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vendredi 12 novembre 2021

Broadway Limited, Malika Ferdjoukh

Bon, soyons honnête, Broadway Limited est une série dont vous avez, très probablement, déjà entendu parler avant de lire cet article. Cette trilogie a eu un énorme succès, l'autrice est loin d'être une inconnue, puisque, je crois, nous sommes beaucoup à avoir dévoré la série Quatre soeurs à l'adolescence... Bref, je ne vous ferai peut-être pas découvrir quelque chose aujourd'hui. Mais pour ceux qui ont juste vaguement entendu parler de Broadway Limited sans encore avoir plongé dans ces trois romans, j'espère que mon article du jour vous donnera immensément envie de passer le pas. Pour ma part, je gardais cette série dans un coin de ma tête depuis un moment, à ajouter à ma PAL un jour ou l'autre. Cet été, j'ai trouvé le premier tome d'occasion sur un marché, et je l'ai lu à la fin du mois dernier pour un challenge... Eh bien impossible de résister à l'attente, je me suis acheté les deux tomes suivants dans la foulée, et j'ai tout dévoré en moins d'une semaine ! Gros gros coup de cœur, donc. 

 Dans cette trilogie, nous suivons les pensionnaires d'une pension new-yorkaises pour jeunes filles, à la fin des années 1940. Les Trente Glorieuses battent leur plein, la jeunesse est décidée à profiter de la vie après ces années de guerre, et New-York et Broadway offrent de belles opportunités à ceux qui veulent devenir chanteurs, acteurs ou danseurs. C'est dans ce contexte que nous suivons les jeunes filles logées à la pension Giboulée. Page travaille dur pour devenir actrice ;  Manhattan et Hadley rêvent de danser dans de grandes revues, même si elles chamboulent elles-mêmes ce rêve pour suivre d'autres motifs cachés ; Chic enchaîne les castings pour jouer dans des pubs télévisées ; Ursula voudrait chanter ; et Jocelyn est déjà un musicien talentueux. Attendez, quoi ? Un musicien ? Dans une pension de jeunes filles ? Ok, on reprend depuis le début. Le roman s'ouvre sur un délicieux quiproquo avec l'arrivée de Jocelyn, jeune étudiant français recommandé par un ami américain. Pour les américaines qui tiennent cette pension, Jocelyn (prononcer "ine") était forcément une femme. Sauf que voilà un jeune homme, Jocelyn (prononcer "ain"), qui après d'âpres négociations, est admis à la pension Giboulée. Et nous suivons, au fil des trois tomes, une année de la vie de ces jeunes gens, vie haute en couleurs, riches en émotions. 

Dans cette série, on ne peut qu'admirer le talent de Malika Ferdjoukh. Dès les premières pages, elle plante une ambiance délicieuse, au gré de dialogues virevoltants qui nous emportent dans un rythme endiablé. Son écriture est malicieuse, elle se joue des mots, des quiproquos, des attentes du lecteur aussi... J'avoue connaître assez peu la culture de cette fin de décennie, mais plus je lisais, et plus j'avais en tête des airs de mambo et autres danses pleines de bonne humeur. On passe d'un personnage à l'autre, et tous leurs destins sont aussi passionnants les uns que les autres ; d'un couple à l'autre et ils sont tous aussi attachants ; d'une scène artistique à l'autre et elles sont toutes aussi entraînantes. C'est Broadway, le rêve américain, et on rêve nous aussi de paillettes et de gloire. Je n'ai eu aucun mal à m'attacher aux personnages, et j'ai très vite vibré d'émotion avec eux. Eventuellement, on peut faire le reproche qu'il y a peut-être trop de personnages secondaires. En effet, au début j'ai pu être perdue, mélangeant quelques jeunes filles et leurs professions, et puis j'aurais aimé voir certaines intrigues mieux développées, et notamment celle de Silas, jeune noir, et Ursula, qui forment un couple secret. Mais cette grande galerie de personnages concourt à l'effervescence qui règne dans ce roman, à l'image même de celle que l'on retrouve dans les rues de New-York. 

Ce roman fait donc la peinture d'une époque et d'un milieu artistique avec brio. Tout n'est pas dit, on ne détient pas forcément toutes les références culturelles, mais cela importe peu : on ressent, et c'est le plus important, la plus grande forme de réussite d'un roman. On aura plaisir à côtoyer des célébrités qui ne le sont pas encore : on croise ainsi Grace Kelly, Marlon Brando, Woody Allen, et d'autres encore. Cela ne fait qu'ajouter un peu plus de piquant à cette série de romans, qui déclenche un formidable plaisir de lecture. Elle est à lire absolument, alors si vous voulez craquer et vous l'acheter, c'est en quelques clics à partir de l'image ci-dessous, ou chez votre libraire préféré ! 



lundi 5 octobre 2020

Lectures en bref - Septembre 2020

Septembre a été pour moi une période particulière, très chargée et chamboulée sur le plan personnel. Forcément, cela se ressent au niveau de mes lectures. J'ai "seulement" lu deux romans ce mois-ci, un de la rentrée littéraire : Héritage, de Miguel Bonnefoy et un roman jeunesse à paraître cette semaine : Burn, de Patrick Ness. Je vous en reparlerai dans des articles dédiés. En revanche, j'ai fait la part belle aux albums, cela faisait longtemps ! Je vous en présente quelques uns rapidement dans cette page. Et je prends le temps aussi de vous parler d'un roman lu avant l'été, mais paru ce mois-ci, auquel je n'ai pas accroché malgré ses belles promesses. 

Avant cela, le point sur les articles publiés en septembre. Le plus vu, ce beau roman de Deb Caletti, A en perdre haleine. Le moins vu, qui pourtant me tenait davantage à coeur, Phalaina, d'Alice Brière-Haquet, que j'ai également chroniqué pour le magazine Page des libraires. Vous les retrouverez en cliquant sur les photos ! 



Quelques albums...

Le plus gros coup de cœur de ce mois, c'est sans aucun doute Le dernier des loups, dont je vous ai déjà parlé dans un précédent article

Sur Instagram, j'en ai déjà présenté quelques uns. Un trésor d'imagination, avec C'est mon élastique, de Shinsuke Yoshitake : un album qui rappelle l'inventivité des enfants dès lors qu'ils trouvent un objet fétiche. Un autre qui a pas mal circulé sur les réseaux : Le bon coin d'Alexandra Pichard, où il est question d'un ornithologue en mal de canard... Si l'hiver arrive, dis-lui que je ne suis pas là de Simona Ciraolo, un album sur les plaisirs de chaque saison, idéal pour aider à accepter l'hiver qui arrive.





Quelques belles découvertes :  un nouveau livre-jeu de Delphine Chedru, 99 tomates et une patate, Mon petit coin de paradis, de Barroux, le dernier Olivier Tallec, Un peu beaucoup, et Entre toi et moi de Catherine Gueguen et Reza Davland. Je parlerai plus longuement de ces albums, toujours sur Instagram. 

                            

Deux déceptions, aussi, avec le dernier Marc Boutavant : L'affaire des cookies disparus. Un abécédaire qui, à vouloir être si original, part dans tous les sens, et nous perd. Et l'album de François Roca et Fred Bernard, que pourtant j'aime beaucoup habituellement. Mais cette année, avec King Kong, ils ne m'ont pas enthousiasmée. Les tableaux sont beaux, certes, mais on a le sentiment d'être toujours dans la même chose. Quant au texte, il peine à trouver le ton juste. 


RC 2722, David Moitet

Ma lecture de ce roman jeunesse remonte à avant l'été déjà, mais j'ai voulu attendre sa parution pour vous en parler. J'avais découvert David Moitet à travers une duologie précédemment parue chez Didier Jeunesse : Les secrets de Tharanis dont je vous avais parlé par ici. Et encore une fois, j'y ai trouvé les mêmes travers, le gros défaut de cet auteur semblant être la construction des personnages. 

David Moitet signe ici un roman post-apocalyptique assez actuel, puisque la catastrophe ayant ravagé le monde tel que nous le connaissons n'est autre que le réchauffement climatique, auquel s'est ajouté un virus fulgurant. La population française s'est alors réfugiée, pour ceux qui le pouvaient, dans des abris sous-terrains, et c'est là que commence notre histoire. Oliver, qui vit dans un de ses abris, va vite découvrir que la vérité ne semble pas être celle racontée par ses dirigeants, et que peut-être il serait encore possible de survivre à la surface. Il va alors faire la connaissance de la mystérieuse Tché, qui va bouleverser ses convictions. 

Ce roman aurait pu profiter de l'actualité de cette année 2020 pour sa réussite, mais il aurait fallu pour cela qu'il présente plus de qualités. Si j'ai d'abord été amusée de cette résonance avec le virus qui nous a touchés (même si le roman a sans nul doute été écrit bien avant), j'ai finalement eu l'impression que l'auteur nous servait un roman fourre-tout, qui à force d'évoquer trop de sujets à la fois, devenait plein d'idées reçues. Il est question de réchauffement climatique, donc, mais aussi de migrants, du capitalisme effréné... Bref, trop de choses à la fois qui sont survolées, ça en perd son intérêt ! Et puis comme je le disais, j'ai encore une fois été déçue par les personnages : je les ai trouvés mal campés, les relations entre eux sont bâclées (certaines choses viennent trop vite), et les dialogues sont peu naturels. C'est dommage, parce qu'il y a de belles idées dans la création de l'univers, mais le (manque de) travail des personnages vient gâcher tout cela. 

jeudi 10 janvier 2019

Butter, Erin Lange

Ce roman, il me faisait de l'oeil depuis sa sortie... vous savez, comme cette pâtisserie dans la vitrine devant laquelle vous passez tous les jours ? Ahem, ça n'était pas le sujet. Et pourtant... 

Butter, en plus d'être le titre de ce livre, c'est le surnom d'un garçon. A première vue, facile de deviner la raison pour laquelle on l'appelle ainsi : l'adolescent à un "léger" problème de poids. Il pèse 192 kilos. Cependant, son surnom ne provient pas de ça, mais d'une sombre histoire, qui pourrait fort bien ressembler à du harcèlement de la part de ses camarades de lycée. 

Dans ce roman, on suit donc cet adolescent, Butter, et les nœuds au cerveau qu'il se fait à cause de son poids. Peser un tel poids le rend fou, certes, mais quand il est déprimé (ce qui lui arrive fréquemment), il se tourne vers... eh bien oui, vers des chips, du bacon, du sucre, du gras, et tout ce qui peut le faire grossir toujours plus. Bon, cependant, il s'est plus ou moins fait une raison, depuis le banc du fond de la cantine qui lui est réservé, puisque de toute façon il ne tiendrait pas sur une chaise. Mais quand même, il voudrait bien vivre une vie d'adolescent "normal" plutôt que d'être seul et surprotégé par sa mère, qui semble penser qu'il a toujours cinq ans. Et cette vie d'ado normal, il se l'est créée de toutes pièces, en ligne, là où il peut parler avec la délicieuse Anna, la fille la plus belle du lycée, dont il est follement amoureux. Et ça tombe bien, puisqu'elle aussi est follement amoureuse... de son lui virtuel. Un jour, n'y tenant plus, il commet l'irréparable : il annonce en ligne qu'il va se suicider... en faisant une overdose (en direct sur le net) de nourriture.



Dit comme ça, ce roman paraît très noir, triste, dur. Et pourtant, c'est un régal, tout simplement ! Je me permets ces blagues que l'on pourrait trouver déplacées, pour la simple et bonne raison que Butter et Erin Lange se les permettent eux aussi, et sans compter ! Car oui, ce roman est bourré d'humour bien noir et cynique, comme on aime. Et derrière la façade de cet humour, qui est un peu comme la carapace du personnage principal, il y a bien sûr toute une réflexion psychologique. Une réflexion sur l'obésité bien sûr, mais aussi sur le harcèlement, comme évoqué plutôt, et sur la notoriété et les amitiés de façade, comme les adolescents en sont spécialistes. 

Que dire de plus sur ce roman, si ce n'est qu'il m'a fait pleurer. Et un livre qui me fait pleurer, c'est suffisamment rare pour être souligné. Derrière toutes ces réflexions et cet humour, ce livre est un condensé d'émotions tellement fortes et contradictoires, qu'on ne sait pas vraiment quoi en faire. Au fur et à mesure qu'on avance dans le roman, on ne voit pas comment l'auteur pourrait mettre le point final à cette histoire sans nous décevoir, et pourtant l'exercice est réussi avec talent. On sait qu'on va se prendre une déferlante d'émotions en plein cœur, et pourtant on n'est pas assez prêts quand elle arrive. 

J'aime l'humour cynique, alors forcément j'ai adoré lire ce roman. Et l'émotion vers laquelle nous amène ce cynisme en fait un bijou, à découvrir absolument ! 

mercredi 19 décembre 2018

Lectures en bref - Novembre 2018

En ce mois de novembre, j'ai fait le plein d'albums jeunesse. A tel point qu'il serait un peu fastidieux (pour vous autant que pour moi) d'écrire un petit paragraphe sur chaque... Je vous pose donc les couvertures ici, et j'en dirai un peu plus sur certains, en-dessous !



 





De belles lectures, donc, en albums jeunesse. Le géant, la fillette et le dictionnaire, de Jean Leroy et Stéphanie Poulain, m'avait tout de suite attirée par sa belle couverture. Cette beauté se retrouve au fil des pages, à travers des illustrations très travaillées, avec notamment un jeu très intéressant sur les différents plans d'image. C'est une belle histoire tout en simplicité sur l'acceptation de la différence. 
Il neige, de Go Hye-jin, figure dans la sélection de Noël de Télérama. C'est l'histoire d'un ours qui refuse d'hiberner pour profiter de la neige. Un bel album, mais pas un coup de cœur pour autant. J'ai en revanche préféré Une échappée de Bartok Biloba, de Lolita Séchan (la fille de Renaud) : une histoire initiatique vraiment touchante. J'ai aussi adoré La librairie de tous les possibles, de Shinsuke Yoshitake : un petit documentaire pour les amoureux des livres, qui en vante les nombreuses qualités. Un album jeu ensuite : Cache-cache ville fait partie de ces livres vendus avec une loupe rouge, spécialement conçue pour observer les illustrations cachées sous les dessins rouges. On visite une ville, ce qui rend tout d'abord cet album assez banal. Mais en y regardant de plus près, on observe quelques étrangetés... qui, listées à la fin du livre, permet une deuxième lecture qui donne plus de relief ! Enfin, j'ai admiré Dans la forêt, un très beau livre pour les touts-petits, très tendre. 

Ce mois-ci, j'ai aussi lu Timeless de Armand Balthazar. Enfin, j'ai essayé... Ce roman illustré pour ados m'est tombé des mains. Littéralement d'abord : c'est un pavé, avec une couverture rigide, et il est vraiment lourd, ce qui n'en rend pas la lecture pratique. Mais surtout, parce que je l'ai trouvé très mal écrit. Parfois, les illustrations complètent le texte, et on a donc une ellipse dans le texte, mais à d'autres moments, on retrouve ce genre d'ellipses, alors que l'image n'a pas apporté les explications manquantes. Les dialogues sont bien trop littéraires, et on trouve même des fautes de français. Ajoutez à cela que, au bout d'une centaine de pages, l'intrigue ne s'est toujours pas déclenchée... Je n'ai pas eu le courage de terminer ce roman, j'avais clairement l'impression de perdre mon temps.


Je termine sur une note plus positive, avec le deuxième tome de La Boîte à musique, une bande-dessinée dont je vous avais déjà parlé. On retrouve Nola, de retour à Pandorient, pour une nouvelle aventure, et on en apprend un peu plus sur les règles de cet univers parallèle. Pour une fois, sur une série de bandes dessinées, chaque tome contient une histoire à part, à la longueur plutôt satisfaisante, donc on n'est pas frustrés ! Bref, j'adore ces BD, et je vais encore guetter la sortie du troisième tome ! 


lundi 26 novembre 2018

Le trésor de Barracuda, Llanos Campos

Noël se rapproche, et boulot oblige, j'enchaîne les lectures jeunesse pour avoir un max de titres à sortir de ma hotte de libraire tout au long du mois de décembre... Ma collègue m'a donc mis entre les mains ce roman destiné aux jeunes lecteurs : Le trésor de Barracuda, Llanos Campos

Ainsi que le titre le laisse présager, il s'agit d'une histoire de pirates. Barracuda et son équipage sont, depuis des années, à la recherche du trésor de Phileas Krane. Lorsque le grand jour arrive, la bande de pirates tombe sur un vieux coffre au fond duquel repose... un livre ! Eux qui s'attendaient à des bijoux et des pièces d'or à n'en plus finir, ils sont terriblement déçus. D'autant que, vous connaissez des pirates qui savent lire ??! Eh bien en réalité, cela existe. Un des pirates de cet équipage a vaguement appris à lire, et tente tant bien que mal de déchiffrer les Mémoires de Phileas Krane pour les lire à ses compagnons. Voilà donc une bande de pirates qui va apprendre à lire, histoire de passer le temps après cette grande déception. Et ils vont vite se rendre compte que, malgré les apparences, ils sont véritablement tombés sur un trésor... 



Pour une libraire comme moi, cette histoire est forcément intéressante, puisqu'elle fait l'apologie de la lecture. Et pourtant, elle saura plaire aux moins gros lecteurs, puisque, en digne histoire de pirates, c'est bel et bien un livre d'aventures, plein de rebondissements. La malice de Feu-Follet, le narrateur, est aussi pour beaucoup dans la qualité de ce roman. Dès le début, on se laisse embarquer à sa suite, rien que pour savourer son humour. Même si celui-ci a tendance à retomber un peu au milieu de l'intrigue, on continue la lecture sans trop forcer, et on passe assurément un bon moment avec cette bande de pirates si hors du commun. 

Si vous aussi vous préparez Noël, retenez donc bien se livre comme idée cadeaux pour les jeunes lecteurs de votre entourage ! Comme d'habitude, voici le lien pour le commander

Ce livre a été lu dans le cadre de l'édition 2018 du Challenge 1% Rentrée Littéraire

lundi 12 février 2018

Sauveur et fils, saison 4, Marie-Aude Murail

Bon. Comme vous le savez, à la sortie de la saison 1 de Sauveur et fils, j'avais eu un énorme coup de coeur pour ce psychologue hors du commun, ses patients, et ses tentatives de mener à bien sa vie de famille, avec un fils orphelin de mère... Il y a environ un an, la saison 3 sortait, et j'avais compris que la série se clôturerait là-dessus. Du coup, la fin n'était vraiment pas à la hauteur pour moi. Notamment, l'intrigue autour de Sauveur, le psychologue, essayant de refaire sa vie avec Louise, en posant les bases d'une famille recomposée, se finissait un peu en queue de poisson, il n'y avait pas de réelle conclusion. Alors quand j'ai appris la sortie d'une saison 4 (qui est bien la dernière, pour le coup), j'ai été soulagée !

Dans ce dernier tome, on retrouve donc Sauveur, qui se débat entre une bande de garçons pas tous faciles à vivre chez lui (son fils Lazare, qui doit être le plus doux, Gabin un adolescent dont la mère ne peut plus assurer la garde, et Jovo, un ancien combattant qui trouve refuge chez lui plutôt que d'être à la rue), et Louise et ses deux enfants, qui ne savent pas très bien quelle place est la leur dans ce foyer bien étrange. Alice, notamment, la fille adolescente de Louise, déplore un peu d'être la seule fille au milieu de tant de testostérone, même si elle en joue un peu parfois.

En même temps, côté professionnel, Sauveur se demande ce qu'il apporte réellement à ses patients. Où en sont les soeurs Carré, par exemple, dont l'aînée avait fait plusieurs tentatives de suicide, et la cadette se donne le rôle de surveiller les rechutes de sa grande soeur, tout en essayant de profiter de son enfance ? Comment jongler entre le secret professionnel, et le besoin viscéral de Frédérique de retrouver son grand-père (qui n'est autre que Jovo) ? Comment aider Samuel, dont la mère surprotectrice ne veut pas qu'il continue sa thérapie qui met à mal le cocon dans lequel elle voulait enfermer son fils ? Rien n'est simple, mais peu à peu, avec son humour légendaire, Sauveur aide tous ses patients à faire ne serait-ce qu'un tout petit bout de chemin, même si rien n'est acquis, et que la route est encore longue à parcourir.


C'est donc un final tout en douceur que nous offre ici Marie-Aude Murail. Louise et Sauveur savent que, même si la vie qui s'offre à eux ne sera pas tous les jours facile, leur amour en sera la pierre d'angle, et les aidera à surmonter bien des situations. Parce que finalement, c'est un peu ça la vie. On ne sait pas s'il y aura une happy end au bout, et cela importe peu en réalité. Le plus important, c'est de se donner les moyens du bonheur, et de compter sur les petites joies du quotidien pour nous aider à supporter les moments plus douloureux ! Encore un roman très vrai, et une belle leçon de vie offerte par cette auteure géniale !

vendredi 5 janvier 2018

Feu Couleur #1, Jenny Valentine

Pour débuter 2018, j'ai fait la découverte d'une auteure jeunesse qui en réalité me paraît assez incontournable, maintenant que je l'ai lue ! Il s'agit de Jenny Valentine, avec son dernier roman Feu Couleur #1, paru il y a environ un an à L'école des loisirs.

Dans ce bref roman, on fait la connaissance d'Iris, une ado loin d'avoir une vie facile. Elle suit, bon gré mal gré, une mère, Hannah, et un beau-père, Lowell, tous deux alcooliques et en soif de reconnaissance et de célébrité. Complètement centrés chacun sur leur propre image, ils n'ont pas vraiment de temps à accorder à une adolescente pleine de problèmes. Oui, car Iris a pour caractéristique d'être pyromane - simple fait, ou conséquence du manque d'attention de son entourage ? Quoiqu'il en soit, elle aime allumer des feux, entendre le craquement d'une allumette qu'on allume, voir des feuilles, du bois, et autres matériaux être réduits en cendres grâce aux flammes dansantes qui l'hypnotisent. Et comme ses parents ne lui prêtent guère attention, elle s'est trouvée un ami, Thurston : un jeune homme bien mystérieux qui va l'aider à canaliser son art du feu.



Fauchés et sans plus de ressources, Hannah et Lowell décident d'abandonner les rêves de carrière et de gloire qui les avaient poussés aux Etats-Unis, et rentrent en Angleterre, terre natale d'Iris. Où ils apprennent que le père de cette dernière, Ernest, est mourant, et demande à voir sa fille une dernière fois avant de mourir. Hannah et Lowell sautent sur cette occasion, humant la fortune à venir (Ernest étant à la tête d'une immense fortune). Iris, quant à elle, n'a aucune envie d'aller au chevet de cet homme, qui les a abandonnées elle et sa mère lorsqu'elle était enfant... mais on la force à incarner un rôle, afin de récolter le magot.

Seulement, au contact d'Ernest, Iris va être surprise d'éprouver des sentiments pour cet homme qui n'est plus que l'ombre de lui-même, et d'être écoeurée devant le manque de compassion de sa mère et son beau-père, qui ne cachent pas leur appât du gain.

Ce roman est écrit avec brio, et malgré le sujet triste, le ton est loin d'être pesant, bien au contraire. Il y a un quelque chose d'ironique dans les propos et les pensées d'Iris, qui apporte beaucoup de plaisir à la lecture. Et je peux déjà vous dire que la fin, sans vous la dévoiler, redonne encore plus de relief à l'intrigue. Bref, ce roman a un petit quelque chose de jubilatoire !

mercredi 19 juillet 2017

Focus sur... Matthieu Maudet

Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'un auteur-illustrateur jeunesse découvert il y a peu (je suis un peu à la ramasse parfois...), et qui est réellement génial ! Mesdames et messieurs, j'ai nommé... Matthieu Maudet ! Il compte à son actif de nombreux albums cartonnés, à destination des plus jeunes, et qui sont un vrai régal. Des petites histoires aux rebondissements délicieux, dont les chutes font toujours sourire. Et des illustrations aux couleurs vives, et en même temps assez tendres.

J'ai découvert cet auteur-illustrateur avec la parution, en avril, de l'album Le Piège Parfait. Il y est question d'un petit garçon à qui on donne un livre en lui disant d'aller capturer un animal. Au fil des pages, on le voit élaborer des pièges à destination de plusieurs animaux, mais ceux-ci sont tous plus malins que lui. Par dépit, il finit donc par s'asseoir et commencer à s'intéresser au livre qu'il tient entre les mains. Le piège parfait, donc, pour attirer calmement tous les animaux !


Je connaissais déjà également Les orteils n'ont pas de nom, mais sans avoir jamais fait attention aux noms inscrits sur la couverture. Ici, on part du constat posé par le titre, pour ensuite essayer de trouver un nom aux orteils. On essaie plein de choses : le système numérique, alphabétique, les couleurs, les notes... Très drôle donc ! Petite précision : ici, le scénario est de Jean Leroy, comme vous le voyez. 


Ces deux-là n'en sont pas à leur première collaboration. Il y avait également eu Le tout petit fermier. Un fermier que l'on cherche, mais on ne voit que ses animaux. Les pages se tournent, on voit des animaux de plus en petit, et l'enfant s'amuse à se demander quelle taille fera l'animal derrière lequel se cache le fermier. Pour celui-ci, j'étais moins fan, peut-être à cause de la facilité de la chute... 

Je connaissais aussi Un enfant parfait, scénarisé par Michaël Escoffier. Cet album raconte l'histoire de parents qui vont au magasin pour choisir un enfant. Ils se rendent pour cela dans un grand magasin, qui peut faire penser à nos Ikea et autre Conforama... Et les voilà qui trouvent l'enfant parfait ! Ils l'adoptent donc, et sont ravis de cet enfant qui obéit au doigt et à l'oeil, qui se couche sans faire d'histoires, qui mange de tout, qui est sage à l'école... Bref, cet enfant ne pose aucun problème ! Mais tout ne peut pas être si simple... 


Récemment, est également sorti Y a un loup. Un petit oiseau, en train de se promener, tombe nez à nez sur un loup en train de manger tranquillement un sandwich. Affolé, il s'écrit "y a un loup !", et court prévenir ses copains... qui le suivent, pour avertir à leur tour les autres. Jusqu'au moment où l'on réalise qu'ils ne font que tourner autour d'une sorte de cube. Si bien qu'on se doute qu'ils vont finir par retomber sur le loup... 


Enfin, après tout cet aperçu, je dois vous révéler quel est mon album favori parmi cette sélection... Et j'ai nommé J'y vais !. Un album aux illustrations vraiment touchantes, où un petit poussin part annoncer à tous ses proches, que c'est décidé, il y va. Chacun y va de sa recommandation, de son cadeau pour l'équiper... Cela semble donc être un grand départ ! Mais pour quelle destination ? 
Je vous laisse vous procurer l'album (en bibliothèque, ou en librairie bien sûr !) pour le savoir ;) 


jeudi 13 avril 2017

Lectures en bref - Mars 2017

Bonjour à tous ! Bon, ce mois-ci je n'ai pas du tout été régulière sur le blog... Comme j'étais en plein déménagement, ça a occupé une grande partie de mon temps libre, donc je n'ai pas pu aller sur le blog, même si j'avais plein de belles idées d'articles en tête... Du coup, pour le mois de mars, je vais être obligée de faire un rapide bilan des livres lus, et de me contenter seulement de ça ! Il y a une deuxième raison à cela en fait. Même si j'ai lu pas mal de petites choses dont j'avais envie de parler, pendant ce mois de mars, il n'y a pas eu pour moi de gros coup de coeur, de livre qui a vraiment touché quelque chose en moi... Donc un format court de type bilan devrait finalement suffire... 

Sauveur et Fils - Saison 3, Marie-Aude Murail

Bon, pour commencer, j'ai lu le tome 3 de Sauveur et Fils. Depuis le temps que je l'attendais ! Du coup, je l'ai dévoré dès sa sortie. Alors, pour tout vous dire, malgré mon manque de temps, j'ai hésité à vous faire un vrai article pour ce livre. C'est vrai, après tout cette série est un de mes gros coups de coeur de l'année 2016, écrite par une de mes auteures préférées... Et pourtant, ce troisième et dernier tome trouve aussi très bien sa place ici, quoiqu'en première place de mon bilan mensuel. Pendant le roman, on se régale, comme d'habitude. On retrouve toute notre petite galerie de personnages avec émotion, car on sait que c'est pour la dernière fois. Et Marie-Aude Murail parvient très bien à laisser tous les patients de Sauveur vivre leur histoire, tout en ayant en grande partie réglé leurs problèmes. En revanche, sur le plan personnel, Sauveur rencontre des difficultés dans son histoire d'amour avec Louise, et là-dessus, la fin m'a déçue : j'ai trouvé qu'il s'en sortait un peu trop bien par rapport à ce qu'elle ressentait, et finalement je ne trouve pas que les choses se soient réellement réglées pour ces deux-là. 
Mais s'il y a un point qui est magnifiquement bien traité dans ce roman, c'est la question des attentats du 13 novembre. En effet, depuis la fin de la saison 2, on était dans une attente un peu insupportable, puisqu'on savait que Gabin devait se rendre au concert des Eagles of Death Metal le 13 novembre au Bataclan, concert qui évoque forcément en nous beaucoup d'émotions. Et là-dessus, Marie-Aude Murail a fait un coup de maître. Elle retranscrit à la perfection l'ambiance fébrile des personnages en attente de nouvelles, en attente d'informations, en attente de compréhension, ces questionnements qui se bousculent dans les têtes de chacun devant les images violentes, sans que personne ne parvienne réellement à exprimer ce qu'il ressent... Les émotions étaient maîtrisées vraiment à la perfection dans ce passage. Mais un bilan mitigé tout de même pour ce roman, alors que les deux premiers étaient pour moi des coups de coeur. 


L'Atlas des bizarreries

En mars, j'ai également découvert ce bel atlas, destiné à la jeunesse, très bien fait et très ludique. En le feuilletant, petits et grands feront de belles découvertes. Bon, inutile de l'apprendre si vous voulez réviser votre géographie, la superficie des pays, etc. Non, dans cet atlas les informations que l'on trouve sont bien plus anecdotiques. Car c'est finalement de ça qu'est fait cet atlas. Il regroupe les anecdotes les plus étranges sur des coutumes originales, des aliments dont on ne soupçonnerait même pas l'existence, des concours tous plus fous les uns que les autres. Bref, tout est dans le titre : cet atlas nous présente les bizarreries de chaque pays ! A part une ou deux choses dont j'avais déjà entendu parler, j'ai fait plein de découvertes, même si elles sont pour la plupart inutiles... 


Kidnapping au village des crottes de nez, Mrzyk et Moriceau

Ce drôle d'album est en fait la suite de Panique au village des crottes de nez, des mêmes auteurs, qui racontait l'histoire d'un paisible village de crottes de nez qui était un jour complètement chamboulé par la menace d'un doigt approchant... La famille Boulette est ici enlevée par leur ennemi de toujours : un gang de doigts. En fait, ces derniers ont besoin d'eux pour aller chercher leur coupe-ongles... Ils envoient donc les deux enfants de la famille dans un dédale de souterrains où ils rencontrent des tas de bêtes très étranges, aux noms délirants... Bref, j'adore l'humour complètement décalé de cet album ! Au premier abord, les illustrations ne m'avaient pas emballés, mais en fait, elles sont parfaites pour l'histoire et le ton de cet album. Que du bon, donc ! 


Le dimanche des mères, Graham Swift

Quand ce roman est sorti, il m'a tout de suite interpellée. Il raconte l'histoire d'une domestique qui, pendant l'entre-deux guerres, a pour amant le fils du châtelain voisin. Une histoire d'amour interdite, donc, sur cadre historique. Tout pour me plaire ! Mais dans ce roman, on ne voit se dérouler sous nos yeux qu'un seul jour de cette relation amoureuse. Une fois par an, en mars, les domestiques anglais se voyaient accorder une journée de congé pour aller visiter leurs parents. La narratrice est orpheline, elle va donc en profiter pour passer cette journée avec son amant, tout en sachant que ce sera certainement le dernier moment de liberté dont elle pourra profiter avec lui, puisqu'il doit se marier deux semaines plus tard. En fait, la narration se situe bien des années plus tard : la narratrice, âgée et ayant une vie bien remplie, revient sur ce moment qui fut un tournant décisif de sa vie. Elle explique son rapport à l'amour et au pouvoir de la classe dirigeante, et surtout, elle évoque sont amour des mots, elle qui a toujours pioché dans la bibliothèque de ses maîtres, et spécifiquement dans les romans d'aventure, qui étaient alors plutôt destinés aux jeunes hommes qu'aux femmes. Cela donne un beau roman, mais surprenant. On est loin de l'épanchement de sentiments qu'on voit dans certains livres romantiques. Ici, on se laisse porter par une écriture très travaillée et assez tendre. Il est difficile de rentrer dedans, mais le charme lointain de ce livre habite pleinement son lecteur. 


Verte, Marie Desplechin, Magali Le Huche


J'ai également découvert cette bande-dessinée, adaptée du roman du même titre, écrit il y a plusieurs années par Marie Desplechin et publié par L'école des loisirs. J'avais entendu parler de la sortie de ce titre en BD, adaptée par Magali Le Huche. Et si je n'ai pas lu les romans, j'en ai entendu dire beaucoup de bien, donc j'avais hâte de découvrir ce projet ! Et finalement, j'ai été un peu déçue. Pas par l'histoire en elle-même, ni par les illustrations. En effet, on sent une histoire très espiègle, à la fois qui cherche à faire rire, mais en même temps avec un peu d'émotion. Quant aux illustrations, il n'y a pas grand chose à en dire, si ce n'est que Magali Le Huche est une illustratrice formidable ! Les dessins sont plein de cette émotion cachée sous l'humour, le rendu est donc très agréable. Non, ce qui m'a déçue, c'est que ça allait très vite, trop vite à mon goût. On a à peine le temps de rentrer dans l'histoire, qu'elle se résout déjà, et que c'est déjà terminé, ou presque ! On en veut plus ! Je me doute que le roman n'est pas comme ça, donc j'ai bien envie de le lire, pour comparer mes impressions... A suivre ? 


FRNCK, Le début du commencement - Brice Cossu, Olivier Bocquet

Pour ma dernière découverte du mois, je vais encore vous parler d'une bande-dessinée ! Celle-ci a été une vraie récréation, elle m'a beaucoup fait rire ! Il s'agit donc de FRNCK, Le début du commencement. Et je n'ai pas fait de faute de frappe : c'est bien "FRNCK" et non pas "FRANCK"... Je vous explique dans un instant. Franck (puisque c'est quand même le vrai prénom du héros de cette BD) est orphelin, et on comprend assez vite que les familles dans lesquelles il a été placé ne lui correspondaient pas vraiment... Alors qu'un énième couple demande à l'adopter, le jeune homme décide de fuguer, et de partir à la recherche de ses parents, qu'il croit encore vivants. Le jardinier de l'orphelinat lui avoue alors que c'est lui qui l'a recueilli, et il lui explique comment aller à l'endroit où il l'a trouvé. En suivant ses instructions, Franck pénètre dans un parc d'attractions à l'abandon, qui devait figurer la préhistoire. Et c'est alors que, sans comprendre comment, il se retrouve propulsé en pleine prhstr ! Euh pardon, préhistoire. Oui, car lorsqu'il rencontre les hommes préhistoriques, il se rend compte que ces derniers parlent une langue assez proche de la nôtre, à cela près qu'il n'y a pas de voyelles. On se retrouve alors à déchiffrer des bulles où les mots sont privés de voyelles, et on essaie donc de retrouver les mots en question. Pour ma part, ce petit jeu m'a fait rire tout au long de la BD, même si pour certains passages c'était un peu difficile. C'est ce qui fait tout le charme de cette BD justement, en plus de l'humour déjà distillé dans l'histoire. Un vrai bon moment ! Dommage que ça finisse (là encore) assez vite, et qu'il faille attendre la suite, prévue pour août je crois...


jeudi 2 février 2017

Dessine-moi un petit prince, Michel Van Zeveren

Dès que j'ai eu cet album entre les mains, je me suis dit "oooooh, c'est trop mignon !!!!!". C'est vrai, quoi, il est pas trop craquant ce titre, avec le clin d'oeil à notre Petit Prince adoré ?
Alors je l'ai ramené chez moi pour le lire, en prenant un peu plus mon temps. Et effectivement, on retrouve un album très touchant.

Dans la classe des petits moutons, l'un d'entre eux a dessiné un très joli petit prince. L'un de ses copains le regarde avec envie, attirant l'attention de tous ses camarades. Tous vont donc copier cette idée, et dessiner des petits princes. Mais notre premier mouton reste dans son coin, tout déconfit, car lui ne sait pas dessiner... En rentrant chez lui, il demande à sa maman "dessine-moi un petit prince !". Mais sa maman est bien embêtée, car elle non plus ne sait pas dessiner ! Elle décide donc de lui apprendre à dessiner les petites choses qu'on voit : non pas le cheval, mais le caillou au pied du cheval ! Mais encore une fois, lorsqu'il retourne à l'école avec son dessin, tout le monde copie l'idée, et lui n'en a plus. Alors finalement, sur les conseils de sa maman, ce petit mouton va se mettre à dessiner non pas les petites choses qu'on peut voir, mais ce qu'on ne peut pas voir ! Et là, enfin, tous les autres moutons de sa classe vont venir vers lui et admirer cette brillante idée !



En plus d'être trop mignon, cet album a le pouvoir de redonner confiance à des enfants qui ne croient pas en eux. En effet, à la fin de l'album, on trouve reproduit un dessin classique d'enfant, tel qu'on en a tous reçu un un jour : un dessin aux traits hésitants, où on ne sait pas réellement ce qui est représenté, mais qui est indubitablement le plus beau dessin du monde, puisqu'un enfant l'a fait exprès pour nous ! Un bel album, avec un beau message éducatif donc !

mardi 3 janvier 2017

Esther, Sharon McKay

Oh oh... ça fait bien longtemps que je ne me suis pas attelée à la tâche de mettre mon blog à jour... Encore plus longtemps que ce que je pensais ! Alors toutes mes excuses chers lecteurs ! Et sachez que ma résolution, pour 2017, est de me rattraper sur ce point, et d'être plus régulière dans mes chroniques ! Mais avant de parler de 2017, revenons-en un peu à 2016, et aux lectures dont je ne vous ai pas encore parlé ! Oui, car si je n'ai pas tenu mon blog à jour, je ne me suis pas arrêtée de lire pour autant ! Alors ces jours-ci, vous risquez fort de voir défiler les articles !

Commençons avec un roman jeunesse qui me faisait envie par son thème, et que j'ai grandement apprécié ! En fait, j'ai eu envie de le lire après avoir terminé la série L'Anneau de Claddagh, dont je vous avais parlé. Les deux romans se ressemblent un peu : l'histoire d'une jeune fille européenne qui rêve d'indépendance, et qui va se tourner pour cela vers le continent américain. Cependant, les ressemblances s'arrêtent là, en réalité. Sur l'époque, déjà. Car, dans Esther, l'intrigue se déroule environ 100 ans avant les aventures de Keira, l'héroïne de L'Anneau de Claddagh. De plus, le pays dont est originaire la jeune Esther n'est autre que la France, et plus précisément le Pays-Basque, tandis que Keira est irlandaise. Et les contingences sociales sont plus fortes pour Esther, car en plus d'être issue d'une famille appartenant aux couches inférieures de la société, celle-ci est juive, dans un pays catholique, où les juifs étaient déjà très mal vus. Mais la différence principale, qui fait aussi le succès incontesté du livre de Sharon McKay, tient au fait que l'histoire d'Esther Brandeau est inspirée de faits réels. En effet, on a des preuves de l'existence de cette jeune fille et de son aventure incroyable.

Esther Brandeau, donc, est la fille d'un commerçant juif. Seulement, elle apprend adolescente qu'elle est en fait une enfant illégitime, et qu'on doit la marier à un homme qui ne lui plait pas le moins du monde afin de garantir sa réputation. Destin qu'elle refuse, si bien qu'elle fait finalement le choix de tourner le dos à sa famille et ses origines, et de fuir. Mais elle va rencontrer des difficultés grandissantes. Rescapée d'un naufrage par un marin du nom de Philippe, elle se retrouve d'abord servante dans la maison d'une riche courtisane. Celle-ci, remarquant sa beauté et son élégance naturelle, va la prendre sous son aile. Mais quand Esther apprend que son destin, si elle devient courtisane à son tour, sera pire que d'épouser un homme plus âgé qu'elle, elle décide à nouveau de fuir. Afin de survivre et de gagner sa vie, elle décide alors de se travestir. Elle s'engage alors comme marin aux côtés de son ami Philippe, et même si le travail est rude, cette vie semble lui sourire. Jusqu'au jour où mère nature la rattrape, et lui rappelle sa condition de fille... Elle ne peut donc pas s'embarquer pour un long voyage vers l'Amérique, comme c'était prévu, car elle risquerait de se trahir auprès de l'équipage... Elle est donc obligée de quitter Philippe en toute hâte, son seul ami désormais. Et tout ce qu'elle fera ensuite sera dans le but de le retrouver, et de vivre une vie plus libre en Amérique, où les Juifs ne sont pas montrés du doigt et obligés de vivre dans des quartiers isolés. Elle va finalement embarquer pour un bateau en partance pour le Québec, mais là encore, les ennuis l'attendent lorsqu'on découvre que, non seulement ce marin est en réalité une femme, mais en plus qu'elle est juive (les juifs sont alors interdits de séjour au Québec).


Bref, la vie de cette jeune fille est pleine de rebondissements, et faite de tout ce qu'il faut pour nous plaire. Si ces aventures n'ont pas l'air très réjouissantes, on n'est pas non plus dans un roman sombre de bout en bout. En effet, entre l'amitié de Philippe, et la protection constante quoique discrète de la mère de la courtisane chez qui elle a demeuré, Esther est tout de même bien entourée, et a connu des joies simples. Cependant, elle connaîtra aussi son lot de peines et de frayeurs. Et souvent, elle se demande s'il ne lui serait pas plus simple, finalement de retourner en arrière, et de demander à son père de la reprendre sous son aile. Mais ce roman retrace aussi la destinée d'une jeune fille libre, qui déjà en 1735 a tenu tête à son père lorsqu'il lui a demandé d'épouser un homme qu'elle n'avait évidemment pas choisi. Quant à la question du travestissement, il n'y a qu'à relire Shakespeare pour savoir que c'est un élément narratif qui fonctionne à merveille : cela permet d'introduire de l'humour lors de situations quelque peu embarrassantes, de laisser un semblant d'amour s'épanouir entre deux personnages, sans que cela ne devienne trop mièvre pour autant... Ce roman comporte donc bien des ingrédients pour en faire un succès !

Mais je dois dire que l'élément qui m'a le plus plu lors de cette lecture, c'est d'apprendre que tout cela était en fait une histoire vraie ! En effet, des histoires comme celles-ci, Sharon McKay n'est pas la première à en écrire. Bien d'autres auteurs ont pu imaginer cela avant elle, en ayant même plus d'ingéniosité dans les aventures vécues par leurs personnages. Ici, l'intrigue reste relativement simple, car les différents malheurs qui arrivent à Esther se résolvent finalement assez facilement. Mais quand, par une lettre de Bougainville (fictive, semble-t-il malgré tout) nous apprend qu'elle a réellement existé et vécu toutes ces péripéties, le roman qu'on vient de terminer prend soudain beaucoup plus d'ampleur entre nos mais et dans nos coeurs ! Comme quoi, le pouvoir de l'Histoire est peut-être finalement encore plus grand que celui des histoires...


Quoiqu'il en soit, je ne peux que vous recommander ce joli roman, qui nous en apprend un peu plus sur la France de Louis XV, transition entre deux époques que l'on connaît bien mieux. Même si ce roman est avant tout destiné aux adolescents, il est capable de régaler même les plus grands d'entre nous !

samedi 3 décembre 2016

Sauveur et fils saison 2, Marie-Aude Murail

Il y a quelques mois, je vous donnais mon avis sur Sauveur et fils, de Marie-Aude Murail : j'avais eu un énorme coup de coeur pour le dernier roman de cette géniale auteure jeunesse. Et début novembre, tadaaaaam ! La suite est arrivée en librairie !


On retrouve donc tous nos personnages à peu près là où on les avait laissés : au retour des vacances d'été. Sauveur continue à recevoir ses patients dans son cabinet de psy. Lazare a arrêté d'écouter aux portes ! Gabin continue à squatter occasionnellement chez son psy. Et les patients de Sauveur continuent d'avoir des problèmes tous très divers, couvrant ainsi une grande palette psychologique. Au cabinet, certains personnages ont "disparu" (en tous cas, ils ont arrêté leur thérapie), mais on arrive quand même à obtenir des nouvelles d'eux. C'est le cas notamment de Margaux Carré, celle qui a fait une "TS" (tentative de suicide, en jargon psychologique elliptique et euphémisant). Et à l'inverse, on découvre de nouvelles personnes apportant de nouveaux problèmes. Telle cette jeune femme qui se présente sous un faux nom : tantôt Pénéloppe Motin, tantôt Margaux Bagieu (et Sauveur est suffisamment "branché" pour décrypter l'origine de ces pseudonymes !). Et surtout, on retrouve l'histoire d'amour naissante entre Sauveur et Louise (la mère du meilleur ami de son fils) ! Et les difficultés qu'ils rencontrent dans leur tentative de fonder une famille recomposée mais normale... 

Dans cette nouvelle saison, Sauveur a de plus en plus de mal, semble-t-il, à séparer le cabinet de sa VP (vie privée). Premièrement, en raison de son couple fragile avec Louise, qui s'avère elle-même fragile. Deuxièmement, parce qu'on parvient assez vite (et lui aussi) à établir des corrélations entre certains de ses patients et certains événements de sa VP... Seulement, il ne peut en parler à son entourage (à commencer par Louise) : secret médical oblige ! Il garde donc tant bien que mal sa tête froide et son calme rassurant. 

Un deuxième épisode aussi savoureux que le premier ! Marie-Aude Murail entre à nouveau dans certaines difficultés psychologiques rencontrées par les adolescents, mais toujours avec une grande délicatesse, de telle façon que ça ne risque pas de les heurter, mais ça les amène tout de même à réfléchir et à s'interroger sur un tas de sujets différents. Et on retrouve avec plaisir cet humour, parfois bienveillant, parfois presque féroce. Entre Madame Gustavia (souvenez-vous, c'était le hamster qui prenait son bain sur la couverture du premier tome) qui attend à nouveau des bébés (qu'elle a eus avec son fils...), et la joyeuse cacophonie qui règne chez Sauveur et Lazare lorsque leur maison est peuplée par : un couple de parents hésitants, deux garçons déchaînés de huit ans, un ado de dix-sept ans très moqueur, et depuis peu, un SDF dont tous ont eu pitié... Imaginez le bazar ! Et pourtant on ne peut que s'attacher à cette petite famille atypique, qui finalement s'amuse énormément ! 

On attend le dernier épisode avec encore plus d'impatience que pour le deuxième. Dans une interview en avril dernier (au moment de la sortie de la saison 1, Marie-Aude Murail avait annoncé qu'elle souhaitait évoquer le lourd sujet des attentats. Et doucement, on y vient : on apprend dans la saison 2 que Gabin a réussi à obtenir des places de concert pour aller voir le groupe "Eagles of Death Metal" à Paris... Ce nom résonne douloureusement dans nos têtes, on a envie de prévenir Sauveur de ne pas laisser l'adolescent s'y rendre ! Mais il faudra attendre la suite pour en savoir plus. Suspense insoutenable...

Au fait ! Sauveur et fils saison 1 a été désigné Pépite des lecteurs de France Télévision au Salon du livre jeunesse de Montreuil !!! =D

lundi 29 août 2016

Sauveur et fils, Marie-Aude Murail

De retour sur le blog après une loooooongue pause, due notamment à la fin de mon mémoire, et à des vacances d'été très chargées, et sans internet ! Elles ont également été chargées en lecture, alors je vais devoir rattraper mon retard !

L'autre jour, Marie-Aude Murail était sur France Inter, dans une émission intitulée : "La littérature pour enfants est-elle gnangnan ?"... Avec comme invités Marie-Aude Murail, donc, et Timothée de Fombelle (dois-je rappeler à quel point je suis fan de cet auteur ? que j'ai d'ailleurs eu l'occasion de rencontrer en mai !), notamment, la question était purement rhétorique. En littérature jeunesse, il y a tellement de livres dont la réflexion porte beaucoup plus loin que certains livres dits pour adultes ! Loin d'être gnangnan, donc.

Pendant l'émission, Marie-Aude Murail soulignait le fait que ses lecteurs étaient d'abord des ados... mais que beaucoup maintenant sont devenus adultes, et continuent tout de même de suivre ses parutions avec assiduité. Je suis de ceux-là... Alors quand j'ai su que Marie-Aude Murail publiait un nouveau roman, Sauveur et fils, je me suis précipitée en librairie ! Et la lecture de ce livre me permet d'affirmer que je suis toujours aussi fan de cette auteur avec qui j'ai grandi !


Sauveur : c'est le nom d'un psychologue. Jeu de mots ? Marie-Aude Murail le reconnait bien volontiers : elle avait envie d'un roman où un psy s'appellerait Sauveur, alors elle a choisi un héros antillais, à qui le nom semblait aller à merveille. Et des gens, il en sauve dans son métier. Par des blagues pas toujours très drôles, il tente de redonner le sourire à une ado qui se scarifie, il se démène pour ramener un tantinet d'harmonie dans des familles plus désunies les unes que les autres, prend sous on aile le fils geek d'une femme dépressive... Et derrière la porte du cabinet, il y a Lazare, son fils de huit ans, orphelin de mère, qui aimerait en savoir plus sur ses origines. Mais on comprend bien vite que l'histoire familiale est complexe, et Sauveur a d'autres chats à fouetter que les questions de son fils, semble-t-il... Même s'il répond volontiers à ses blagues, instaurant ainsi un petit rituel quotidien.

Dans ce livre, des tas de sujets sont évoqués, toujours avec finesse. Marie-Aude Murail explore avec un talent inchangé la psychologie des enfants et des adolescents, soulevant des questions graves mais avec une légèreté qui rassure. Et malgré cette légèreté, on trouve des réponses réellement convaincantes, et on ne se départit pas de son sourire. Elle parvient - ou du moins, Sauveur parvient - à insuffler une dose salvatrice de bonne humeur dans des quotidiens très difficiles, ou simplement moroses, et c'est ça qui fait du bien dans ce roman. Malgré les petites ou grosses difficultés de la vie, il y a toujours un moyen de retrouver le sourire, notamment dans les choses les plus petites, comme celles qui régissent la vie de Sauveur et de son fils Lazare.


Sur la couverture, on lit "Saison 1". On apprend donc avec plaisir (et Internet le confirme) que cette petite saga aura une suite ! La saison 2 devrait être publiée en octobre, et il y en aura même une troisième !