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mardi 25 février 2020

Des humains sur fond blanc, Jean-Baptiste Maudet


J'ai reçu ce livre grâce à l'opération Masse Critique, de Babelio, et au moment d'en rédiger la chronique, je suis un peu embêtée, car je ne sais pas vraiment dire si j'ai aimé ou non...

Le début est trop longuet mais la fin est bien réussie, l'intrigue est mal amenée mais riche en rebondissements, les personnages ne sont pas très attachants mais bien campés, le propos n'est pas passionnant mais le message est important... Bref, une lecture pleine de contradictions pour ma part.
En fait, ce qui m'a dérangée dans ce livre, c'est le rythme de l'intrigue, que je trouve assez mal géré. Comme je l'ai dit, le début traîne en longueur. On s'attarde trop sur la présentation des personnages (un chapitre entier est dédié à chacun, pour planter le décor de sa vie quotidienne !), alors qu'à la promesse du résumé, on aimerait entrer déjà dans le vif du sujet. Et une fois au coeur de l'action, tout va trop vite. Les rebondissements, pourtant nombreux et surprenants, sont pour chacun à peine mentionnés qu'on passe déjà (ou presque) à autre chose, à se demander comment on en est arrivés là... Il m'est arrivé à plusieurs reprises de devoir remonter quelques phrases en arrière pour être certaine de ce qui s'était passé.


Malgré cela, les personnages sont plutôt bien travaillés, leur psychologie bien cernée. Ils offrent chacun une tranche de vie intéressante : ce sont des êtres perdus, que l'on voit évoluer avec plaisir, et s'enrichir au contact les uns des autres, alors même que leur rencontre était hautement improbable. On a d'ailleurs la sensation que l'auteur parvient à nous dépeindre un portrait de la Russie actuelle plutôt juste, sans fards, en sachant pointer du doigts ses nombreuses contradictions.

Ce roman, en plus de la dimension psychologique, nous délivre finalement un message écologique qu'il est important de savoir écouter. En fait, je crois d'ailleurs que cet aspect aurait gagné à être davantage développé : quitte à prendre le temps, j'aurais aimé avoir droit aussi à de belles descriptions des paysages de la Sibérie.

En tous cas, on retient de ce roman qu'en Russie, rien n'est impossible !

Si vous souhaitez vous faire votre propre opinion, et surtout, embarquer pour un beau voyage en Russie, n'hésitez pas, cliquez sur l'image ci-dessous pour aller acheter le livre ! Ou alors courez chez votre libraire. 


jeudi 28 novembre 2019

Connexions secrètes, Lucas Courage

J'ai reçu ce livre dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio, et comme souvent, il s'agit d'un livre vers lequel je ne serais pas allée de moi-même si j'avais dû l'acheter. Cette opération permet toujours des découvertes intéressantes, alors je tiens à bien remercier les membres de Babelio qui l'organisent, et les maisons d'édition qui acceptent d'y collaborer. 

Dans ce petit roman pour les jeunes, on suit Lucas Courage. Alors oui, c'est aussi le nom de l'auteur... En réalité, vous l'aurez compris, c'est un pseudo, et l'auteur de ce roman a souhaité rester anonyme, ou du moins donner un effet de réel le plus grand possible à sa fiction. Lucas Courage, donc, est le fils d'un ancien espion, et va se trouver embarqué, bien malgré lui, dans une affaire d'état. Ce n'est certes pas la première fois que ça lui arrive, puisque ce jeune homme a un pouvoir bien spécial qu'il a acquis lors d'une mission de son père qui a mal tourné lorsqu'il était petit. Cependant, il n'a pas vraiment envie de jouer les super-héros, lui qui est plutôt du genre pantouflard. Et pourtant, il va se prendre au jeu, d'autant que cette aventure pourrait bien lui offrir l'occasion rêvée d'épater la belle Manon... 


Ce roman d'espionnage, avec une pointe d'imaginaire, ne m'a pas tellement convaincue, je dois l'avouer. Alors certes, quand on lit un roman destiné à un public relativement jeune (ici autour de 10-12 ans je dirais), il est toujours difficile de se mettre à la place du lecteur concerné et de ne pas juger avec nos yeux plus expérimentés. Cependant, beaucoup de livres destinés à un tel public savent me convaincre, mais ici la magie n'a pas opéré pour moi. Tout est trop facile, dans l'enchaînement des actions, comme dans les relations entre les personnages, et ce roman souffre à mes yeux d'un manque de vraisemblance. Faire dans l'imaginaire, vouloir séduire les jeunes lecteurs par des actions hautes en couleurs, oui, mais il faut tout de même qu'on puisse y croire pour se laisser prendre au jeu. De la même façon, à force de vouloir employer un langage qui fasse jeune, l'auteur pêche par excès, et cela fragilise sa plume. Je me trompe peut-être, mais il me semble que les lecteurs ne se laisseront pas berner si facilement par ce qui et à mon sens une faute de style. 

Ce qui sauve malgré tout cette lecture, c'est la psychologie des personnages, plutôt bien affûtée, mais surtout, touchante. Lucas est tout le contraire du héros dur à cuire et sûr de lui. C'est un adolescent flemmard et fan de jeux vidéos, dans lequel beaucoup sauront se reconnaître, qui tente de se construire en n'ayant que son père pour modèle, puisque sa mère est décédée. Il sait se montrer sensible, notamment à travers ce qu'il éprouve pour Manon, qu'il ne sait pas comment aborder. Et surtout, il se sert de l'humour pour masquer une timidité qu'il n'assume pas. C'est donc un personnage attachant que l'on a envie de voir réussir. Avec toutes ces caractéristiques, je pense que beaucoup de jeunes garçons, de ceux qui sont geeks et qui deviennent un peu gauches avec autrui en grandissant, sauront s'y reconnaître et être touchés par cet adolescent. 

Alors malgré mon avis mitigé, je pense que ce livre pourra faire un beau cadeau pour les jeunes adolescents, notamment pour tous ceux dont on dit qu'ils ne sont pas lecteurs mais qu'on aimerait les faire lire. Si cette description vous fait penser à quelqu'un de votre entourage, n'hésitez pas, allez acheter ce livre, en cliquant sur l'image ci-dessous, ou bien dans votre librairie préférée !


Merci aux éditions Scrineo et à Babelio pour cette lecture. 

lundi 22 juillet 2019

Rimbaud Warriors, Richard Gaitet

J'ai eu l'occasion de lire ce livre grâce à la dernière opération Masse Critique de Babelio, qui proposait des livres de non-fiction. Arthur Rimbaud est un des auteurs étudiés lors de ma scolarité que j'aime beaucoup, et cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de récit de voyage, alors que c'est un genre que j'affectionne. 

Dans ce récit, on part donc à la suite des "Rimbaud Warriors", comme le titre l'indique. L'auteur, Richard Gaitet, décide, un peu sur un coup de tête, avec une bande d'amis aussi gentiment fous que lui de partir sur les traces du jeune poète, de suivre le chemin de sa deuxième fugue. En effet, Rimbaud était connu pour avoir fui le domicile familial à plusieurs reprises, je pense que tous ceux qui l'ont étudié à l'école auront retenu cet aspect de sa vie. Certains de ses poèmes les plus connus ont d'ailleurs été composés lors d'une escapade de Charleville-Mézières, son lieu de résidence, jusqu'à Charleroi. On peut comprendre, dès lors, la tentation de revenir sur ces lieux de chargés d'une atmosphère créatrice, de mettre les pieds dans ceux du poète afin de mieux s'imprégner de l'état d'esprit qui devait l'habiter alors. L'épopée de ces marcheurs a été aussi motivée par leur fascination curieuse pour le nombre 111 (ils sont d'ailleurs derrière un prix littéraire des plus originaux, mais que je trouve plutôt intéressant : le prix de la page 111). Après avoir calculé, de façon plutôt hasardeuse visiblement, que le trajet emprunté par Rimbaud faisait pile 111km, le doute n'était plus possible, ils devaient se lancer dans cette aventure, et parcourir, à pied, le tracé de cette fugue. 


Ce pari un peu fou prend assez vite la tournure d'une aventure plus ardue que prévue. En effet, on peut facilement s'amuser devant le peu de préparation de ces marcheurs plutôt inexpérimentés, de leur naïveté peut-être très citadine. Les kilomètres à parcourir, qu'ils pensaient pouvoir avaler aisément, vont s'avérer représenter un véritable challenge pour certains. Dès lors, les pauses qu'ils font pour se ménager sont prétextes à autant de digressions sur la vie du poète, sur le thème de la fugue dans la vie de ces "warriors". Leurs étapes, quant à elles, sont l'occasion de rencontrer des personnages hauts en couleurs pour certains, qui amusent le lecteur, ce qui est très certainement le but recherché dans la façon de raconter ces anecdotes. Mais en creusant un peu ce vernis de désinvolture, c'est aussi la population d'une région un peu sinistrée que nous découvrons, qui reste malgré tout très attachée à ce territoire ardennais. En filigrane, une part de la vie de Rimbaud nous est dévoilée, et c'est un plaisir d'en apprendre plus sur ce personnage assez intrigant. Quant au plaisir de retrouver ses vers, parsemés et parfois réinterprétés dans le texte, il est assez régressif. 

C'est donc une lecture plutôt légère, mais qui nous enrichit finalement bien plus que ce qu'on ne pense. Difficile de ne pas tomber sous le charme de cette petite fugue, écrite sur un mode badin, qui rend cette lecture bien plaisante. 

Je ne peux que vous conseiller ce livre, qui saura d'ailleurs parfaitement vous accompagner sur la route des vacances. Alors si vous voulez vous le procurer, n'hésitez pas à cliquer sur l'image ci-dessous ! 

 Acheter ce livre

mercredi 26 juin 2019

Kidnapping à la confiture, Marie Lenne-Fouquet et Eglantine Ceulemans

J'ai découvert ce roman dès sa sortie, puisque l'auteure, Marie Lenne-Fouquet, était venue faire une séance de dédicaces dans la librairie où je travaille. Ma collègue m'en avait donc parlé en avant-première, mais je n'avais pas eu l'occasion de le lire. Marie Lenne-Fouquet a également écrit(entre autres) un tout petit roman, La bonne culotte, que j'ai lu durant l'hiver et qui m'avait bien plu, par son côté à la fois décalé et touchant ! Et j'ai eu l'occasion de lire Kidnapping à la confiture grâce à la dernière opération Masse Critique de Babelio

Bref, ici, on retrouve trois jeunes adolescents (11 ans), dont la solide amitié s'est forgée grâce à leurs différences. Dans le lot, on a un intello très myope, qui se fait donc remarquer à cause de ses lunettes de taupe, un garçon surprotégé par sa mère et qui ne prend lui-même aucun risque de peur de la fâcher, et la narratrice, sourde, et qui ne peut donc entendre que grâce à ses appareils auditifs. Ces trois-là collectionnent les bêtises, même si elles sont plus drôles que méchantes. Et pourtant, cette fois-ci, ils vont se faire prendre par la police ! Leur punition consistera à aller s'occuper de personnes âgées à l'EHPAD du coin, puisque leur victime était un vieux monsieur. S'ils y vont en traînant des pieds, ils vont vite se rendre compte que la corvée est loin d'être aussi désagréable qu'il n'y paraît... 


Cette lecture me semble parfaite pour de jeunes lecteurs qui ont du mal à aller vers les livres. L'histoire est originale, déjantée au possible, et en fera rire plus d'un ! Une amitié plus qu'improbable  va se créer entre des personnages hors normes, qui vivent ensemble des aventures incroyables (au sens propre du terme hein, ne vous attendez pas à quelque chose de trop véridique...). L'écriture est très vivante, et même la typographie l'est, puisqu'il y a des jeux sur la taille des caractères : les commentaires intérieurs de la narratrice sont écrits en plus petits, ce qui apporte encore plus d'humour et de décalage à l'histoire déjà bien amusante. Le tout est parfaitement servi par les illustrations d'Eglantine Ceulemans, qui au fil des pages, complètent parfaitement le texte. On trouve dans les dessins des petits détails qu'on n'avait pas forcément imaginés, mais qui participent encore plus à l'aspect comique de ce roman. 

Cette lecture haute en couleurs saura régaler les jeunes lecteurs, garçons comme filles, et peut-être, qui sait, en réconcilier certains avec la lecture ! Alors si vous pensez à un jeune à qui offrir ce livre, c'est par ici

jeudi 1 juin 2017

Patricia, Geneviève Damas

Bon, ça fait très très trèèès longtemps que je n'ai pas posté. Mais c'est pas ma faute. C'est la faute à Christelle Dabos. Il y a un mois, j'ai eu la chance de recevoir les épreuves non corrigées du troisième tome de La Passe-Miroir... Alors évidemment, cette lecture était géniale, fantastique, formidable, etc ! Mais voilà, après ça... eh bien panne de lecture ! J'ai été tellement habitée par ma lecture (certainement un article à venir) que j'ai vraiment eu énormément de mal à me lancer dans d'autres lectures... Heureusement Babelio et Gallimard ont réussi à me faire sortir de là, grâce à l'opération Masse critique ! J'ai reçu il y a une dizaine de jours un tout petit roman dans ma boîte aux lettres : Patricia de Geneviève Damas.


Une découverte complète : je ne connaissais pas du tout cette auteure, et c'est une surprise plutôt agréable ! Ce petit roman polyphonique n'a que de peu de personnages, et son intrigue se déroule assez rapidement, mais elle n'en est pas moins intense. Tout commence à travers les yeux de Jean Itirimbi, un Centrearicain exilé au Canada, où il travaille un hôtel alors qu'il est sans papiers. Il semble donc destiné à rester coincé ici, loin de la France où il espérait pouvoir partir un jour, et loin de sa famille, restée au pays en attendant qu'il se fasse une situation. Seulement, ce moment n'est jamais venu, et ses filles ont donc grandi sans qu'il ne les ait revues depuis son départ. Dans l'hôtel où il travaille, il rencontre Patricia, une riche parisienne venue disperser les cendres de sa défunte mère. Esseulés, ces deux personnes que tout oppose trouvent en l'autre une oreille attentive, quelqu'un à qui se confier, sur qui s'appuyer. Patricia, amoureuse, fait tout pour trouver des papiers à Jean Itirimbi et le ramener en France, pour qu'il vive avec elle.

Tout semble aller pour le mieux, jusqu'à ce que la femme de Jean Itirimbi, ayant appris qu'il était à Paris, décide de venir le rejoindre, et part avec ses deux filles. Forcément, le voyage sera rude, mais elles sont déterminées à rejoindre enfin leur mari et père. Pourtant, il y a un hic : Jean Itirimbi a caché à son amie Patricia l'existence même de sa famille. Alors qu'ils passent un soi-disant week-end en amoureux, Jean Itirimbi décide donc de voler la voiture de cette dernière, et de partir à Marseille, là où sa femme et ses filles doivent accoster. Seulement, une fois arrivé à bon port, aucune nouvelle de l'embarcation, et personne ne répond sur le portable de sa femme... La nouvelle d'un naufrage se propage, mais il refuse d'y croire, et décide de tout faire pour retrouver ses femmes.

La voix de Patricia prend le relais, et on comprend, malgré la blessure causée par les cachotteries de Jean Itirimbi, qu'elle est touchée par cette histoire, bien plus qu'elle ne le voudrait. Avec ces différentes voix qui se succèdent, le ton est très bien dosé. Quand on risque de verser dans le mélodrame, l'auteure change judicieusement de voix, pour rectifier le tir et on reste dans un texte grave, mais qui ne l'est jamais trop. Un roman de très bon ton, donc, qui se lit très vite, et dont les leçons tirées sont justes et belles.