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mardi 27 juillet 2021

Rêver des îles, Gavin Francis

 Cette année encore, les vacances sont compliquées, alors quoi de mieux que de s'évader par la lecture ? Avec ce récit de voyage, nous embarquons pour les îles, de l'Arctique à l'Antarctique, dont certaines parmi les plus reculées du monde. 

Gavin Francis est un écrivain-voyageur dont la passion est de voyager dans les îles. Il explique cette passion grâce à la racine étymologique du mot île, mêlée à la racine du mot "isoler". Si on aime tant aller sur ces îles lointaines, c'est pour la perspective d'isolement qu'elles promettent. On peut s'y perdre, ou plutôt s'y retrouver, seul au milieu d'une nature aussi sauvage que ressourçante. C'est d'ailleurs pour cela, bien souvent, que l'on s'y rend : pour faire une pause dans un quotidien trop harassant. L'auteur, médecin, confesse avoir besoin de ces pauses bienvenues, dans sa vie si chargée en lien social, pour trouver un équilibre dans sa vie. Ainsi, il a exploré bon nombre d'îles écossaises (étant lui-même écossais), mais aussi des îles aux quatre coins du monde, des îles grecques connues jusqu'aux confins de l'Antarctique, inconnus de nous. Dans ce livre, il ne s'applique pas à nous faire découvrir tous ces paysages, mais plutôt à dresser une typologie des îles. Elles peuvent être îles au trésor, réelles ou fantasmées, ou au contraire îles prison, telle que Saint Hélène pour Napoléon, ou même l'île de Robinson Crusoé. Et même, les trésors qu'on y trouve ne sont pas forcément matériels, mais bien plus souvent, spirituels. 

J'ai pu être frustrée par le manque de découverte de paysages lointains, mais ce vide est vite comblé par la présence de cartes marines anciennes qui agrémentent l'ouvrage, imprimées en couleurs. Ce sont finalement ces reproductions qui nous invitent réellement au voyage. Du côté des réflexions avancées par l'auteur, j'avais peur, au premier abord, de me lancer dans une lecture complexe et quelque peu fastidieuse. Et finalement c'est tout l'inverse qui se produit : la plume est fluide, les réflexions sont suffisamment légères pour nous permettre de parcourir vite ce livre, et de faire ce que le titre propose : rêver des îles. 

Si vous ne pouvez pas partir, vous dépayser cet été, je ne peux que vous conseiller de vous rattraper en vous lançant dans cette lecture, qui vous emmènera bien plus loin que vous ne l'imagineriez ! Je suis même passée à la radio pour évoquer ce livre, sur RMC ! Alors si vous voulez découvrir ma voix, c'est en cliquant ici, à la minute 31 ! Et pour acheter le livre, c'est comme d'habitude, à partir de l'image ci-dessous ! 



mardi 23 juin 2020

L'Erebus, vie, mort et résurrection d'un navire, Michael Palin

Ce livre, je l'avais mis dans ma PAL de confinement, histoire de m'évader alors que nous serions enfermés chez nous... Et finalement, le voyage a duré plus longtemps que prévu ! 

L'Erebus est un navire britannique du 19ème siècle, qui a permis l'exploration à la fois de l'Arctique et de l'Antarctique. Alors qu'il avait connu un destin tragique autour de 1850, son épave a été retrouvée par hasard, en 2014, au Nord du Canada. Michael Palin (un membre des Monthy Python), fasciné par le sujet, s'en est emparé pour retracer l'histoire extraordinaire de ce navire. Dans les années 1830, les britanniques avaient soif de découvertes et d'exploration. Un de leurs buts, notamment, était de trouver ce qu'on appelle aujourd'hui le Passage du Nord-Ouest, pour contourner le continent américain par le Nord. Plusieurs explorations maritimes avaient été lancées en ce sens, jusqu'à ce qu'ils apprennent la possible existence d'un continent Antarctique. Ne voulant pas être doublés par une autre nation, ils ont vite envoyé une mission à la recherche du Pôle Sud magnétique. L'Erebus et le Terror, deux bombardes de guerre, ont été affrétées à cet effet, renforcées pour résister à la glace, et sont donc parties en mission vers le Sud. A leur retour, fortes de leur réussite, elles ont de nouveau été envoyées en mission, au Nord, cette fois, à la recherche de ce fameux Passage du Nord-Ouest. Ce fut malheureusement là, prises dans les glaces, que s'arrêtèrent leurs exploits... 



C'est un beau récit d'exploration que nous sert là Michael Palin, extrêmement bien documenté, et d'une grande précision historique. Au début, cette précision a même failli avoir raison de mon envie de lire cet ouvrage. L'auteur a pris le temps de retracer les histoires humaines qui étaient à l'origine de la construction de L'Erebus, d'expliquer par quelles relations de pouvoir ces expéditions ont été lancées, le passé des hommes été recrutés à cette occasion, les détails techniques de la construction et de l'aménagement des navires... J'ai trouvé ces passages un peu fastidieux, il m'était difficile de retenir certains termes inconnus, propres au domaine de la navigation, et des noms qu'on ne croise qu'assez peu tout au long du livre. Mais le départ de l'expédition donne au texte un nouvel élan, et j'ai pris beaucoup de plaisir à lire les aventures de ces marins explorateurs. On imagine aisément les paysages désolés qu'ils ont traversés, les conditions rudes de leurs voyages, et la curiosité est grande de savoir jusqu'où ils sont allés, et ce qu'ils ont découvert. 



L'auteur a su donner vie aux documents historiques, pour nous rendre ces voyages passionnants. Pour la première moitié du livre, il s'est basé principalement sur les journaux de bord de l'expédition antarctique, qu'il a croisés avec ses propres souvenirs de voyage. En effet, il est également l'auteur de plusieurs reportages de voyage, et notamment un où il a pu mettre ses pas dans les traces des marins de L'Erebus : Du pôle Nord au pôle Sud. Pour la suite, et notamment pour la dernière expédition de L'Erebus et du Terror, dans le cercle polaire arctique, le travail de documentation est encore plus important, puisqu'il a fallu recouper nombre de récits, lettres, et autres documents. En effet, les équipages envoyés en 1845 ayant entièrement disparu, certainement morts dans les glaces entre 1846 et 1850, on ne devine leur destin qu'à travers des récits d'autres explorateurs partis à leur recherche, et grâce aux reliques du voyage régulièrement retrouvées au fil des siècles. A travers la grande variété de sources citées dans ce récit, j'ai découvert à quel point cette expédition à la fin tragique, dont je n'avais jusqu'alors jamais entendu parler, semblait importante dans l'histoire britannique. En effet, le sort de ces hommes a préoccupé leurs concitoyens des décennies durant, et jusqu'à récemment, des historiens se sont penchés sur la question, essayant de déterminer les trajectoires précises empruntées, la cause réelle de la mort de ces hommes... Plusieurs monuments ont été érigés en leur souvenir, montrant ainsi l'importance de ce récit. En plus de cela, Michael Palin a parfaitement su décrire les comportements de ces explorateurs, notamment lors de l'expédition en Antarctique, sans jamais porter un jugement négatif qui serait altéré par notre vision moderne. En effet, ils étaient loin d'avoir, vis-à-vis des continents et animaux qu'ils découvraient, la même conscience écologique que nous. Mais l'auteur nous rappelle avec philosophie l'importance du contexte, et nous donne le recul nécessaire pour ne pas porter de jugement hâtif, même si on ne cautionne pas leur frénésie à chasser les espèces découvertes, par exemple. 

C'était donc un véritable plaisir de suivre ces aventures, racontées de façon si intelligente. Ce n'est pas un livre qui se dévore, il m'a fallu plusieurs semaines pour en venir à bout, mais j'ai beaucoup aimé cette lecture malgré tout ! 

Idéal pour se rafraîchir cet été, n'hésitez pas à vous plonger à votre tour dans ce beau récit de voyage, que vous pouvez vous procurer en cliquant sur l'image ci-dessous ! 


lundi 22 juillet 2019

Rimbaud Warriors, Richard Gaitet

J'ai eu l'occasion de lire ce livre grâce à la dernière opération Masse Critique de Babelio, qui proposait des livres de non-fiction. Arthur Rimbaud est un des auteurs étudiés lors de ma scolarité que j'aime beaucoup, et cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de récit de voyage, alors que c'est un genre que j'affectionne. 

Dans ce récit, on part donc à la suite des "Rimbaud Warriors", comme le titre l'indique. L'auteur, Richard Gaitet, décide, un peu sur un coup de tête, avec une bande d'amis aussi gentiment fous que lui de partir sur les traces du jeune poète, de suivre le chemin de sa deuxième fugue. En effet, Rimbaud était connu pour avoir fui le domicile familial à plusieurs reprises, je pense que tous ceux qui l'ont étudié à l'école auront retenu cet aspect de sa vie. Certains de ses poèmes les plus connus ont d'ailleurs été composés lors d'une escapade de Charleville-Mézières, son lieu de résidence, jusqu'à Charleroi. On peut comprendre, dès lors, la tentation de revenir sur ces lieux de chargés d'une atmosphère créatrice, de mettre les pieds dans ceux du poète afin de mieux s'imprégner de l'état d'esprit qui devait l'habiter alors. L'épopée de ces marcheurs a été aussi motivée par leur fascination curieuse pour le nombre 111 (ils sont d'ailleurs derrière un prix littéraire des plus originaux, mais que je trouve plutôt intéressant : le prix de la page 111). Après avoir calculé, de façon plutôt hasardeuse visiblement, que le trajet emprunté par Rimbaud faisait pile 111km, le doute n'était plus possible, ils devaient se lancer dans cette aventure, et parcourir, à pied, le tracé de cette fugue. 


Ce pari un peu fou prend assez vite la tournure d'une aventure plus ardue que prévue. En effet, on peut facilement s'amuser devant le peu de préparation de ces marcheurs plutôt inexpérimentés, de leur naïveté peut-être très citadine. Les kilomètres à parcourir, qu'ils pensaient pouvoir avaler aisément, vont s'avérer représenter un véritable challenge pour certains. Dès lors, les pauses qu'ils font pour se ménager sont prétextes à autant de digressions sur la vie du poète, sur le thème de la fugue dans la vie de ces "warriors". Leurs étapes, quant à elles, sont l'occasion de rencontrer des personnages hauts en couleurs pour certains, qui amusent le lecteur, ce qui est très certainement le but recherché dans la façon de raconter ces anecdotes. Mais en creusant un peu ce vernis de désinvolture, c'est aussi la population d'une région un peu sinistrée que nous découvrons, qui reste malgré tout très attachée à ce territoire ardennais. En filigrane, une part de la vie de Rimbaud nous est dévoilée, et c'est un plaisir d'en apprendre plus sur ce personnage assez intrigant. Quant au plaisir de retrouver ses vers, parsemés et parfois réinterprétés dans le texte, il est assez régressif. 

C'est donc une lecture plutôt légère, mais qui nous enrichit finalement bien plus que ce qu'on ne pense. Difficile de ne pas tomber sous le charme de cette petite fugue, écrite sur un mode badin, qui rend cette lecture bien plaisante. 

Je ne peux que vous conseiller ce livre, qui saura d'ailleurs parfaitement vous accompagner sur la route des vacances. Alors si vous voulez vous le procurer, n'hésitez pas à cliquer sur l'image ci-dessous ! 

 Acheter ce livre

mardi 28 mars 2017

En suivant la mer, Marie-Magdeleine Lessana

Encore un livre que j'avais envie de lire depuis un moment. En effet, la promesse me tentait bien ! L'auteure a fait le tour des côtes françaises, et en parle dans ce récit, évoquant à la fois les lieux traversés et les personnes rencontrées. D'autant que ce livre est publié chez un éditeur que j'aime beaucoup : Paulsen. Et pourtant, grosse déception !

Au début, tout semble concorder avec ce qu'annonce le résumé. L'auteure commence son tour des plages par le Nord, accompagnée d'une amie photographe. On ouvre donc ce singulier récit de voyage sur de belles descriptions, des considérations pratiques, des égarements de la pensée... Et cela semble donc parti pour plaire, vraiment ! 

Jusqu'à ce que viennent les considérations idéologiques... En effet, très vite, l'auteure établit une discussion entre les villes côtières populaires, pleine de vie où tout se déroule à merveille, et où les tranches de vie des personnes rencontrées paraissent merveilleuses ; et les villes balnéaires bourgeoises, qui lui paraissent ternes et mortes, où les gens croisés lui paraissent fades et sans aucun intérêt. Elle ne prend donc même pas la peine de s'arrêter dans certains endroits, où pourtant, si on s'y attarde un peu, on s'apercevrait qu'il est bien facile et léger de réduire le monde à ce simple clivage entre populaire et bourgeois. D'autant que Marie-Magdeleine Lessana affirme clairement son appartenance, ou du moins sa proximité avec la classe populaire. Mais est-ce bien vrai ? En effet, quand on a les moyens de manger au restaurant et dormir à l'hôtel tous les soirs ou presque, en plein été (donc la période où les tarifs des restaurateurs et hôteliers sont les plus élevés), n'est-on pas un peu bourgeois ? Quand on a des amis qui ont des maisons qui sur une île bretonne, qui à Biarritz, ou à l'île de Ré, n'est-on pas un tant soit peu proche d'une classe bien plus bourgeoise que populaire ? Le privilège de s'acheter des vêtements Armor Lux sur un coup de tête, est-il réellement accessible à une classe populaire, qui - l'auteure le dit elle-même - n'a pas les moyens de s'embarrasser de dépenses inutiles ? Et surtout, quand on possède soi-même une résidence secondaire sur la presqu'île de Ghiens, je crois pouvoir dire qu'on est bourgeois. Pas forcément très riche, mais tout de même plus que la classe populaire. Bref, comme vous le comprenez certainement à travers mes propos, cette distinction, égrenée telle un chapelet tout au long du récit, m'a énervée. Je ne pense pas que de séparer ainsi la société, et plus encore les touristes, soit utile. 



Et cette manie de se détourner des lieux "bourgeois" donc, ne m'a pas davantage plu. Certes, il existe parmi les touristes plusieurs classes de personnes, dont certaines ont plus moyens que d'autres, et donc s'offrent plus de petits plaisirs que d'autres. Mais est-ce parce qu'on offre une bouée à ses enfants qu'on n'est pas capable d'apprécier des plaisirs simples ? Comme celui, par exemple, de se laisser réchauffer par le soleil, tandis qu'on observe lesdits enfants s'ébattre avec joie dans l'eau toute proche... Est-ce parce qu'on possède une maison à tel ou tel endroit qu'on ne saurait pas apprécier la marche le long des côtes ? Est-ce parce qu'on gagne plus d'argent que d'autres qu'on saurait s'amuser moins qu'eux ? 

Peut-être aussi ai-je été énervée parce que Marie-Magdeleine Lessana a porté un avis plutôt négatif sur l'Île de Ré, que j'aime à appeler "mon île". Après y avoir passé moins de 48h, elle expédie sa visite en décrétant que l'île est trop pleine de bourgeois et donc pas assez pleine de vie... Hum. Permettez-moi de douter. Est-ce vraiment en ayant fait deux allers-retours en voiture sur cette île aux multiples paysages, où presque tout le monde ne se déplace qu'à pied ou en vélo, qu'on peut tirer une leçon aussi hâtive ? Quoi qu'il en soit, c'est ce que je déplore dans ce récit : qu'il tire ainsi des leçons hâtives de lieux et de personnes qui mériteraient d'être jugés avec plus d'attention et de recul. 

Et si toutes ces considérations gâchées par une idéologie à laquelle je n'adhère pas ont gâché ma lecture, le style ne l'a en rien rattrapée. C'est plat, sauf aux endroits où l'auteure tente de faire des effets de style, qui se transforment en fait bien vite en envolées lyriques quasi ridicules. 

lundi 4 avril 2016

Jungle, Miguel Bonnefoy

Jungle, c'est un récit de voyage. Je ne lis pas souvent ce genre de livres (jamais ?) : non pas que je n'aime pas le genre, mais disons qu'au milieu de tout ce que j'ai envie de lire, ça n'est pas ce que je fais passer en priorité... Mais là, c'est un récit de voyage, certes, mais écrit par Miguel Bonnefoy (je vous en avais déjà parlé au sujet de son premier roman, ici). 

Pour la petite histoire, j'ai failli le recevoir gratuitement grâce à Babelio, mais à la place, j'ai eu Dialogue avec le lecteur, d'un certain Henri Granger. Malgré le titre attrayant, je vous déconseille très fortement cet ouvrage. Si vous tombez dessus en librairie, ne l'achetez pas ! C'est rare que je dise ça, mais là vraiment, c'est un gros coup de gueule. Je ne développe pas ici, je l'ai déjà fait , sur Babelio (mon pseudo : blamblinou). J'ai finalement du acheter Jungle, car après avoir lu quelques critiques, j'avais réellement envie de me plonger dedans !

Revenons-en donc à des propos plus positifs... Et avec le livre de Miguel Bonnefoy, rien de plus facile ! L'auteur est franco-vénézuélien, et c'est certainement pour cette raison qu'on (à savoir les éditions Paulsen, qui si j'ai bien compris proposent souvent des voyages à des auteurs pour qu'ils écrivent un livre) lui a proposé un voyage un peu fou... Il a pris part à une expédition d'une quinzaine de jours dans la jungle vénézuélienne, expédition durant laquelle il a gravi l'Auyantepuy, ou la montagne du Diable, puis l'a redescendu en rappel (le long d'une cascade). Lui qui n'avait jamais fait de rappel auparavant, il s'est ici attaqué au plus grand rappel du monde : près de 1000 mètres ! Vu les photos qu'on en trouve sur internet, et les infos, on imagine la peur qui a pu le saisir avant de se lancer dans le vide... 



Pour en revenir au livre en lui-même, il faut dire que c'est une lecture magnifique ! Il n'est pas très long, et se lit assez vite, mais on passe un moment superbe. Grâce à la plume si poétique et à la fois si simple de Miguel Bonnefoy, on se retrouve soi-même plongé au coeur de la jungle luxuriante. Je l'avais déjà remarqué dans son roman Le Voyage d'Octavio : cet auteur sait parler de la nature avec une finesse à couper le souffle. Il arrive à retranscrire la simplicité avec laquelle la nature nous entoure, et en même temps, toute sa profondeur et son pouvoir. Il a du se sentir tout petit, enfant avide de découvertes, au sein de ces paysages, et on le ressent réellement à travers son écriture. 

Le livre est pour beaucoup composé de descriptions de paysages. Et ces paysages, on a l'impression de les voir, d'y être. En lisant ce livre, j'ai eu la sensation d'être un petit oiseau accroché sur l'épaule de Miguel Bonnefoy, et de profiter de la beauté de son pays. Et au milieu de cette beauté, l'auteur ne nous cache rien des difficultés du voyage. Il nous parle avec délectation de son enthousiasme face à cette beauté naturelle, mais il nous en évoque aussi les mauvais moments : sa peur du saut en rappel, sa mauvaise humeur lors d'une journée de traversée de marécages... On apprend également un tas de choses sur les moeurs des autochtones qui les accompagnent dans cette aventure. 

En reposant ce livre, on a la sensation d'avoir réellement voyagé. On a pu ressentir le caractère un peu oppressant de la jungle, la sensation de vertige au sommet de la montagne, le soulagement et la fierté à la fin de l'expédition... Plus qu'un récit de voyage, c'est une véritable aventure humaine qui, même si on ne la vit qu'à travers le papier, nous rappelle que, malgré tous les livres et toutes les informations auxquels nous avons accès, nous ne savons rien du monde dans lequel nous vivons, et finalement nous ne sommes que de toutes petites parties d'un monde dont nous ignorons même la variété des pièces... 



Une belle leçon de vie, un magnifique voyage donc... Comme quoi les récits de voyage valent vraiment le détour ! Note à moi-même : je devrais en lire plus souvent !