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lundi 5 octobre 2020

Lectures en bref - Septembre 2020

Septembre a été pour moi une période particulière, très chargée et chamboulée sur le plan personnel. Forcément, cela se ressent au niveau de mes lectures. J'ai "seulement" lu deux romans ce mois-ci, un de la rentrée littéraire : Héritage, de Miguel Bonnefoy et un roman jeunesse à paraître cette semaine : Burn, de Patrick Ness. Je vous en reparlerai dans des articles dédiés. En revanche, j'ai fait la part belle aux albums, cela faisait longtemps ! Je vous en présente quelques uns rapidement dans cette page. Et je prends le temps aussi de vous parler d'un roman lu avant l'été, mais paru ce mois-ci, auquel je n'ai pas accroché malgré ses belles promesses. 

Avant cela, le point sur les articles publiés en septembre. Le plus vu, ce beau roman de Deb Caletti, A en perdre haleine. Le moins vu, qui pourtant me tenait davantage à coeur, Phalaina, d'Alice Brière-Haquet, que j'ai également chroniqué pour le magazine Page des libraires. Vous les retrouverez en cliquant sur les photos ! 



Quelques albums...

Le plus gros coup de cœur de ce mois, c'est sans aucun doute Le dernier des loups, dont je vous ai déjà parlé dans un précédent article

Sur Instagram, j'en ai déjà présenté quelques uns. Un trésor d'imagination, avec C'est mon élastique, de Shinsuke Yoshitake : un album qui rappelle l'inventivité des enfants dès lors qu'ils trouvent un objet fétiche. Un autre qui a pas mal circulé sur les réseaux : Le bon coin d'Alexandra Pichard, où il est question d'un ornithologue en mal de canard... Si l'hiver arrive, dis-lui que je ne suis pas là de Simona Ciraolo, un album sur les plaisirs de chaque saison, idéal pour aider à accepter l'hiver qui arrive.





Quelques belles découvertes :  un nouveau livre-jeu de Delphine Chedru, 99 tomates et une patate, Mon petit coin de paradis, de Barroux, le dernier Olivier Tallec, Un peu beaucoup, et Entre toi et moi de Catherine Gueguen et Reza Davland. Je parlerai plus longuement de ces albums, toujours sur Instagram. 

                            

Deux déceptions, aussi, avec le dernier Marc Boutavant : L'affaire des cookies disparus. Un abécédaire qui, à vouloir être si original, part dans tous les sens, et nous perd. Et l'album de François Roca et Fred Bernard, que pourtant j'aime beaucoup habituellement. Mais cette année, avec King Kong, ils ne m'ont pas enthousiasmée. Les tableaux sont beaux, certes, mais on a le sentiment d'être toujours dans la même chose. Quant au texte, il peine à trouver le ton juste. 


RC 2722, David Moitet

Ma lecture de ce roman jeunesse remonte à avant l'été déjà, mais j'ai voulu attendre sa parution pour vous en parler. J'avais découvert David Moitet à travers une duologie précédemment parue chez Didier Jeunesse : Les secrets de Tharanis dont je vous avais parlé par ici. Et encore une fois, j'y ai trouvé les mêmes travers, le gros défaut de cet auteur semblant être la construction des personnages. 

David Moitet signe ici un roman post-apocalyptique assez actuel, puisque la catastrophe ayant ravagé le monde tel que nous le connaissons n'est autre que le réchauffement climatique, auquel s'est ajouté un virus fulgurant. La population française s'est alors réfugiée, pour ceux qui le pouvaient, dans des abris sous-terrains, et c'est là que commence notre histoire. Oliver, qui vit dans un de ses abris, va vite découvrir que la vérité ne semble pas être celle racontée par ses dirigeants, et que peut-être il serait encore possible de survivre à la surface. Il va alors faire la connaissance de la mystérieuse Tché, qui va bouleverser ses convictions. 

Ce roman aurait pu profiter de l'actualité de cette année 2020 pour sa réussite, mais il aurait fallu pour cela qu'il présente plus de qualités. Si j'ai d'abord été amusée de cette résonance avec le virus qui nous a touchés (même si le roman a sans nul doute été écrit bien avant), j'ai finalement eu l'impression que l'auteur nous servait un roman fourre-tout, qui à force d'évoquer trop de sujets à la fois, devenait plein d'idées reçues. Il est question de réchauffement climatique, donc, mais aussi de migrants, du capitalisme effréné... Bref, trop de choses à la fois qui sont survolées, ça en perd son intérêt ! Et puis comme je le disais, j'ai encore une fois été déçue par les personnages : je les ai trouvés mal campés, les relations entre eux sont bâclées (certaines choses viennent trop vite), et les dialogues sont peu naturels. C'est dommage, parce qu'il y a de belles idées dans la création de l'univers, mais le (manque de) travail des personnages vient gâcher tout cela. 

lundi 1 juin 2020

Lectures en bref - mai 2020

The wicked deep, Shea Ernshaw

J'avais déjà beaucoup entendu parler de ce roman, et j'en avais lu des avis assez divergents. J'ai donc pu me faire un avis dessus, grâce aux éditions Rageot qui l'ont mis en accès libre pendant le confinement. L'histoire se déroule de nos jours, dans un village marqué par une malédiction. Deux cent ans auparavant, Marguerite, Aurora et Hazel Swan ont été condamnés à la mort par noyade par les villageois, qui voyaient en elles des sorcières séductrices. Depuis, elles reviennent chaque année en juin, prennent possession du corps de jeunes filles, et se vengent en noyant des hommes qu'elles séduisent. Alors que cet "événement" attire les touristes et attise la curiosité de tous, Penny, une jeune fille du village, est lassée de ces noyades qui font tant fantasmer. Alors que Bo, un étranger, débarque sur son île, elle va tenter, par tous les moyens, de le préserver du pouvoir d'attraction des trois jeunes femmes. 



J'ai bien aimé ce roman, empreint de fantastique, et écrit dans une ambiance assez sombre qui convient très bien. Même si j'avais deviné assez vite le nœud de l'intrigue, je ne voyais pas trop comment celle-ci pourrait trouver une résolution satisfaisante, et finalement, ça fonctionne. Ce roman ne sera pas un coup de cœur, et ne me marquera pas forcément, mais c'était une lecture agréable, bien divertissante, l'idéal pour passer le temps pendant le confinement ! 

Quelques albums jeunesse

Ce mois-ci, avec le retour en librairie, au contact des nouveautés, j'ai aussi pu découvrir plusieurs beaux albums jeunesse, dont j'ai parlé (ou vais parler) sur Instagram. Il y a eu Maman c'est toi ?  du duo d'illustratrices IK et SK : un livre-carrousel, une forme assez originale, idéale pour les petites mains. Je veux un super pouvoir, d'Emilie Vast, chez Memo, reprend les deux lapins de son précédent album (Moi j'ai peur du loup, dont je vous avais parlé par ici) pour se faire à la fois album et documentaire. J'ai également découvert le magnifique D'un grand loup rouge, de Mathias Friman publié par Les fourmis rouges


                                                                                   

Et c'est tout ?

Non, ben sûr que non ! Au programme de ce mois de mai, il y a aussi eu un autre roman jeunesse : Se taire ou mourir ? dont je vous ai parlé dans mon précédent billet sur Karen McManus. Et puis une lecture documentaire sur la parentalité : J'ai tout essayé, d'Isabelle Filliozat, dans une version illustrée par Anouk Dubois, chez JCLattès. Je vous en parlerai peut-être prochainement ! 

Et maintenant, place au mois de juin, que je souhaite riche en lectures, avec notamment le début des lectures pour la rentrée littéraire ! 

samedi 2 mai 2020

Lectures en bref - avril 2020

Terre de Brume, Cindy van Wilder


Cela faisait longtemps que j'entendais parler de ce livre, alors j'ai cédé à la curiosité, grâce aux éditions Rageot qui l'avaient mis à disposition sur Netgalley
Dans un monde où la Brume n'a laissé que peu de places aux Survivants, la magie est présente, une magie basée sur les éléments. Héra, une Guerrière qui pratique la magie de l'eau va faire la connaissance d'Intissar, qui manipule le feu, alors que celle-ci vient avertir sa communauté d'un grand danger qui s'approche. Mais malgré les avertissements, ce danger fera bien des victimes, alors qu'il n'est pourtant qu'une des épreuves qui risquent de s'abattre sur ce monde, à l'équilibre déjà bien précaire. Une équipe part donc à la source du danger, afin de mieux comprendre ce qui se trame. Héra et Intissar, les deux héroïnes, sont de la partie.

Ce livre est à saluer pour le rapport entre les personnages, et pour la mise en avant de personnages féminins sans qu'elles ne dépendent d'hommes, d'une manière ou d'une autre. En effet, Héra et Intissar vont vite se lier d'amitié, mais elles se suffisent à elles-mêmes, aucune romance ne vient se mêler à l'intrigue, ce qui est une chose suffisamment rare en littérature jeunesse ou en SFFF pour être soulignée. Ici, nous sommes seulement dans une amitié entre deux jeunes filles, qui sont elles-mêmes sur le devant de la scène, sans recevoir l'aide d'hommes plus forts qu'elles. Cela fait du bien, car finalement, on se rend compte que ce schéma narratif est bien trop rare. Cependant, si la volonté de diversité est louable, on tombe vite dans quelque chose d'assez manichéen. Les rares hommes que l'on croise ont vraiment un rôle secondaire, à part un qui revêt une importance particulière... et qui est le méchant, seul acteur à avoir fomenté un plan maléfique. Pourquoi pas, mais cela semble un peu trop facile. 

Le suspense sait s'installer, et il est difficile de poser ce roman une fois lancés dedans. On est happés par l'intrigue, on a envie de savoir ce qu'il adviendra du voyage d'Intissar et d'Héra, et leur belle amitié donne envie de connaître leur destin. Pour autant, on a du mal à s'attacher à ces deux personnages, dont finalement, on cerne difficilement la personnalité. En effet, il me semble que très peu d'indications sont données sur elles, en dehors ce lien qui très vite se crée entre elles, et encore moins sur leurs sentiments. Du moins, je n'ai pas réussi à ressentir en même temps qu'elle. On pourrait même aller jusqu'à dire que c'est le duo qu'elles forment, efficace, qui est le personnage principal de ce roman, plus qu'elles deux séparément. Cela a un peu gêné ma lecture, et même si l'univers présente de bonnes qualités, il n'a pas su m'accrocher. Je ne pense donc pas lire le tome 2, cela ne me manquera pas forcément.


Combien de pas jusqu'à la lune, Carole Trébor

J'avais reçu ce roman grâce à un concours organisé en début d'année scolaire par les éditions Albin Michel Jeunesse. L'ayant laissé de côté, j'ai pu profiter d'une lecture commune organisée par l'éditeur sur Instagram pour le sortir de ma PAL. 

Ce roman est en fait une fiction biographique, autour de la figure de Katherine Johnson, une mathématicienne noire ayant notamment réalisé les calculs qui ont permis à Neil Armstrong et ses collègues de partir sur la Lune. S'il est question, dans la dernière partie du roman, du travail de Katherine à la NASA, on s'attarde ici bien davantage sur son enfance et son parcours, tout ce qui a fait d'elle une des premières mathématiciennes noires. 

C'est une lecture que je n'ai pas aimée. Certes, ce parcours de vie était intéressant à découvrir, mais ça n'a pas suffi à rattraper le niveau de cette lecture à mes yeux. Je trouve que les personnages de Katherine, ses frères et sœur et ses parents manquent de consistance. C'est une famille parfaite, des enfants qui n'ont aucun défaut et ne font pas de bêtises... Katherine est même tellement "parfaite" qu'elle passe son temps à corriger et donner des leçons à ses camarades de classe plus âgés qu'elle et pourtant moins doués. Dans le roman, il est dit que c'est grâce à ça qu'ils l'apprécient, alors que j'ai plutôt l'impression que dans la vraie vie, les élèves en auraient été énervés. Je n'ai donc pas su m'attacher aux personnages, et j'ai bien souvent eu envie de poser le livre sans le terminer. 

Ce qui m'a surtout donné cette envie, d'ailleurs, c'est l'écriture. Ce n'est pas mon premier roman de Carole Trébor, alors je sais que ce n'est pas habituel chez elle, mais là, c'est vraiment mal écrit, et ça m'a bien souvent frustrée. Il y avait tellement de phrases qui m'ont semblé écrites pour meubler, que j'ai parfois eu l'impression de lire un devoir où l'étudiant aurait fait de son mieux pour remplir la copie, mais sans vraiment s'intéresser à son sujet. Sérieusement, un livre où on trouve des évidences telles que "Il est heureux de participer à vos études. Donc il n'est pas triste et on le reverra pendant les vacances.", ça met le lecteur en rogne, non ? Et tout au long du roman, c'est dans la même veine. Les émotions sont nommées, mais impossible pour ma part de les ressentir, et je ne me suis donc pas vraiment sentie concernée. Allez, un autre exemple pour le plaisir, je ne résiste pas... 
"Stupeur. Incrédulité. Tristesse. Colère."
Encore une fois, ça me donne l'impression que ça a été écrit par devoir, parce qu'il fallait mettre des mots sur tout ça, mais ça ne me fait rien ressentir. Bref, ce livre est une grosse déception pour moi. 

Et à part ça ? 

Ce mois d'avril a malgré tout été un mois de belles découvertes. J'ai lu Deux fleurs en hiver, dont je vous ai déjà parlé. 


En jeunesse, toujours, deux gros coups de cœur, pour Hôtel Castellana de Ruta Sepetys, et Signé Poète X, d'Elizabeth Acevedos, dont je vous parlerai la semaine prochaine. 
Côté adultes, j'ai lu Le cerbère blanc, pour découvrir l'auteur Pierre Raufast, et ça valait le détour ! Je vous en parle la semaine prochaine aussi ! 


mardi 3 septembre 2019

Lectures en bref - Août 2019

Au mois d'août, j'ai surtout lu de la littérature générale, en préparation de la rentrée littéraire notamment. Cependant, j'ai quand même pris le temps de me plonger dans deux romans jeunesse qu'on m'avait prêtés, et dont je voudrais vous parler rapidement par ici. 

The hate U give, Angie Thomas

J'ai enfin pu lire ce roman, dont ma collègue me parlait sans cesse depuis sa sortie, il y a environ un an et demi. J'étais allée voir le film au cinéma en janvier, et c'est vrai que cette histoire m'avait beaucoup touchée, j'étais donc curieuse de savoir si l'émotion serait également au rendez-vous à la lecture. 

On y suit Starr, jeune afro-américaine, qui réside dans un quartier noir, mais va dans un lycée privé "blanc". Elle vit donc entre deux mondes et développe deux facettes de sa personnalité, mais cet équilibre bien calculé va être complètement chamboulé lorsqu'elle va assister, impuissante mais aux premières loges, à la mort de son ami d'enfance, sous les balles d'un policier. 

Ce roman traite d'un sujet d'actualité un peu brûlant, mais avec une justesse implacable. Les différentes options qui s'offrent à Starr (témoigner et défendre l'honneur de son ami, ou faire profil bas afin de mieux se préserver) sont toutes explorées sans jamais porter de jugement. On est dans l'émotion pure, avec une adolescente droite dans ses baskets qui tente de trouver sa place dans un monde à la réalité cruelle. Comme me l'avait dit ma collègue, ce roman se dévore, on est dans l'exemple même du page-turner, avec une plume fluide mais riche, et une émotion maintenue constante qui ne laisse pas indemne. 

Il y a toujours des différences entre un roman et son adaptation. Avec le recul, je trouve le film plutôt bien réalisé et fidèle tant au message du livre qu'à son déroulement. Certaines injustices dépeintes sont encore plus flagrantes dans le roman, cependant. Ainsi, même si vous avez déjà été, comme moi, très émus par le film, vous le serez encore plus par le roman, qui prend littéralement aux tripes. 


Marie et Bronia, Natacha Henry

J'ajoute à ce bilan un autre livre que je devais lire depuis longtemps. Ce roman n'est autre qu'une biographie romancée de Marie Curie et de sa sœur aînée, Bronia, deux jeunes femmes aux destins exceptionnels pour leur temps. 

Marie et Bronia vivent au dix-neuvième siècle en Pologne, où elles mènent une existence rude, mais dont elles parviennent à tirer le meilleur grâce à la volonté de leur père d'en faire des filles éduquées. En effet, il croit dur comme fer que filles et garçons doivent recevoir un enseignement de même qualité, et il transmet ces valeurs d'égalité et d'érudition à ses enfants. Ainsi, devenues femmes, Marie et Bronia n'ont qu'un seul rêve : continuer leurs études afin de devenir médecin pour l'une, et chimiste pour l'autre. Seulement, en Pologne, l'occupant russe ne l'entend pas de cette oreille. Les deux sœurs se font donc la promesse d'aller étudier à la Sorbonne, à Paris, quoi qu'il puisse en coûter. C'est donc ces deux vies hors du commun que Natacha Henry nous raconte ici. 

Si j'ai été facilement happée par le récit de la vie de ces deux femmes, je reste un peu sur ma fin du point de vue de l'écriture. Certes, le roman est destiné à un public jeune, dès 11 ans je pense, mais cela n'empêche pas le style d'être assez plat. Cela s'explique toutefois facilement : l'autrice est essayiste et journaliste avant d'être romancière. Et effectivement, dès les premières pages, on sent que l'on a affaire à un style très journalistique, trop à mon goût. C'est le seul bémol que j'entrevois sur cette lecture, plaisante et instructive malgré tout ! 


Comme d'habitude, si ces deux livres vous intéressent, cliquez sur l'image ci-dessous afin de pouvoir les acheter en ligne ! 


lundi 28 janvier 2019

Lectures en bref - Décembre 2018

Faire le bilan de décembre... il serait temps non ? Mieux vaut tard que jamais, comme on dit. Et de toute façon, je n'ai pas tellement de titres à vous présenter, puisque décembre est un mois où j'ai assez peu de temps pour moi. 

Commençons sur du positif, avec Le marquis de la baleine, de François Place. Ce grand album m'avait interpellée à sa sortie, et ma collègue m'en avait dit beaucoup de bien. Dans cette pièce de théâtre superbement illustrée, on plonge au coeur du Minotruche, avec pour personnages : le roi Balthazar, la reine Mirabelle, et leur neveu Sigismond. Ce dernier, après de longues études à l'étranger, rend visite à son oncle et sa tante pour leur mettre une idée en tête. Lui qui rêve de grandeur, il a appris qu'à l'étranger, on voyait le royaume de Minotruche... comme un confetti ! La nouvelle est dure pour le roi et la reine, qui veulent à tout prix redonner une image de grandeur à leur pays. Sigismond va les aider à imaginer le meilleur scénario possible pour épater tous les pays voisins... Faire venir une baleine dans un pays enclavé au milieu des terres ? Tout paraît envisageable aux yeux de Balthazar et Mirabelle, pourvu qu'il y ait des danses folkloriques ! Si vient de leur "Sigi" adoré, c'est qu'elle est bonne ! 


On l'aura compris, François Place manie ici l'humour absurde, à la perfection. Il y a derrière tout cela une forme de critique tout en douceur, mais bien présente tout de même. L'écriture théâtrale est un régal à lire, elle donne un dynamisme et une vivacité impressionnants au texte. On a envie de se mettre à déclamer. Cet album est un bijou à découvrir à plusieurs, à lire à voix haute en famille ou entre amis, pour se régaler. 


En décembre, j'ai également lu le roman S.T.A.G.S de M.A. Bennett. Greer fait sa rentrée en pensionnat dans un lycée très huppé, pour lequel elle a reçu une bourse au mérite. Ne venant clairement pas du même monde social que la plupart des élèves, elle a beaucoup de mal à s'intégrer et le vit mal. Aussi, quand elle reçoit une invitation à un week-end de chasse, tir et pêche, chez Henry de Warlencourt, le garçon plus populaire du lycée, elle saute sur l'occasion. Mais ce week-end qui avait l'air d'un rêve va en fait tourner au cauchemar...


Je n'ai pas été très emballée par cette lecture... C'était divertissant, mais tout étais assez gros et caricatural, donc ça ne m'a pas marquée plus que ça. Et la fin m'a déçue, car finalement on revient plus ou moins à la situation initiale, même si elle est inversée... Je n'en dirai pas plus pour ne pas vous spoiler, évidemment, mais cette fin m'a un peu gâché la lecture, je dois dire.  


J'ai également lu Dix jours avant la fin du monde, de Manon Fargetton. Ou plutôt, essayé de lire... C'était le premier livre de cette autrice que je lisais, mais je n'ai pas été emballée. A tel point que j'ai abandonné ma lecture au bout d'une centaine de pages, car je m'ennuyais, je trouvais ça trop plat, et je n'avais pas suffisamment d'attentes pour la suite. 

Il y est question d'une catastrophe qui commence à ravager le monde à l'autre bout de la planète : deux lignes d'explosion ont tout détruit sur leur passage, et avancent pour se rejoindre, lentement mais inexorablement. En France, les personnages savent donc que la fin du monde est proche, et chacun tente d'y faire face à sa manière, souvent bancale. 


Enfin, j'ai eu la chance de lire Asta, de Jon Kalman Stefansson, un auteur que j'avais envie de découvrir depuis un moment (depuis la sortie de D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds, pour être exacte). Dans Asta, l'auteur nous raconte des tranches de vie en Islande. On y rencontre Sigvaldi et Helga, qui décident de nommer leur fille Asta, "amour" en islandais. Et pourtant, dans la vie de ces personnages, l'amour n'est pas très présent. Sigvaldi se remémore sa vie passée, et considère les erreurs qu'il a pu faire, les incompréhensions qui l'ont habité. Dans le même temps, nous suivons aussi Asta, devenue une jeune fille compliquée, qui tente de se débattre tant bien que mal à travers sa vie. 

L'écriture est à la fois très belle et froide, un peu sèche, comme peut l'être le climat en Islande. On s'imprègne donc très bien de l'état d'esprit de ce pays lointain et inconnu de la plupart d'entre nous. Pour autant, les sauts à travers les époques m'ont un peu perdue, et j'ai trouvé dur de retrouver son chemin à travers tous ces méandres. Asta est un de ses livres où il faut oublier sa liberté de lecteur afin de mieux se laisser emporter à la suite de l'auteur, mais je n'ai pas réussi à le faire. Ce qui n'enlève rien à ses qualités ! 

jeudi 1 novembre 2018

Lectures en bref - Octobre 2018

Le visiteur de minuit, Marie-Aude Murail et Christel Espié 


En voyant cet album, comment ne pas succomber ? La couverture est magnifique, tout comme l'illustration à l'intérieur du livre. Les couleurs sont chatoyantes, les tableaux plein de splendeur. J'avais donc forcément envie d'en voir plus. Impression renforcée à la découverte de l'auteure du texte : Marie-Aude Murail. J'étais plutôt curieuse de la découvrir sur un format court, moi qui n'ai lu d'elle que des romans plus conséquents. On découvre un père de famille plein de richesses, mais rongé par la tristesse alors qu'il voit sa fille dépérir. Un soir, il reçoit la visite du diable en personne, qui lui recommande de faire venir chez lui le fils de son jardinier, plein de vie, pour que son énergie passe dans le corps de la fillette et la guérisse. Que faire alors : écouter son coeur de père ou sa conscience ? 

Malgré tous ces bons présages, cet album n'a pas eu sur moi l'effet escompté. Certes, les illustrations de Christel Espié valent le détour. Mais elles ne relèvent pas complètement le texte que j'ai trouvé malheureusement assez plat. Cela est certainement dû au format court, qui a été pensé à la manière d'un conte, avec des ellipses temporelles. Quoiqu'il en soit, je n'ai pas su y retrouver la beauté que j'attendais. Peut-être suis-je passée à côté ? 


Calamity Jane, François Roca

Cette année, François Roca a fait cavalier seul, plutôt que de publier un album avec son complice Fred Bernard comme chaque année. L'idée lui a pris d'illustrer la vie de cette aventurière qu'était Calamity Jane, après qu'il l'a découverte au travers des lettres écrites à sa fille. Il a donc choisi des extraits de ces lettres afin de les illustrer par son trait somptueux. 

Je suis assez contente d'avoir découvert cette femme de légende sous cet angle. Certes, on connaît tous le mythe qui se cache derrière ce nom, mais sans en savoir beaucoup plus finalement. Et voir la femme derrière la légende, la mère qui a décidé de se séparer de sa fille afin de lui offrir une meilleure vie, c'est plutôt touchant. Le choix de textes est donc réellement intéressant, et on se laisse attendrir par cette femme à l'histoire sentimentale difficile. Cependant, les illustrations ne collent pas, à mon sens, avec ce texte. Calamity Jane est un personnage qui est toujours en mouvement, au rythme difficile à suivre. Or, les illustrations de François Roca, si elles forment de magnifiques tableaux, sont caractérisées par leur manque de mouvement. Les personnages y sont comme figés, et sur un tel album, cela ne correspond pas. En effet, il paraît plutôt étrange de voir de l'immobilité dans la course effrénée d'un cheval lancé au galop. Encore un album qui ne m'a pas convaincue, donc. 


Dans la gueule du loup, Michael Morpurgo et Barroux

J'ai lu cet été ce petit album écrit par Morpurgo, paru dans le courant du mois d'octobre. Je peux donc désormais vous en parler. Cependant, il ne m'a pas marquée au point d'en faire un article propre. L'histoire écrite ici est inspirée de faits réels. C'est celle de Francis et Pieter, deux frères qui se sont engagés dans la Seconde Guerre Mondiale, chacun pour des raisons différentes. L'un est dans la Royal Air Force, l'autre va devenir agent secret. Alors que sa vie est désormais bien avancée, Francis revient sur cette période difficile de sa vie. 

J'ai trouvé dans cette histoire beaucoup de lieux communs. Même si cela est inspiré de fait réels, les faits racontés paraissent trop faciles et assez peu précis. Vu le nombre incroyable de textes écrits sur cette période, on attend plus de précisions, surtout de la part d'un auteur aussi réputé. De plus, le procédé choisi ne paraît que peu naturel. Lors de sa dernière nuit, Francis dialogue en pensée avec les personnes qui ont été importantes pour lui à cette période de sa vie. Ce dialogue fictif donne une écriture trop travaillée, et manque l'effet de simplicité recherché. Par ailleurs, si j'apprécie d'habitude le trait de Barroux, il m'a paru trop léger pour s'adapter à cette histoire grave et pleine de leçons. 


Nous étions dix, Nine Antico

Allez, je relève le niveau avec un bel album, une véritable pépite, même. Je dis cela à dessein, puisque cet album figure dans la dernière sélection des pépites du salon de Montreuil cette année. Cet album m'a immédiatement séduite par sa couverture, véritablement soignée, entre le bleu profond de la nuit et les dorures. En l'ouvrant, on découvre un texte plein de poésie qui retrace le parcours d'enfants partant en exploration, pleins d'entrain. Ils le disent et le répètent, rien, RIEN ne les effraie. Ainsi commence leur aventure, jusqu'à ce que l'un d'entre eux fasse défection. On retrouve donc à plusieurs reprises le même schéma rythmique et textuel qui crée une sorte de comptine merveilleusement bien travaillée. Petits et grands s'y laisseront aisément emporter, et courront irrésistiblement vers la chute... des plus imprévisibles.D'habitude, je devine assez aisément les chutes des albums, mais ici, je me suis complètement laissée avoir ! On savoure cet album, d'abord avec sérieux et concentration, alors que la tension grandit, puis on finit forcément... sur un grand éclat de rire ! 

 

jeudi 4 octobre 2018

Lectures en bref - Septembre 2018

Je profite de ce début de mois pour vous faire un petit bilan de mes lectures de septembre... exclusivement centré sur des albums jeunesse ! Oui, car il y a aussi des sorties bien intéressantes de ce côté, dont je vous donne un aperçu rapide !

Girafe blues, Jory John, Lane Smith

On commence par cet album chez Gallimard Jeunesse, dont les créateurs avaient publié l'an dernier Banquise blues. On les retrouve ici sur un thème un peu similaire. Il s'agit de l'histoire d'une girafe, complexée par son long cou. Vraiment, ça n'est pas très pratique, et joli, encore moins ! Mais les problèmes de cette girafe seront remis en question lorsqu'elle fera la rencontre d'une tortue, qui elle est complexée... parce que son cou est décidément trop petit ! 


L'histoire fonctionne bien, on aime cette façon d'appréhender les complexes physiques avec humour, et de les dédramatiser. Cela permet aux enfants de reprendre confiance en eux, et de prendre du recul sur leurs problèmes. En revanche, je n'ai pas été convaincue par le graphisme... Pourtant, la couverture est magnifique, avec son motif en girafe ! Mais on déchante un peu en ouvrant l'album. 

Le fossile, Max Ducos

On continue avec un auteur que j'affectionne particulièrement, Max Ducos. Même si je ne vous ai parlé ici que d'un seul de ses albums, je les aime tous ! On craque pour son univers qui fait appel à beaucoup de nos fantasmes d'enfants : rester seul la nuit dans une école, se perdre dans le labyrinthe d'un château à la recherche d'un trésor... Il sait jouer avec tout cela, et ici, encore une fois, il nous fait rêver en nous plongeant au coeur d'un chantier archéologique. On suit un jeune garçon qui, en trouvant un fossile, va être à l'origine d'une fouille. 


L'histoire est très simple, mais finalement, c'est par sa forme que cet album surprend. On est sur un livre en volumes et découpes : chaque page révèle à son tour une partie supplémentaire du chantier de fouilles... jusqu'à ce qu'on tombe, à la fin, sur le squelette du dinosaure en pop-up, qui fait son effet garanti. Si on s'en tient là, l'album correspond parfaitement aux petits curieux : une histoire interactive avec des pages cartonnées, on sait que ça fonctionne assez bien. Les plus grands y trouveront également leur compte, puisque l'album se clôture par des explications plus poussées sur l'archéologie, les fossiles, etc. Un livre qui peut donc se lire en famille, et où chacun s'y retrouve ! 

Moi j'ai peur du loup, Emilie Vast

Je crois bien que c'est la première fois que je vous parle d'un album de chez Memo. D'habitude, je suis attirée par leurs albums, toujours imprimés sur du papier de qualité, et aux graphismes attrayants, mais avec toujours une pointe de déception par rapport aux attentes que j'avais. Pourtant, avec ce nouvel album d'Emilie Vast, c'est tout l'inverse ! J'y suis allée sans m'attendre à grand chose, et finalement, je ressors de cette lecture avec un petit coup de coeur ! 


L'histoire est toute simple : c'est celle d'un lapin qui confie sa peur du loup à son copain. Au fil de la discussion, il va énumérer tout ce qui peut expliquer sa peur : les grandes oreilles, les yeux jaunes, etc. L'autre lapin associe chacun de ces éléments à un autre animal, ce qui donne, à la fin, une bête complètement loufoque, comme issue d'un cabinet de curiosités. Le fond noir fonctionne à mon sens très bien, puisqu'il met en valeur les éléments que l'on retrouve d'une page à l'autre. Le système de répétitions fait que l'histoire, avec des petits, devient de plus en plus drôle, et ils parviennent ainsi sans mal à désacraliser leur peur. 

En réalité, il manquerait un titre pour venir compléter ce bilan : Capitaine Rosalie, de Timothée de Fombelle... Seulement voilà, celui-ci je l'ai tellement aimé que j'ai voulu lui consacrer un article entier ! Affaire à suivre, donc ! 

Comme d'habitude, vous pouvez vous procurer ces livres en quelques titres sur le site leslibraires.fr

mardi 6 mars 2018

Lectures en bref - Février 2018

Ce mois-ci encore, il y a certaines lectures que je n'ai pas pris le temps de chroniquer, pour diverses raisons, mais auxquelles je voudrais tout de même laisser une petite place... Alors voilà un petit aperçu de mes lectures de ce mois de février. Un bon nombre de lectures faites, et assez variées, alors je suis plutôt contente ! 


Marche à l'étoile, Hélène Montardre

Ce roman de la rentrée littéraire m'avait bien intriguée. Et grâce à NetGalley j'ai eu la chance de le lire ! Un roman en deux parties, avec deux héros masculins au centre de chacune. D'abord, on suit Billy, un jeune esclave qui s'est échappé de la plantation où il travaillait, à cause d'une splendide boucle d'oreille qu'on le suspecte d'avoir volée. Son parcours vers la liberté et les Etats du Nord sera semé d'embûches, à cause d'un chasseur d'esclaves qui veut à tout prix sa peau. Dans la deuxième partie, on bascule plusieurs siècles plus tard, auprès de Jasper, un jeune étudiant qui trouve un mystérieux carnet dans la maison de son grand-père décédé. 
L'idée est intéressante, même si en réalité les rebondissements de cet ouvrage sont assez prévisibles. Parfois même, on est face à des situations un peu trop faciles, des dénouements d'intrigue mal ficelés car courus d'avance, voire même invraisemblables. Je n'ai pas réellement accroché au style d'écriture, pas assez travaillé à mon goût. Certains passages auraient gagné à être bien plus développés, cela aurait donné de beaux moments de lecture, quant d'autres créent clairement des longueurs. 
Malgré tous ces défauts que je lui trouve, cette histoire a su me faire passer un moment agréable, et elle s'avère plutôt instructive, on en apprend pas mal sur l'histoire de l'esclavage, et des Quakers qui s'y sont opposés par de petites actions. 



La boîte à musique - tome 1, Gije et Bénédicte Carboneill

J'ai fait une belle découverte avec cette petite bande dessinée aux couleurs très attirantes. A travers une boîte à musique, on plonge aux côtés de Nola dans un monde parallèle bien mystérieux. Sa mère, décédée, avait apparemment l'habitude de s'y rendre régulièrement, puisqu'elle rencontre très vite des amis de sa mère. Notamment une femme, malade, qui a besoin de son aide. 
Dans cette bande dessinée, on découvre un bel univers fantastique, qu'on a réellement envie de connaître davantage. Mais c'est aussi le défaut de ce premier tome : on passe un peu vite sur la découverte de ce monde, et à la fin de cet opus on reste plein de questions quant aux créatures aperçues au fil des illustrations. Ceci dit, ces illustrations, justement, apportent un côté très attachant à ce titre, et on a envie d'en voir plus. Vivement le tome 2, donc ! 

Tortues à l'infini, John Green

Je n'avais jamais lu de romans de John Green auparavant, car je l'avoue, aucun ne me tentait réellement. Mais ce dernier ouvrage, Tortues à l'infini a, j'ai l'impression, davantage fait parler de lui. En tous cas, il me tentait bien. On y suit Aza, et sa meilleure amie Daisy, qui vont mener une enquête afin d'aider à retrouver le père d'un voisin, Davis, un milliardaire qui a disparu mystérieusement. Seulement, cette enquête n'est pas aussi désintéressée qu'il n'y paraît, puisqu'il y a une grosse récompense financière à la clé. Au milieu de tout cela, Aza se débat avec ses troubles obsessionnels compulsifs, son côté maniaque qui la rend parfois limite asociale. En plus de relations d'amitié à consolider, Aza va devoir apprivoiser ses troubles, qui lui donnent l'impression de ne pas contrôler sa vie. 
Ce roman est bien construit, on se laisse vraiment happer par l'intrigue. A tel point que, même si j'ai du interrompre ma lecture pendant plusieurs mois, je n'ai eu aucun mal à la reprendre là où je m'étais arrêtée. On sent que l'auteur s'est énormément livré dans ce roman, et on découvre un monde qui nous est difficilement compréhensible. Un beau livre, assez facile à lire tout de même, qui vaut vraiment le détour ! 


jeudi 9 mars 2017

Lectures en bref - Février 2017

Avec cet article, j'adopte une pratique assez répandue chez les blogueurs littéraires : le bilan mensuel des lectures. J'ai hésité pendant quelques temps, mais quand je réalise le manque de temps que j'ai pour chroniquer tous les livres que je lis... je me dis que ça devient indispensable ! Car même si j'ai du mal à tenir le rythme de mes lectures, ça ne m'empêche pas d'avoir envie de vous parler de toutes ! Donc voilà, avec un peu de retard, voici un aperçu de mes lectures de février dont je n'ai pas encore eu le temps de vous parler ! 


L'autre Joseph, Kéthévane Davrichewy


Ca faisait quelques temps que j'avais envie de lire ce livre, où l'auteure nous parle de son arrière grand-père, Joseph, dont un des camarades d'enfance est devenu... Joseph Staline ! Cette plongée dans l'enfance de Staline (qu'on appelait alors Sosso) me tentait bien. Et effectivement, c'est très intéressant de se rendre compte que petit, Staline était déjà caractériel et avait un besoin de reconnaissance énorme. On atténue peut-être un peu nos sentiments envers ce dictateur en apprenant que son enfance était loin d'être facile, aux côtés d'un père alcoolique qui semblait violent. A côté de cette trame historique, l'auteure se confie sur les démarches qui l'ont conduite à l'écriture de ce livre, ce qui lui apporte un relief intéressant. Toutefois, en lisant des passages sur les sentiments très mitigés que Sosso inspirait à son camarade Joseph, je n'ai pu m'empêcher de m'interroger. Est-ce vraiment ce que ce jeune homme pensait à l'époque ? Ou bien a-t-il en quelque sorte réécrit l'histoire de son enfance en voyant ce qu'était devenu Sosso ? Je pencherais malheureusement plus pour la deuxième solution : il est facile en effet, de dire que Staline enfant avait déjà l'étoffe d'un dictateur violent, avec le recul... Bilan mitigé donc pour ce roman. 


Le club des vieux garçons, Louis-Henri de La Rochefoucauld


Quand j'ai eu ce livre entre les mains, à la librairie où je travaille, il m'a tout de suite intriguée. En lisant le résumé, et en observant le bandeau de couverture, je pensais ouvrir un roman qui se passerait au XIXème ou XXème siècle, au sein de l'aristocratie. Si j'avais raison sur ce dernier point, j'ai été très surprise que le narrateur n'est en fait autre qu'un jeune homme, François de Rupignac, né dans les années 1980 ! Le roman se déroule donc à notre époque. Durant son enfance, François s'est entendu rabâcher par son grand-père tout un tas de sermons sur l'importance de leur lignée aristocratique, d'un mode de vie noble, de valeurs morales, tout cela à préserver à tout prix de la modernité. Pas étonnant donc, que François, en grandissant, se soit senti en décalage avec les autres jeunes, tous "à la mode". Avec son ami Pierre, ils décident donc de fonder le "Club des Vieux Garçons", défendant un mode de vie clairement décalé. Ils n'arrivent pas à trouver leur place dans cette société où trouver un travail et une petite amie sont les plus grands signes de l'accomplissement personnel. En effet, eux préfèrent l'oisiveté qui était auparavant (c'est-à-dire quelques siècles plus tôt) le privilège de la noblesse, mais surtout, ils préfèrent rester célibataires. Ils créent donc un Club, accueillant des jeunes hommes qui partagent ces idées, avec qui ils boivent du champagne et font des plans sur la comète. C'est décalé, plein d'humour et chic anglais, alors ça m'a plu ! 



Voilà, c'étaient donc les deux livres lus en février dont je voulais vous parler en bref ! De retour en début de mois prochain donc, pour vous parler de nouveaux livres !