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mardi 24 novembre 2020

L'écho des promesses, Melanie Levensohn

On peut parfois se targuer de ne lire que des romans de grande qualité, d'avoir un rapport purement intellectuel à la lecture. Mais certaines lectures sont parfois plus légères, de celles qui se savourent sans trop réfléchir, juste pour le plaisir. Certains lecteurs voudraient faire croire que les romans de cette catégorie sont de moindre qualité, mais je ne vois pas pourquoi cela devrait être le cas. Il existe des romans pour tous les lecteurs, pour tous les moments aussi, car par-dessus tout, je crois qu'il y a des moments pour tel ou tel type de lecture. L'écho des promesses appartient plutôt à la seconde catégorie, celle des lectures détente, et surtout, je dois dire que je l'ai lu à un moment où j'en avais besoin, alors ce roman a tapé juste pour moi. 

Ce roman où l'on suit trois femmes nous emmène dans trois lieux différents, à trois époques différentes. Tout commence avec Jacobina, en 1982, qui se rend au chevet de son père à Montréal. Sur son lit de mort, elle lui fait une promesse qui reviendra la hanter lors de ses vieux jours. Béatrice, en 2006 à Washington, fait la connaissance de Jacobina devenue âgée, et elle a à cœur de l'aider à tenir cette promesse malgré son emploi du temps chargé de femme active. Parallèlement à cela, nous suivons le parcours de Judith, dans le Paris occupé, en 1940. Trois femmes déterminées, avec qui la vie pourtant n'est pas tendre, et qui devront se battre pour s'en sortir. Tout cela peut sembler très romanesque, un peu cliché, et pourtant cette histoire est largement inspirée de faits réels (l'autrice en dit plus par ici, si vous lisez l'anglais), ce qui ne la rend que plus touchante. 

Adolescente, je lisais beaucoup de romans se déroulant durant la Seconde Guerre Mondiale, et je me disais il y a peu que c'était une période que j'aimerais retrouver davantage dans mes lectures actuelles. Voilà donc ce qui m'a attirée au premier abord dans ce roman. Et en effet, j'ai retrouvé tout ce que j'aimais dans ce type de lectures. Une héroïne forte et fière, dont la vie vient être complètement remise en question par l'arrivée des troupes allemandes dans Paris. Malgré cela, Judith a une féroce volonté de continuer le cours de sa vie, et on sent en elle un optimisme à toute épreuve. La partie plus contemporaine de l'intrigue nous dresse aussi le portrait d'une femme forte, même si son parcours est inversé. Béatrice semble se complaire dans un travail exigeant qui la fait sans cesse se remettre en question, jusqu'au jour où rien ne va plus aller pour elle, sur le plan professionnel comme sur le plan amoureux. C'est la force dont elle fera preuve pour se ressaisir qui est frappante, et les nouveaux choix qu'elle fera alors. 

Ce roman a un côté facile et sentimental, mais c'était vraiment ce dont j'avais besoin au moment où je l'ai lu. Oui, on pourra sans aucun mal trouver des romans aux qualités littéraires supérieures, mais celui-ci est idéal pour cette période de confinement hivernal où le moral de beaucoup est en berne. Il vous offrira un bon moment de lecture sous un plaid, au coin du feu, et vous apportera un réconfort bienvenu ! 

Pour vous plonger à votre tour dans cette lecture cocooning, vous pouvez vous procurer ce livre en quelques clics à partir de l'image ci-dessous !



lundi 28 septembre 2015

Et je danse, aussi - Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux

Deux auteurs jeunesse qui se lancent dans l'écriture d'un roman "adulte" à quatre mains ? C'est le pari que se sont lancés Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, deux auteurs dont j'ai dévoré un grand nombre de livres. Alors forcément, là, j'ai continué sur cette lancée ! Et je n'ai absolument pas été déçue !

La trame de l'histoire, on ne peut que l'aimer. Une jeune femme entre en contact par mail avec un auteur assez connu (prix Goncourt) qu'elle admire. Débute alors une longue correspondance, et passionnée, on peut le dire. Des thèmes récurrents du genre reviennent : la peur de la rencontre "réelle" en est le principal. Les personnages, bien décidés à profiter pleinement de la vie, sont véritablement attachants. Ils nous emportent dans une histoire prenante. Assez vite, avec l'arrivée dans la correspondance de quelques personnages supplémentaires, on s'aperçoit que la réalité n'est peut-être pas tout à fait celle dépeinte par la lectrice. Alors on a envie de percer le mystère, de découvrir le véritable motif de cette correspondance, et cette envie nous fait tourner les pages de plus en plus vite, sans qu'on puisse s'arrêter...

D'un point de vue littéraire, on ne peut qu'aimer, là encore. Le roman revisite le genre épistolaire avec brio, en l'adaptant à notre époque. Car désormais, tout l'échange se fait par mail. Rien de bien nouveau, certes, on a déjà vu ça. Oui, mais. Les protagonistes exploitent toutes les ressources que permet l'informatique, tout en laissant l'écriture faire sa part du travail : apporter sa dose d'imagination dans la conversation. Un écriture qui oscille d'ailleurs entre quelque chose de très pragmatique et de très poétique. Sous couvert de blagues et de tournures trop alambiquées, les auteurs démontrent ainsi discrètement leur talent d'écrivains.



Bref, on se régale à tous points de vue !