Affichage des articles dont le libellé est Dargaud. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dargaud. Afficher tous les articles

mardi 1 décembre 2020

Malgré tout, Jordi Lafebre

Encore un titre que je suis loin d'être la première à chroniquer... Mais qu'il fait du bien ce titre ! Une bande-dessinée, ça change un peu, avec Malgré tout de Jordi Lafebre. Je l'ai empruntée au début du confinement, en pressentant très justement la baisse de moral engendrée, et le baume au cœur que pourrait m'apporter cette lecture. 

Dès la première page, on se retrouve propulsé dans l'existence folle de deux êtres hors du commun. Ana, maire tout juste retraitée, mère de famille et mariée ; et Zeno, jeune retraité lui aussi, qui ferme définitivement sa librairie, et qui a eu mille vies avant celle-ci. Avec ces deux personnages, nous est contée une histoire d'amour à nulle autre pareille. Zeno et Ana s'aiment, malgré le temps et les années qui les ont séparés, les occasions ratées, les excuses inventées. Et après toutes ces années à échanger des lettres et à s'appeler en catimini, sans jamais se voir, les voilà qui se retrouvent enfin, prêts à vivre leur amour. Ils ne savent pas bien où cela les mènera, mais ils ont la certitude que, désormais, ils ne peuvent plus y échapper. Plutôt que de dérouler sous nos yeux l'idylle de deux retraités qui se retrouvent, l'auteur prend les choses à rebours, et remonte le fil, des rendez-vous manqués des deux amants, à leurs péripéties nombreuses, pour enfin nous conter leur rencontre inattendue. Ce procédé original et savoureux nous permet de découvrir des personnages d'une grande sensibilité, tellement touchants. 



Si l'histoire avait été contée dans l'autre sens, de la rencontre à la perte de l'être aimé, puis aux retrouvailles, nous y aurions certainement trouvé des tas de choses à redire. En effet, ce qui se trame entre Ana et Zeno est tout sauf une histoire d'amour traditionnelle. Et puis Ana est mariée, maire d'une commune, on attend une certaine droiture d'elle. Mais puisque les choses sont prises à rebours, nous ne voyons plus que toute la tendresse à l'œuvre dans cette histoire. Tendresse d'Ana envers les personnes qui l'entourent, à la mairie. Tendresse de Zeno envers les compagnons de ses différentes aventures (thésard à 40 ans, il a sillonné les mers comme pêcheur). Tendresse infinie de Giuseppe, surtout, le mari d'Ana, qui comprend le besoin de son épouse de voler de ses propres ailes. 

C'est une histoire extrêmement touchante que nous retrouvons dans cette bande-dessinée. Une lecture rapide, mais qui donne à coup sûr le sourire - j'ai encore le sourire aux lèvres rien qu'à me rappeler ma lecture pour vous en parler ! Un livre à offrir, à s'offrir, sans limites, juste pour faire sourire, pour mettre de la chaleur dans les cœurs. Mais attention... Malgré toutes ces couleurs pétillantes, certaines pages pourraient bien vous tirer quelques larmes d'émotion !

Comme d'habitude, je vous mets le lien pour acheter ce titre dans l'image ci-dessous !



jeudi 13 juin 2019

Les grands espaces, Catherine Meurisse


Je retrouve Catherine Meurisse avec son dernier ouvrage, Les grands espaces, pour les besoins d'un article que l'on m'avait demandé. Et c'est un plaisir que de retrouver une auteure que j'apprécie, mais que j'avais un peu laissée de côté, ne lisant que peu de bandes-dessinées ces derniers temps... Je l'avais découverte avec Mes hommes de lettres, il y a pas mal d'années, et ça m'a d'ailleurs donné envie de m'y replonger ! 



Dans Les grands espaces, elle rouvre la porte de son enfance et nous entraîne à sa suite dans la campagne qui l’a vue grandir. A travers des souvenirs empreints d’une certaine nostalgie, elle croque avec joie le jardin de son enfance et les champs environnants. On la suit à travers ses jeux et ses découvertes enfantines, aux côtés de sa sœur, qui a toujours une citation littéraire pour commenter chaque situation. Le récit est donc émaillé de références, qui amènent tantôt un côté humoristique, tantôt une certaine érudition que l'on retrouvera beaucoup au fil de ces pages. Ainsi, les deux jeunes sœurs, curieuses de cette campagne où leurs parents les ont emmenées vivre, ouvrent leur musée de trésors, à la façon de Pierre Loti, qui habitait la même région. L'auteure se remémore également les moments de douceur aux côtés de ses parents, amoureux des plantes, qui se targuent de faire un jardin d'écrivains, eux qui collectionnent les boutures. Ils sont également fervents défenseurs de l'écologie, et transmettent ces passions à leurs filles, à travers leur volonté de leur créer un véritable jardin paysager dans lequel elles puissent se fabriquer d'heureux souvenirs. 

Cette parenthèse à travers laquelle Catherine Meurisse nous entraîne, cette pause dans nos vies citadines, c’est l’occasion d’une petite leçon de choses, alors qu’elle se souvient de tout ce qu’elle a appris dans ce jardin d'enfance. Il est l'heure, à travers cet album, de prendre conscience des changements que l'homme a imposés à la nature, la détruisant à petit feu, ce contre quoi les parents de l'auteure ont toujours tenté de se battre. S'il y a beaucoup de douceur dans cet album, il faut tout de même en ressortir en se posant les bonnes questions sur le mal que nous faisons à notre environnement, et sur nos modes de vie. Il y a donc beaucoup de nostalgie dans cet album, mais également un propos très actuel. 

On y retrouve en tous cas avec grand plaisir le trait malicieux de Catherine Meurisse, alors qu’elle croque les personnages, et notamment les membres de sa famille, avec son humour habituel de caricaturiste. Mais surtout, on se laissera émerveiller par certaines planches plus vraies que nature, façon cabinet de curiosité. Si c'est une lecture sur laquelle je suis finalement passée assez vite, j'ai réellement eu des coups de cœur pour quelques illustrations, dont je vous laisse apercevoir des exemples.

   


Un retour au vert qui permettra de s’évader bien plus loin qu’on ne le soupçonne. Avoir renoué avec cette auteure me donne désormais très envie d'aller lire son précédent ouvrage, La légèreté, dans lequel elle revenait sur ses sentiments face à la tuerie de Charlie Hebdo. 

Si vous souhaitez vous y plonger à votre tour, voici le lien pour vous procurer Les grands espaces !