la longueur plutôt satisfaisante, donc on n'est pas frustrés ! Bref, j'adore ces BD, et je vais encore guetter la sortie du troisième tome ! 


jeudi 1 novembre 2018

Lectures en bref - Octobre 2018

Le visiteur de minuit, Marie-Aude Murail et Christel Espié 


En voyant cet album, comment ne pas succomber ? La couverture est magnifique, tout comme l'illustration à l'intérieur du livre. Les couleurs sont chatoyantes, les tableaux plein de splendeur. J'avais donc forcément envie d'en voir plus. Impression renforcée à la découverte de l'auteure du texte : Marie-Aude Murail. J'étais plutôt curieuse de la découvrir sur un format court, moi qui n'ai lu d'elle que des romans plus conséquents. On découvre un père de famille plein de richesses, mais rongé par la tristesse alors qu'il voit sa fille dépérir. Un soir, il reçoit la visite du diable en personne, qui lui recommande de faire venir chez lui le fils de son jardinier, plein de vie, pour que son énergie passe dans le corps de la fillette et la guérisse. Que faire alors : écouter son coeur de père ou sa conscience ? 

Malgré tous ces bons présages, cet album n'a pas eu sur moi l'effet escompté. Certes, les illustrations de Christel Espié valent le détour. Mais elles ne relèvent pas complètement le texte que j'ai trouvé malheureusement assez plat. Cela est certainement dû au format court, qui a été pensé à la manière d'un conte, avec des ellipses temporelles. Quoiqu'il en soit, je n'ai pas su y retrouver la beauté que j'attendais. Peut-être suis-je passée à côté ? 


Calamity Jane, François Roca

Cette année, François Roca a fait cavalier seul, plutôt que de publier un album avec son complice Fred Bernard comme chaque année. L'idée lui a pris d'illustrer la vie de cette aventurière qu'était Calamity Jane, après qu'il l'a découverte au travers des lettres écrites à sa fille. Il a donc choisi des extraits de ces lettres afin de les illustrer par son trait somptueux. 

Je suis assez contente d'avoir découvert cette femme de légende sous cet angle. Certes, on connaît tous le mythe qui se cache derrière ce nom, mais sans en savoir beaucoup plus finalement. Et voir la femme derrière la légende, la mère qui a décidé de se séparer de sa fille afin de lui offrir une meilleure vie, c'est plutôt touchant. Le choix de textes est donc réellement intéressant, et on se laisse attendrir par cette femme à l'histoire sentimentale difficile. Cependant, les illustrations ne collent pas, à mon sens, avec ce texte. Calamity Jane est un personnage qui est toujours en mouvement, au rythme difficile à suivre. Or, les illustrations de François Roca, si elles forment de magnifiques tableaux, sont caractérisées par leur manque de mouvement. Les personnages y sont comme figés, et sur un tel album, cela ne correspond pas. En effet, il paraît plutôt étrange de voir de l'immobilité dans la course effrénée d'un cheval lancé au galop. Encore un album qui ne m'a pas convaincue, donc. 


Dans la gueule du loup, Michael Morpurgo et Barroux

J'ai lu cet été ce petit album écrit par Morpurgo, paru dans le courant du mois d'octobre. Je peux donc désormais vous en parler. Cependant, il ne m'a pas marquée au point d'en faire un article propre. L'histoire écrite ici est inspirée de faits réels. C'est celle de Francis et Pieter, deux frères qui se sont engagés dans la Seconde Guerre Mondiale, chacun pour des raisons différentes. L'un est dans la Royal Air Force, l'autre va devenir agent secret. Alors que sa vie est désormais bien avancée, Francis revient sur cette période difficile de sa vie. 

J'ai trouvé dans cette histoire beaucoup de lieux communs. Même si cela est inspiré de fait réels, les faits racontés paraissent trop faciles et assez peu précis. Vu le nombre incroyable de textes écrits sur cette période, on attend plus de précisions, surtout de la part d'un auteur aussi réputé. De plus, le procédé choisi ne paraît que peu naturel. Lors de sa dernière nuit, Francis dialogue en pensée avec les personnes qui ont été importantes pour lui à cette période de sa vie. Ce dialogue fictif donne une écriture trop travaillée, et manque l'effet de simplicité recherché. Par ailleurs, si j'apprécie d'habitude le trait de Barroux, il m'a paru trop léger pour s'adapter à cette histoire grave et pleine de leçons. 


Nous étions dix, Nine Antico

Allez, je relève le niveau avec un bel album, une véritable pépite, même. Je dis cela à dessein, puisque cet album figure dans la dernière sélection des pépites du salon de Montreuil cette année. Cet album m'a immédiatement séduite par sa couverture, véritablement soignée, entre le bleu profond de la nuit et les dorures. En l'ouvrant, on découvre un texte plein de poésie qui retrace le parcours d'enfants partant en exploration, pleins d'entrain. Ils le disent et le répètent, rien, RIEN ne les effraie. Ainsi commence leur aventure, jusqu'à ce que l'un d'entre eux fasse défection. On retrouve donc à plusieurs reprises le même schéma rythmique et textuel qui crée une sorte de comptine merveilleusement bien travaillée. Petits et grands s'y laisseront aisément emporter, et courront irrésistiblement vers la chute... des plus imprévisibles.D'habitude, je devine assez aisément les chutes des albums, mais ici, je me suis complètement laissée avoir ! On savoure cet album, d'abord avec sérieux et concentration, alors que la tension grandit, puis on finit forcément... sur un grand éclat de rire ! 

 

lundi 29 octobre 2018

Capitaine Rosalie, Timothée de Fombelle et Isabelle Arsenault

Je vous avais parlé de titre dans mon bilan de septembre, et comme promis, j'en fais donc un article ! J'ai eu un ÉNORME coup de cœur pour le dernier livre de Timothée de Fombelle (oui, je suis un peu prévisible...) : Capitaine Rosalie, illustré par Isabelle Arsenault. Pour vous donner un peu la couleur : j'avais déjà lu les épreuves numériques de cet album, envoyées par Gallimard Jeunesse cet été, mais avant de faire ma chronique, je voulais attendre de l'avoir entre les mains, pour vous en dire plus sur les illustrations. Je viens donc de le relire, et même si je connaissais déjà le texte, m'y replonger m'a tiré une petite larme... 


Avant de vous crier mon amour pour ce livre, je vais déjà vous en dire plus. On est en 1917, dans la campagne française, dans le village où vivent la petite Rosalie, cinq ans et demi, et sa maman. La guerre obligeant, le père est au front, et la mère est contrainte de travailler de longues journées à l'usine, laissant donc sa petite fille sans surveillance. Pendant ces journées, Rosalie est confiée au maître d'école. Cachée sous les manteaux, au fond de la classe, elle dessine sur son cahier. Mais en réalité, si elle se fait si discrète, c'est parce qu'elle est investie d'une mission secrète, qu'elle entend mener à bien. Si on a envie d'en savoir plus sur cette mission, on prend également le temps de se plonger dans le quotidien difficile d'une femme restée seule pendant la guerre, avec une petite fille sur les bras. 

Le texte est extrêmement touchant : des phrases simples, mais d'une grande justesse, laissant transparaître les émotions pile poil comme il faut. On retrouve là la force de Timothée de Fombelle qui sait nous toucher en plein cœur, sans jamais tomber dans un sentimentalisme exacerbé. Et ce texte est parfaitement servi par les illustrations d'Isabelle Arsenault. On retrouve dans son trait une grande délicatesse, qui colle parfaitement à l'histoire. Les couleurs un peu passées nous aident à nous plonger dans cette page d'histoire. Si la dominante est souvent plutôt sombre, cela permet de faire ressortir la chevelure flamboyante de Rosalie, rayon de lumière dans cette vie difficile. L'émotion est donc parfaitement véhiculée aussi par l'illustration. 

Un mot aussi sur le travail de mise en page, très qualitatif. Les dessins pleine page sont forcément un régal, mais on retrouve également de nombreuses petites vignettes au fil du livre. Le texte vient alors s'enrouler autour de ces images, les intégrant pleinement à l'histoire. L'objet est vraiment magnifique : un petit livre presque carré, à la couverture cartonnée, surmontée d'un rabat au toucher très doux. Sous ce rabat, la couverture est illustrée, comme vous pouvez le voir ci-dessous, mais on ne retrouve les indications de titre et d'auteur que sur la tranche, choix graphique judicieux. 


Bref, vous l'avez compris, j'ai tout simplement adoré ce livre, et je le recommande à tous et toutes ! Il plaira aux grands comme aux petits, fera une très belle lecture du soir pour parents et enfants, et vous procurera sans nul doute beaucoup d'émotion. 

Si vous souhaitez vous procurer ce bijou, n'hésitez pas à cliquer sur ce lien

Ce livre a été lu dans le cadre de l'édition 2018 du Challenge 1% Rentrée Littéraire

jeudi 4 octobre 2018

Lectures en bref - Septembre 2018

Je profite de ce début de mois pour vous faire un petit bilan de mes lectures de septembre... exclusivement centré sur des albums jeunesse ! Oui, car il y a aussi des sorties bien intéressantes de ce côté, dont je vous donne un aperçu rapide !

Girafe blues, Jory John, Lane Smith

On commence par cet album chez Gallimard Jeunesse, dont les créateurs avaient publié l'an dernier Banquise blues. On les retrouve ici sur un thème un peu similaire. Il s'agit de l'histoire d'une girafe, complexée par son long cou. Vraiment, ça n'est pas très pratique, et joli, encore moins ! Mais les problèmes de cette girafe seront remis en question lorsqu'elle fera la rencontre d'une tortue, qui elle est complexée... parce que son cou est décidément trop petit ! 


L'histoire fonctionne bien, on aime cette façon d'appréhender les complexes physiques avec humour, et de les dédramatiser. Cela permet aux enfants de reprendre confiance en eux, et de prendre du recul sur leurs problèmes. En revanche, je n'ai pas été convaincue par le graphisme... Pourtant, la couverture est magnifique, avec son motif en girafe ! Mais on déchante un peu en ouvrant l'album. 

Le fossile, Max Ducos

On continue avec un auteur que j'affectionne particulièrement, Max Ducos. Même si je ne vous ai parlé ici que d'un seul de ses albums, je les aime tous ! On craque pour son univers qui fait appel à beaucoup de nos fantasmes d'enfants : rester seul la nuit dans une école, se perdre dans le labyrinthe d'un château à la recherche d'un trésor... Il sait jouer avec tout cela, et ici, encore une fois, il nous fait rêver en nous plongeant au coeur d'un chantier archéologique. On suit un jeune garçon qui, en trouvant un fossile, va être à l'origine d'une fouille. 


L'histoire est très simple, mais finalement, c'est par sa forme que cet album surprend. On est sur un livre en volumes et découpes : chaque page révèle à son tour une partie supplémentaire du chantier de fouilles... jusqu'à ce qu'on tombe, à la fin, sur le squelette du dinosaure en pop-up, qui fait son effet garanti. Si on s'en tient là, l'album correspond parfaitement aux petits curieux : une histoire interactive avec des pages cartonnées, on sait que ça fonctionne assez bien. Les plus grands y trouveront également leur compte, puisque l'album se clôture par des explications plus poussées sur l'archéologie, les fossiles, etc. Un livre qui peut donc se lire en famille, et où chacun s'y retrouve ! 

Moi j'ai peur du loup, Emilie Vast

Je crois bien que c'est la première fois que je vous parle d'un album de chez Memo. D'habitude, je suis attirée par leurs albums, toujours imprimés sur du papier de qualité, et aux graphismes attrayants, mais avec toujours une pointe de déception par rapport aux attentes que j'avais. Pourtant, avec ce nouvel album d'Emilie Vast, c'est tout l'inverse ! J'y suis allée sans m'attendre à grand chose, et finalement, je ressors de cette lecture avec un petit coup de coeur ! 


L'histoire est toute simple : c'est celle d'un lapin qui confie sa peur du loup à son copain. Au fil de la discussion, il va énumérer tout ce qui peut expliquer sa peur : les grandes oreilles, les yeux jaunes, etc. L'autre lapin associe chacun de ces éléments à un autre animal, ce qui donne, à la fin, une bête complètement loufoque, comme issue d'un cabinet de curiosités. Le fond noir fonctionne à mon sens très bien, puisqu'il met en valeur les éléments que l'on retrouve d'une page à l'autre. Le système de répétitions fait que l'histoire, avec des petits, devient de plus en plus drôle, et ils parviennent ainsi sans mal à désacraliser leur peur. 

En réalité, il manquerait un titre pour venir compléter ce bilan : Capitaine Rosalie, de Timothée de Fombelle... Seulement voilà, celui-ci je l'ai tellement aimé que j'ai voulu lui consacrer un article entier ! Affaire à suivre, donc ! 

Comme d'habitude, vous pouvez vous procurer ces livres en quelques titres sur le site leslibraires.fr

lundi 30 juillet 2018

Libération, Patrick Ness

Dans ce roman, Patrick Ness nous livre en réalité deux histoires de libération, qui s'entremêlent au fil du texte. L'intrigue se resserre sur une seule et même journée, au cours de laquelle on suit Adam Thorn, puis, de façon inexplicable, on se retrouve aux côtés de l'esprit d'une jeune fille assassinée et d'un faune.

Adam est un jeune homme qui se cherche, et la journée à laquelle on assiste va déclencher toujours plus de questionnements dans sa vie. Si son homosexualité est une évidence pour sa meilleure amie Angela, et pour les quelques petits amis qu'il a eus jusque là, ses parents ont plus de mal à y faire face. Son père, pasteur, prie pour qu'il guérisse, tandis que son frère lui explique que ce n'est pas cela, le "véritable amour"... Et lui se débat au milieu de tout ça, entre un ex qui ne l'a pas aimé mais que lui aime encore terriblement, et un petit ami, Linus, qu'il n'arrive pas à aimer autant qu'il le mérite. Et comme si tout cela n'était pas déjà assez difficile, les problèmes vont venir s'empiler encore plus autour de lui au long de cette journée.


Le format de ce roman, où les chapitres figurent chacun un moment clé de la journée, est assez agréable. Le cadre est posé clairement dès le début, et on a donc déjà une vague idée de la suite des événements. Et pourtant, cela laisse aisément la place à de nombreuses divagations, puisqu'on suit le fil des pensées d'Adam. A travers cela, l'auteur fait d'ailleurs un beau clin d'oeil à Virginia Woolf, et notamment Mrs Dalloway que l'on retrouve dès la première page...

En parallèle de cela, on suit des personnages bien mystérieux. Une jeune fille a été assassinée quelques jours auparavant, et son esprit est revenu en quête de vengeance. Dans sa réincarnation, elle se lie à une certaine reine des esprits, accompagnée d'un faune qui veut la libérer. Si ces passages sont d'abord obscurs, ils vont en fait parfaitement se marier ac l'histoire d'Adam, et lui donner même encore plus de relief.

C'est peut-être à tous ces ingrédients que l'on reconnaît en Patrick Ness un grand auteur...

Si vous souhaitez découvrir à votre tour ce roman, vous pouvez l'acheter par ici en quelques clics !

mardi 6 mars 2018

Lectures en bref - Février 2018

Ce mois-ci encore, il y a certaines lectures que je n'ai pas pris le temps de chroniquer, pour diverses raisons, mais auxquelles je voudrais tout de même laisser une petite place... Alors voilà un petit aperçu de mes lectures de ce mois de février. Un bon nombre de lectures faites, et assez variées, alors je suis plutôt contente ! 


Marche à l'étoile, Hélène Montardre

Ce roman de la rentrée littéraire m'avait bien intriguée. Et grâce à NetGalley j'ai eu la chance de le lire ! Un roman en deux parties, avec deux héros masculins au centre de chacune. D'abord, on suit Billy, un jeune esclave qui s'est échappé de la plantation où il travaillait, à cause d'une splendide boucle d'oreille qu'on le suspecte d'avoir volée. Son parcours vers la liberté et les Etats du Nord sera semé d'embûches, à cause d'un chasseur d'esclaves qui veut à tout prix sa peau. Dans la deuxième partie, on bascule plusieurs siècles plus tard, auprès de Jasper, un jeune étudiant qui trouve un mystérieux carnet dans la maison de son grand-père décédé. 
L'idée est intéressante, même si en réalité les rebondissements de cet ouvrage sont assez prévisibles. Parfois même, on est face à des situations un peu trop faciles, des dénouements d'intrigue mal ficelés car courus d'avance, voire même invraisemblables. Je n'ai pas réellement accroché au style d'écriture, pas assez travaillé à mon goût. Certains passages auraient gagné à être bien plus développés, cela aurait donné de beaux moments de lecture, quant d'autres créent clairement des longueurs. 
Malgré tous ces défauts que je lui trouve, cette histoire a su me faire passer un moment agréable, et elle s'avère plutôt instructive, on en apprend pas mal sur l'histoire de l'esclavage, et des Quakers qui s'y sont opposés par de petites actions. 



La boîte à musique - tome 1, Gije et Bénédicte Carboneill

J'ai fait une belle découverte avec cette petite bande dessinée aux couleurs très attirantes. A travers une boîte à musique, on plonge aux côtés de Nola dans un monde parallèle bien mystérieux. Sa mère, décédée, avait apparemment l'habitude de s'y rendre régulièrement, puisqu'elle rencontre très vite des amis de sa mère. Notamment une femme, malade, qui a besoin de son aide. 
Dans cette bande dessinée, on découvre un bel univers fantastique, qu'on a réellement envie de connaître davantage. Mais c'est aussi le défaut de ce premier tome : on passe un peu vite sur la découverte de ce monde, et à la fin de cet opus on reste plein de questions quant aux créatures aperçues au fil des illustrations. Ceci dit, ces illustrations, justement, apportent un côté très attachant à ce titre, et on a envie d'en voir plus. Vivement le tome 2, donc ! 

Tortues à l'infini, John Green

Je n'avais jamais lu de romans de John Green auparavant, car je l'avoue, aucun ne me tentait réellement. Mais ce dernier ouvrage, Tortues à l'infini a, j'ai l'impression, davantage fait parler de lui. En tous cas, il me tentait bien. On y suit Aza, et sa meilleure amie Daisy, qui vont mener une enquête afin d'aider à retrouver le père d'un voisin, Davis, un milliardaire qui a disparu mystérieusement. Seulement, cette enquête n'est pas aussi désintéressée qu'il n'y paraît, puisqu'il y a une grosse récompense financière à la clé. Au milieu de tout cela, Aza se débat avec ses troubles obsessionnels compulsifs, son côté maniaque qui la rend parfois limite asociale. En plus de relations d'amitié à consolider, Aza va devoir apprivoiser ses troubles, qui lui donnent l'impression de ne pas contrôler sa vie. 
Ce roman est bien construit, on se laisse vraiment happer par l'intrigue. A tel point que, même si j'ai du interrompre ma lecture pendant plusieurs mois, je n'ai eu aucun mal à la reprendre là où je m'étais arrêtée. On sent que l'auteur s'est énormément livré dans ce roman, et on découvre un monde qui nous est difficilement compréhensible. Un beau livre, assez facile à lire tout de même, qui vaut vraiment le détour ! 


mercredi 24 janvier 2018

La belle sauvage, Philip Pullman

Bon... Comme beaucoup d'autres, quand j'étais ado, j'avais dévoré la fameuse trilogie de Philip Pullman, A la croisée des mondes. Alors quand j'ai appris qu'un prequel sortait, je suis un peu retombée en enfance...

Dans La Belle Sauvage, on retrouve Lyra alors qu'elle n'est qu'un bébé. D'ailleurs, en réalité, même si elle est bien évidemment au centre de l'intrigue, le véritable héros de ce roman est Malcolm. Jeune garçon d'une dizaine d'années, il est fils d'aubergistes à Oxford. Il aide tous les soirs ses parents en faisant le service à l'auberge, et cela lui permet de laisser traîner une oreille discrète et d'entendre ainsi toutes sortes de conversations, notamment entre des hommes importants qui échangent des informations quasi confidentielles. Jusqu'au jour où il apprend qu'une enfant a été confiée à la garde des religieuses du couvent voisin, qu'il fréquente régulièrement pour aider à de petits travaux. Il va se prendre d'affection pour le bébé (qui s'avère être Lyra, vous l'aurez certainement deviné). Alors quand il s'avère que l'enfant est en danger, Malcolm va tout faire pour la protéger.


J'ai commencé à vouloir lire La Belle Sauvage début décembre, mais étrangement, le livre me tombait des mains. Une première explication tient au fait que le roman s'ouvre sur un long dialogue théorique autour de la Poussière, cette particule qui était déjà au centre de l'intrigue d'A la croisée des mondes. D'ailleurs, ce nouveau roman contient en fait beaucoup plus de passages un peu théoriques de ce genre. Même si finalement, j'ai réussi à me laisser emporter par l'univers, je conseillerai donc ce nouvel opus uniquement à des lecteurs plus âgés que ceux qui lisent la première trilogie.

Finalement, j'ai quand même réussi à rentrer dans l'histoire, en reposant le roman pour le reprendre plus tard, dans de meilleures dispositions. Et pour tout dire, une fois que je m'y suis remise, je l'ai dévoré ! On s'attache facilement à Malcolm, qui paraît un peu naïf, mais recèle en réalité un courage hors norme. Et évidemment, le plaisir de retrouver Lyra est indicible ! Alors c'est quand même un excellent bilan qui conclut cette lecture !

Comme La Belle Sauvage ouvre le début d'une nouvelle trilogie, La trilogie de la Poussière, on attend la suite avec impatience ! Même si, au gré de vagabondages sur internet, j'ai appris que dans le second volume, on suivrait Lyra mais à vingt ans cette fois, donc peu de chances de retrouver Malcolm malheureusement, ce qui m'aurait tout de même bien plu...

Affaire à suivre, donc !

samedi 3 décembre 2016

Georgia Tous mes rêves chantent, Timothée de Fombelle - Benjamin Chaud - Ensemble Contraste

Long titre pour la chronique de cet album... Vous devez être perdus, alors si j'éclairais un peu tout ça ? Georgia - Tous mes rêves chantent (c'est donc le titre) est un (superbe !) album jeunesse, qui résulte du travail de plusieurs personnes. Timothée de Fombelle (tiens, déjà entendu parler lui, non ?) pour le texte, Benjamin Chaud pour les illustrations, et l'Ensemble Contraste pour la musique et le chant. Oui, parce que Georgia (résumons le titre ainsi, ce sera plus simple) est en fait bien plus qu'un album jeunesse : c'est un livre CD !

L'histoire d'abord. Georgia, aujourd'hui, c'est une grande chanteuse, dont tout le monde connaît le nom. Mais ça n'a pas toujours été ainsi. Elle a d'abord été une petite fille dont la vie était loin d'être facile. On comprend qu'elle a été séparée de ses petites soeurs, on devine que ses parents sont décédés, et on sait qu'elle s'installe dans un nouvel appartement avec sa tante, loin de ses soeurs. Heureusement, elle n'est pas toute seule : ses rêves l'ont suivie ! Et ses rêves, pour la réconforter, eh bien ils chantent figurez-vous ! Mais elle ne semble pas être la seule à aimer la musique... Dans ce nouvel appartement, toutes les nuits, elle entend des mélodies jouées au violon, qui semblent provenir de juste derrière le mur de sa chambre. Seulement, quand elle fait le tour de la rue, elle voit le mur de sa chambre, mais rien d'autre tout contre. Juste une sorte de terrain vague fermé par une haie. Mystère... Quoi qu'il en soit, cette musique l'apaise, lui apporte du réconfort dans un quotidien bien difficile. Alors elle veut à tout prix découvrir ce qui se cache derrière ces mystérieuses mélodies...


Cette belle histoire est très justement accompagnée d'illustrations aux traits très doux. Mais surtout, tout cela, en plus d'être écrit noir sur blanc dans l'album, est raconté et chanté sur un CD ! Et c'est ce CD qui m'a fait chavirer je dois dire. Ca faisait très longtemps que je n'avais pas écouté une histoire lue et chantée, comme celle-ci. Depuis Charlie et la chocolaterie et Le Petit prince quand j'étais petite, je crois bien. Et quel bien ça m'a fait de me laisser bercer par cette belle histoire ! La voix de Cécile de France nous donne une très belle image de cette Georgia, petit être sensible mais plein de force cachée. Et les chansons... Les textes sont poétiques, la mise en musique est très soignée. Ce ne sont pas forcément des airs que l'on retient aisément (c'est peut-être le reproche que l'on peut faire, en sachant que c'est destiné à des enfants autour de 7 ans), mais ils sont variés, rythmés, beaux et emplis de poésie ! J'ai été charmée par toutes ces chansons (la plupart étant des créations originales, avec trois reprises qui viennent s'y ajouter), et je n'ai qu'une envie : les réécouter !

Une fois de plus, dans cet album coup de coeur, je ne peux que souligner le talent de Timothée de Fombelle. Il excelle dans les romans pour ados (pas que d'ailleurs, puisque Vango est paru en Folio poche, une édition pour adultes) : ça on le savait déjà. L'an dernier, on avait découvert qu'il arrivant aussi à écrire merveilleusement bien pour les plus jeunes, avec l'album La bulle. Et le voilà qui se met à écrire des textes de chansons... Décidément, quel talent pour cet auteur que j'adore ! L'album est d'ailleurs désigné Pépites des Moyens 2016 par le jury du Salon du livre jeunesse de Montreuil !