Affichage des articles dont le libellé est 10-18. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 10-18. Afficher tous les articles

jeudi 9 mars 2017

Lectures en bref - Février 2017

Avec cet article, j'adopte une pratique assez répandue chez les blogueurs littéraires : le bilan mensuel des lectures. J'ai hésité pendant quelques temps, mais quand je réalise le manque de temps que j'ai pour chroniquer tous les livres que je lis... je me dis que ça devient indispensable ! Car même si j'ai du mal à tenir le rythme de mes lectures, ça ne m'empêche pas d'avoir envie de vous parler de toutes ! Donc voilà, avec un peu de retard, voici un aperçu de mes lectures de février dont je n'ai pas encore eu le temps de vous parler ! 


L'autre Joseph, Kéthévane Davrichewy


Ca faisait quelques temps que j'avais envie de lire ce livre, où l'auteure nous parle de son arrière grand-père, Joseph, dont un des camarades d'enfance est devenu... Joseph Staline ! Cette plongée dans l'enfance de Staline (qu'on appelait alors Sosso) me tentait bien. Et effectivement, c'est très intéressant de se rendre compte que petit, Staline était déjà caractériel et avait un besoin de reconnaissance énorme. On atténue peut-être un peu nos sentiments envers ce dictateur en apprenant que son enfance était loin d'être facile, aux côtés d'un père alcoolique qui semblait violent. A côté de cette trame historique, l'auteure se confie sur les démarches qui l'ont conduite à l'écriture de ce livre, ce qui lui apporte un relief intéressant. Toutefois, en lisant des passages sur les sentiments très mitigés que Sosso inspirait à son camarade Joseph, je n'ai pu m'empêcher de m'interroger. Est-ce vraiment ce que ce jeune homme pensait à l'époque ? Ou bien a-t-il en quelque sorte réécrit l'histoire de son enfance en voyant ce qu'était devenu Sosso ? Je pencherais malheureusement plus pour la deuxième solution : il est facile en effet, de dire que Staline enfant avait déjà l'étoffe d'un dictateur violent, avec le recul... Bilan mitigé donc pour ce roman. 


Le club des vieux garçons, Louis-Henri de La Rochefoucauld


Quand j'ai eu ce livre entre les mains, à la librairie où je travaille, il m'a tout de suite intriguée. En lisant le résumé, et en observant le bandeau de couverture, je pensais ouvrir un roman qui se passerait au XIXème ou XXème siècle, au sein de l'aristocratie. Si j'avais raison sur ce dernier point, j'ai été très surprise que le narrateur n'est en fait autre qu'un jeune homme, François de Rupignac, né dans les années 1980 ! Le roman se déroule donc à notre époque. Durant son enfance, François s'est entendu rabâcher par son grand-père tout un tas de sermons sur l'importance de leur lignée aristocratique, d'un mode de vie noble, de valeurs morales, tout cela à préserver à tout prix de la modernité. Pas étonnant donc, que François, en grandissant, se soit senti en décalage avec les autres jeunes, tous "à la mode". Avec son ami Pierre, ils décident donc de fonder le "Club des Vieux Garçons", défendant un mode de vie clairement décalé. Ils n'arrivent pas à trouver leur place dans cette société où trouver un travail et une petite amie sont les plus grands signes de l'accomplissement personnel. En effet, eux préfèrent l'oisiveté qui était auparavant (c'est-à-dire quelques siècles plus tôt) le privilège de la noblesse, mais surtout, ils préfèrent rester célibataires. Ils créent donc un Club, accueillant des jeunes hommes qui partagent ces idées, avec qui ils boivent du champagne et font des plans sur la comète. C'est décalé, plein d'humour et chic anglais, alors ça m'a plu ! 



Voilà, c'étaient donc les deux livres lus en février dont je voulais vous parler en bref ! De retour en début de mois prochain donc, pour vous parler de nouveaux livres !

mardi 6 septembre 2016

Le cercle littéraire des épluchures de patates, Annie Barrows et Mary Ann Shaffer

J'ai tellement entendu parler de ce livre au titre si étrange, je l'ai tellement vu passer en caisse lors de mes différentes expériences en librairie, tellement vu chroniqué sur le web, que je me suis dit qu'à un moment ou un autre, je me devais de le lire ! Et grâce à mon été très voyage, pendant lequel j'avais vraiment envie de me détendre, c'est enfin chose faite !

Et je reconnais que je me suis régalée ! Oh certes, ce roman n'atteint pas des sommets d'intellectualisme, ni ne répond à des questions métaphysiques, mais il a le grand avantage de détendre et surtout de faire sourire. A ceux qui ne l'ont pas encore lu, je n'ai donc qu'un message à adresser : lisez-le sans plus tarder ! Ce roman (à la couverture jaune, qui plus est, pour mon édition de poche) apportera réellement un rayon de soleil dans vos vies.


Juliet, jeune auteure anglaise, semble être atteinte du syndrome de la page blanche après la Seconde Guerre Mondiale : elle n'arrive pas à trouver le sujet de son prochain roman. Mais ce syndrome de la page blanche, elle ne le ressent pas, loin de là, dans sa correspondance. Ce roman épistolaire nous présente en effet ses échanges avec diverses personnes autour d'elle : son éditeur, une amie auteure, sa meilleure amie d'enfance... Jusqu'au jour où elle reçoit une lettre d'un inconnu habitant Guernesey : il lui écrit car il est tombé un peu par hasard sur un livre lui ayant appartenu, et il veut en savoir plus sur cet auteur qui lui a énormément plu. Il évoque aussi, dans sa lettre, l'histoire d'un "Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates"... Et forcément, un tel nom piquera la curiosité de notre Juliet. Une correspondance s'établit alors entre elle et les divers membres de ce Cercle, ainsi que des ennemis du Cercle.

Habituellement, je ne lis pas tellement de romans que l'on peut qualifier de "romances". Et je pensais que celui-ci était de cette catégorie. En réalité, je pense que c'est bien plus que ça, et qu'il est dommage de l'enfermer dans cette définition. Certes, il développe de belles histoires d'amitié, et même d'amour. Mais pas que ! On y apprend des tas de choses sur Guernesey, et sur le déroulement de la Guerre et de l'Occupation dans les îles anglo-normandes (positions que les allemands jugeaient stratégiques pour défendre la France). Et à côté de cet aspect historique qui soulève bien des choses difficiles, la belle histoire d'amitié et de solidarité vient toujours rendre le sourire aux personnages ainsi qu'aux lecteurs. J'irai même jusqu'à dire (déformation due aux études littéraires ?) qu'on se rapproche ici du roman d'initiation. Car Juliet, au gré de ces amitiés (et avec leur aide) qui se créent et se consolident au fil des lettres, parvient à discerner mieux encore qui elle est non seulement dans la vie, mais également comme auteure.

Certes, le dénouement est prévisible, on s'en doute en réalité presque dès le début. Mais ne serait-ce que par qu'on a tous le droit de savourer des petits moments de détente pendant lesquels on s'extasie bêtement devant un livre, ce roman vaut le détour. Il vaudrait même le voyage jusqu'à Guernesey à mes yeux... J'ai encore plus envie qu'avant d'y programmer des vacances !

lundi 25 avril 2016

Il est de retour, Timur Vermes

Un livre dont le titre interpelle... Et la couverture encore plus ! En voyant un tel livre en librairie, j'ai immédiatement eu envie de le lire ! Maintenant que c'est fait, je dois tout de même avouer que je suis partagée...


Comme le graphisme le suggère, celui qui est de retour, c'est Adolf Hitler, ni plus ni moins. Le livre commence en effet avec la "résurrection" de Hitler... en 2011 ! Hitler est d'ailleurs le narrateur, et il nous énumère tout ce qui a pu changer entre l'Allemagne de 1945 et celle de 2011. A savoir, un tas de choses ! Le pays n'est plus en guerre, et la ville de Berlin a été entièrement rebâtie. Bien. En revanche, "le Turc" est massivement présent dans la ville. Moins bien. La presse n'est plus muselée. Encore moins bien. Mais la télévision, voyant un tel personnage, est tout de suite prête à l'inclure dans une célèbre émission (d'humour, notons-le). Par-fait ! Hitler, qui a pour but tacite de reconquérir le pouvoir afin de réaffirmer la suprématie allemande, est fidèle à lui-même (quand tout le monde est persuadé qu'il est en fait un comédien qui incarne le dictateur à la perfection). Et grâce à ce show TV, rien de plus simple ! Il va pouvoir toucher un nombre de téléspectateurs quasi record, et grâce à son talent d'orateur, il espère galvaniser les foules pour les faire adhérer à son projet politique.

Le tout est raconté avec pas mal d'humour. Le décalage entre ce que nous connaissons du monde, nous lecteurs contemporains, et la façon dont Hitler le voit et imagine son retour fait souvent sourire. Il découvre petit à petit les avantages d'Internet et de "Youtioube", apprend que sur Internet, on utilise souvent un pseudo plutôt que ses véritables noms et prénoms, s'indigne devant la mollesse des dirigeants actuels, qu'il estime incapables de déclarer une guerre aux voisins de l'Allemagne afin d'en rétablir la suprématie... Tous ces petits quiproquos sont bien amusants, et amènent quelque chose de véritablement intéressant.

Hitler est d'ailleurs un fin analyste de la société et de la politique, et il amène des réflexions intéressantes, notamment sur les mécanismes de la presse et de la télévision. Il réalise pleinement (contrairement à nous, certainement) que sous couvert d'histoires de scandales et de révélations inédites, les grands médias sont en réalité vides d'informations, et qu'ils nous vident aussi la tête. Il est rapidement conscient des questions de société tels que le chômage, la question de l'Union Européenne, les problèmes d'éducation... Tout cela peut faire réfléchir le lecteur avisé et peut éveiller certaines consciences.

En revanche, c'est réellement la partie centrale qui m'a convaincue. Le début : trop long à démarrer. La fin : trop "à l'eau de rose", ce qui ne colle guère avec l'image qu'on peut avoir d'une histoire incluant Hitler. Et puis ça reste un roman "grand public". Donc certes, des réflexions sont ouvertes, mais on a l'impression que l'auteur veut un peu masquer cet aspect, et il privilégie l'aspect fictif qui n'est pas toujours entièrement convaincant. On a l'impression qu'il y a là un souhait de plaire, ce qui est bien dommage, car le livre plait assez, mais on regrette que le concept ne soit pas poussé jusqu'au bout...