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mardi 29 juin 2021

L'antindote mortel tome , Cassandre Lambert

 Cela faisait un moment que je n'avais pas lu de roman de chez Didier Jeunesse, et pourtant j'aime toujours autant cette maison d'édition. Je me suis rattrapée avec ce roman dont on a pas mal parlé sur les réseaux sociaux, et ça valait le détour, même si j'en ressors un peu déçue... 

Whisper est la princesse héritière dans un royaume dont on découvre peu à peu l'autoritarisme. Elle n'en soupçonne rien, même si le comportement de son père, le roi, à son égard, l'agace par le peu de libertés qu'il lui octroie. Quant à sa mère, la reine, elle est mourante, affaiblie par une maladie inconnue depuis des années, vraisemblablement depuis qu'elle lui a donné naissance. Le jour où son père la promet en mariage à un sombre inconnu contre son gré, elle décide de s'enfuir, à l'assaut du monde extérieur, qu'elle n'a pas vu depuis des années. Cachée sous une fausse identité, elle y fera des rencontres qui vont changer son destin à tout jamais, mais qui risquent aussi de la mettre en danger. Ainsi, sa nouvelle amie Eden, orpheline à cause de la famille royale, s'est donné comme mission de tuer la princesse, alors qu'elle ignore tout de l'identité réelle de sa compagne de route. Ensemble, elles font la rencontre de Jadis, un jeune homme qui manque de confiance en lui, élevé par son oncle et sa tante. Il est sur les routes lui aussi, en direction de la capitale, car sa tante lui a remis un antidote capable de sauver la reine, et alors que le roi a lancé un appel à la population pour guérir son épouse, il est envoyé tenter sa chance, avec comme autre consigne de découvrir qui il est. 

Sous couvert de dystopie et de magie, c'est donc surtout un roman initiatique auquel nous avons affaire ici. Amitié impossible, sentiments naissants, découverte de soi, des ses forces insoupçonnées comme de ses faiblesses, voilà ce qui attend nos trois héros. C'est donc la promesse de beaux moments de lecture, enrichissants pour les adolescents. Pourtant, j'en ressors avec une opinion très partagée. L'intrigue est de qualité, riche en rebondissements, et j'attends avec impatience le second tome, qui arrive en septembre, pour connaître la suite de ces aventures. Mais ce premier roman souffre de défauts qui gâchent le plaisir de lecture. 

Le premier de ces défauts est la gestion de la temporalité. Les événements semblent se dérouler sur une durée assez restreinte, en quelques jours, une ou deux semaines tout au plus. Et pourtant, le comportement des personnages ne colle pas avec cette temporalité. Le meilleur exemple dont je peux vous parler est la rencontre entre Eden et Whisper. La première sauve la seconde, elles s'enfuient ensemble d'une ville où elles sont recherchées. Et dès le lendemain, alors qu'on ne les a pas vues échanger beaucoup de paroles, Whisper considère Eden comme sa meilleure amie, et cette dernière semble pouvoir deviner les pensées de sa camarade, comme si elle la connaissait de longue date. Un autre exemple, tout aussi invraisemblable, intervient à la fin du roman, mais je ne peux vous en dire plus sans dévoiler l'intrigue. De la même façon, quelques éléments de la construction de cet univers de fantasy sont mal gérés. On est dans un univers qui s'approche de la fantasy médiévale, et pourtant, la reine est maintenue en vie grâce à des appareils électroniques... Certes, l'autrice insère dans son récit des remarques sur cette technologie tombée en désuétude pour le mal qu'elle apporte, mais il m'a semblé que cela ressemblait davantage à une facilité d'écriture... Il aurait été plus logique, je crois, de dire qu'elle était maintenue en vie grâce à des enchantements, ou des potions, etc. 

Ces points sembleront pour beaucoup relever du détail, et n'ont pas gêné beaucoup de lecteurs je crois. J'espère donc qu'ils ne vous gêneront pas si vous tentez de lire cette duologie ! En tant que grande lectrice, je suis déçue, car cette série prometteuse passe donc au second rang à cause de ces défauts... 
N'hésitez pas, cependant, à lire ce qui semble être le roman jeunesse fantasy du moment, il plaira à beaucoup ! Sur le lien de l'image ci-dessous, vous pouvez vous procurer le tome 1, et d'ores et déjà précommander le tome 2 !


Un roman lu grâce à Netgalley, que je remercie.




 

jeudi 8 octobre 2020

Le jeu d'Hiroki, Eric Senabre

Vous l'aurez déjà certainement remarqué pour ceux qui suivent ce blog assidûment : j'aime beaucoup les éditions Didier Jeunesse. Aujourd'hui, je vous parle d'un roman lu avant l'été, mais dont la parution a été repoussée, comme beaucoup, en septembre, à cause du confinement. Le jeu d'Hiroki, d'Eric Senabre, est un roman qui saura séduire les jeunes lecteurs. En librairie, on nous demande souvent de l'aide pour trouver un roman qui plairait à un jeune fan de jeux vidéo : celui-ci est le conseil parfait !  

Se plonger dans un jeu vidéo au point que celui-ci devienne réalité, quel enfant n'en rêve pas ? C'est ce qui arrive au héros de ce roman, Hiroki. Ce dernier vit seul avec son père depuis le décès de sa maman. Pour ces deux-là, s'habituer à leur nouvelle vie n'est pas facile, puisqu'ils ont été en plus contraints de quitter leur logement dans Tokyo. Pendant les vacances, son père propose à Hiroki de prendre ses marques en déballant les cartons qui l'intéressent. Parmi celui-ci, figure forcément celui des jeux vidéo ! A cette occasion, le jeune garçon tombe par hasard sur une vieille console ayant appartenu à son père, et à un jeu qu'il ne connaît pas mais qui l'intrigue beaucoup. Selon son père, le jeu ne fonctionne pas puisque le serveur a disparu depuis longtemps. Et pourtant, contre toute attente, Hiroki parvient à le lancer ! Mais sa surprise est encore plus grande lorsque, dans le jeu, un personnage l'apostrophe en utilisant son prénom (qu'il n'a pourtant pas renseigné, puisqu'il utilise une partie créée son père adolescent...). Tout cela lui semble bien étrange, si bien qu'il n'hésite pas à entraîner sa voisine Emiko dans la résolution de ce mystère.

A cette intrigue s'ajoute une belle exploration des liens familiaux. Hiroki et son père doivent reconstruire leur vie après le décès de la mère et épouse, ils se redécouvrent l'un l'autre. Emiko, la voisine, du même âge qu'Hiroki, de son côté, vit seule avec sa mère, depuis peu également. Il est touchant de voir des personnages de parents hésitants, avec leurs fragilités, dans une belle relation de confiance et de complicité avec leurs enfants. L'oncle d'Hiroki, un homme très mystérieux, vient donner du piquant à cette galerie de personnages.

Mêlant fantastique et enquête, avec un petit supplément d'émotions, ce petit roman a de quoi séduire ! Et pourtant, la magie n'a pas réellement opéré sur moi. J'ai bien aimé, je ne prétends pas le contraire, mais il manque à cette lecture ce petit quelque chose qui la rendrait inoubliable. Je voulais tout de même vous en parler car, par sa facilité, il me semble assez accrocheur pour des jeunes qui ne sont pas forcément passionnés de lecture, donc il est assez facile à recommander ou à offrir. Pour autant, ce n'est pas vraiment un coup de coeur, pas de ces romans qui restent longtemps en tête une fois refermés. Un petit bémol également pour la fin, qui manque de développement à mon sens. Sans en dire trop : les enfants tombent sur la clé de l'énigme, puis une ellipse temporelle permet d'avancer dans le temps, et on nous donne les explications a posteriori. Décidément, c'est une construction qui me déçoit. 


Un bilan mitigé, mais un roman qui sera idéal à proposer à de jeunes lecteurs curieux, mais qui peinent à trouver leur bonheur en lecture. Pour vous le procurer, n'hésitez pas à cliquer sur l'image ci-dessous !


Vous pourrez également retrouver mon avis dans le prochain numéro de la revue Page des libraires !


lundi 5 octobre 2020

Lectures en bref - Septembre 2020

Septembre a été pour moi une période particulière, très chargée et chamboulée sur le plan personnel. Forcément, cela se ressent au niveau de mes lectures. J'ai "seulement" lu deux romans ce mois-ci, un de la rentrée littéraire : Héritage, de Miguel Bonnefoy et un roman jeunesse à paraître cette semaine : Burn, de Patrick Ness. Je vous en reparlerai dans des articles dédiés. En revanche, j'ai fait la part belle aux albums, cela faisait longtemps ! Je vous en présente quelques uns rapidement dans cette page. Et je prends le temps aussi de vous parler d'un roman lu avant l'été, mais paru ce mois-ci, auquel je n'ai pas accroché malgré ses belles promesses. 

Avant cela, le point sur les articles publiés en septembre. Le plus vu, ce beau roman de Deb Caletti, A en perdre haleine. Le moins vu, qui pourtant me tenait davantage à coeur, Phalaina, d'Alice Brière-Haquet, que j'ai également chroniqué pour le magazine Page des libraires. Vous les retrouverez en cliquant sur les photos ! 



Quelques albums...

Le plus gros coup de cœur de ce mois, c'est sans aucun doute Le dernier des loups, dont je vous ai déjà parlé dans un précédent article

Sur Instagram, j'en ai déjà présenté quelques uns. Un trésor d'imagination, avec C'est mon élastique, de Shinsuke Yoshitake : un album qui rappelle l'inventivité des enfants dès lors qu'ils trouvent un objet fétiche. Un autre qui a pas mal circulé sur les réseaux : Le bon coin d'Alexandra Pichard, où il est question d'un ornithologue en mal de canard... Si l'hiver arrive, dis-lui que je ne suis pas là de Simona Ciraolo, un album sur les plaisirs de chaque saison, idéal pour aider à accepter l'hiver qui arrive.





Quelques belles découvertes :  un nouveau livre-jeu de Delphine Chedru, 99 tomates et une patate, Mon petit coin de paradis, de Barroux, le dernier Olivier Tallec, Un peu beaucoup, et Entre toi et moi de Catherine Gueguen et Reza Davland. Je parlerai plus longuement de ces albums, toujours sur Instagram. 

                            

Deux déceptions, aussi, avec le dernier Marc Boutavant : L'affaire des cookies disparus. Un abécédaire qui, à vouloir être si original, part dans tous les sens, et nous perd. Et l'album de François Roca et Fred Bernard, que pourtant j'aime beaucoup habituellement. Mais cette année, avec King Kong, ils ne m'ont pas enthousiasmée. Les tableaux sont beaux, certes, mais on a le sentiment d'être toujours dans la même chose. Quant au texte, il peine à trouver le ton juste. 


RC 2722, David Moitet

Ma lecture de ce roman jeunesse remonte à avant l'été déjà, mais j'ai voulu attendre sa parution pour vous en parler. J'avais découvert David Moitet à travers une duologie précédemment parue chez Didier Jeunesse : Les secrets de Tharanis dont je vous avais parlé par ici. Et encore une fois, j'y ai trouvé les mêmes travers, le gros défaut de cet auteur semblant être la construction des personnages. 

David Moitet signe ici un roman post-apocalyptique assez actuel, puisque la catastrophe ayant ravagé le monde tel que nous le connaissons n'est autre que le réchauffement climatique, auquel s'est ajouté un virus fulgurant. La population française s'est alors réfugiée, pour ceux qui le pouvaient, dans des abris sous-terrains, et c'est là que commence notre histoire. Oliver, qui vit dans un de ses abris, va vite découvrir que la vérité ne semble pas être celle racontée par ses dirigeants, et que peut-être il serait encore possible de survivre à la surface. Il va alors faire la connaissance de la mystérieuse Tché, qui va bouleverser ses convictions. 

Ce roman aurait pu profiter de l'actualité de cette année 2020 pour sa réussite, mais il aurait fallu pour cela qu'il présente plus de qualités. Si j'ai d'abord été amusée de cette résonance avec le virus qui nous a touchés (même si le roman a sans nul doute été écrit bien avant), j'ai finalement eu l'impression que l'auteur nous servait un roman fourre-tout, qui à force d'évoquer trop de sujets à la fois, devenait plein d'idées reçues. Il est question de réchauffement climatique, donc, mais aussi de migrants, du capitalisme effréné... Bref, trop de choses à la fois qui sont survolées, ça en perd son intérêt ! Et puis comme je le disais, j'ai encore une fois été déçue par les personnages : je les ai trouvés mal campés, les relations entre eux sont bâclées (certaines choses viennent trop vite), et les dialogues sont peu naturels. C'est dommage, parce qu'il y a de belles idées dans la création de l'univers, mais le (manque de) travail des personnages vient gâcher tout cela. 

jeudi 9 avril 2020

Deux fleurs en hiver, Delphine Pessin

J'aime beaucoup les petits romans de chez Didier Jeunesse. Vifs, touchants et percutants, ils font du bien et m'ont bien souvent permis de très belles découvertes. Deux fleurs en hiver, le dernier roman de Delphine Pessin, que j'ai pu lire grâce à Netgalley, ne fait pas exception à la règle. 

Au moment de choisir son stage en service à la personne, Capucine se tourne spontanément vers l'EHPAD, quand tous ses camarades ont préféré travailler dans le secteur de la petite enfance. Mais pour elle, travailler avec des enfants est inimaginable, alors que, on va le voir dans ce roman, le contact des personnes âgées lui permet de s'épanouir. Elle apprend très vite à aimer ce monde si particulier, qui en intimide plus d'un. Et notamment, elle va se lier d'amitié avec une résidente fraîchement arrivée, Violette, qui semble souffrir d'avoir été ainsi reléguée en maison de retraite. Très vite, ces deux femmes, la toute jeune et la vieille femme, vont se retrouver liées par leurs secrets respectifs. Violette cache son passé derrière une façade de mauvaise humeur, et sa perte d'appétit, tandis que Capucine attire volontairement les regards sur ses perruques colorées, qu'elle change en fonction de son humeur. Et forcément, on se demande très vite ce qui se cache en-dessous


Ce roman se lit très vite, mais au fil de ces pages, l'autrice a su aborder toute une variété de sujets, et livrer une intrigue parfaitement ficelée. Les personnages sont attachants : on devine aisément que ce qu'ils laissent paraître n'est qu'une façade, et qu'ils sont en réalité bien plus fragiles qu'ils ne veulent bien le laisser croire. Il y a la bonne dose de secrets pour nous donner envie d'aller au bout de cette lecture, l'émotion est au rendez-vous, qu'elle soit heureuse ou qu'elle nous serre le cœur, et la trame de ce roman amène des réflexions et des questionnements intéressants. L'alternance des points de vue, entre Capucine et Violette, apporte un rythme prenant à la lecture. Bref, je ne trouve pas grand chose à redire à ce texte ! 

Il s'avère d'ailleurs être plus complexe qu'il n'y paraît. Au début, devant la facilité de la lecture, je l'ai cru destiné à un jeune public, mais en réalité, les thèmes abordés peuvent être assez complexes, aussi il touchera mieux des adolescents plus âgés, même les moins lecteurs. J'ai beaucoup aimé, c'est rafraîchissant, c'est une lecture qui fait du bien, même si ce livre ne fait pas forcément partie de ceux dont on se souvient pendant longtemps. 

Si vous voulez à votre tour vous plonger dans cette lecture facile et rafraîchissante, n'hésitez pas, vous pouvez en quelques clics vous procurer le livre numérique à partir de l'image ci-dessous, en attendant la réouverture des librairies. 




mardi 6 août 2019

Lectures en bref - Juillet 2019

Ce mois-ci, j'ai chroniqué à peu près tous les livres que j'ai lus, sauf deux (plus quelques autres pour lesquels mes chroniques ont un peu de retard, oups...). Deux courts romans Didier Jeunesse, que j'ai pu lire grâce à NetGalley. Leur lecture a été plutôt rapide, et j'avoue avoir relativement peu à en dire, mais je voulais tout de même prendre le temps d'en parler pour souligner leur qualité, l'occasion aussi de proposer des lectures aux plus jeunes, ceux qui commencent à lire des romans par eux-mêmes.

L'agence Pendergast, tome 1, Christophe Lambert 


Dans ce petit roman, on suit Sean Donovan, un jeune pickpocket dans les rues de New-York. Cependant, on sent bien que cette activité ne lui convient pas vraiment comme mode de vie. Le roman démarre très vite, avec une folle course poursuite, qui va mener Sean vers une nouvelle vie. Il est en effet recruté par une agence secrète et bien mystérieuse, qui oeuvre en souterrain. Alors qu'il rencontre des personnes étrangement bienveillantes, ce sont tout un tas de nouvelles possibilités qui s'offrent à lui. 

Je me suis laissée embarquer facilement par le rythme de ce roman plein d'action. J'ai trouvé que les choses étaient prévisibles et peut-être trop faciles par moments, mais je pense que ce petit roman saura sans mal séduire son public, puisqu'il est destiné à de jeunes lecteurs. C'est un roman entraînant et donc facile à lire, tout en étant plutôt riche en découvertes.

Double 6, Emmanuel Trédez


J'ai encore davantage été emballée par cette lecture-ci. C'est l'histoire d'Hadrien, un jeune collégien à qui tout sourit : premier de la classe, bon au foot, il est copain avec plein de monde, et sort avec une jeune fille intelligente et sensible. Pourtant, lorsque le roman s'ouvre, il a disparu, et des policiers sont à sa recherche. Un à un, ils vont recueillir les témoignages de ses amis et de sa petite amie, pour faire le jour sur la disparition du jeune homme. Plus l'enquête avance, plus ils se rendent compte du caractère très ambivalent du jeune garçon, un jour timide, sérieux et discret, et le lendemain exubérant et provocateur. On a alors de plus en plus envie d'en savoir plus, et le suspense rend cette histoire vraiment captivante. 

J'ai également trouvé que la construction du roman était très intelligente et judicieuse. Les chapitres suivent les interrogatoires menés par les policiers, et on peut ainsi progresser dans la résolution de l'enquête. De cette façon, l'histoire est à la fois bien écrite et ludique, et on se laisse facilement prendre au jeu. J'ai certes deviné assez vite le fin mot de l'histoire, mais je pense que pour de jeunes lecteurs moins expérimentés que moi, la surprise sera plus facile à garder jusqu'au bout. 

Je remercie NetGalley et les éditions Didier Jeunesse pour ces deux lectures. 

Comme d'habitude, vous pouvez vous rendre sur le site Leslibraires.fr si vous souhaitez vous procurer ces deux romans ! 


mardi 16 juillet 2019

Les Secrets de Tharanis, tome 1, David Moitet

David Moitet est un auteur qui m'avait déjà beaucoup tentée avec un de ses ouvrages précédents, Le dossier Handle, mais que je n'avais pas eu l'occasion de lire. J'ai donc finalement pu découvrir sa plume grâce à ce roman fantastique, Les Secrets de Tharanis

L'héroïne, Ambre de Volontas, pensait avoir les clés de sa vie en main, et malgré des soucis d'entente avec son père, elle s'estimait plutôt heureuse de son sort. Seulement, son avenir va prendre une toute autre tournure lorsque, du jour au lendemain, son père est accusé de trahison. Contrainte de prendre la fuite, elle est accompagnée par le chevalier qui l'a toujours protégée, du plus loin qu'elle se souvienne, et un écuyer dont l'identité s'avère plutôt mystérieuse. Lors de son périple, elle va aller de surprise en surprise. Non seulement, elle découvre des forces à l'oeuvre qu'elle croyait éteintes. Mais surtout, elle va en apprendre plus sur elle-même et ceux qui l'entourent, à commencer par son père, un homme qui cache bien des choses derrière son apparente sévérité. 


Si j'ai été plutôt séduite par cet univers et certains de ses aspects assez inattendus et originaux, je n'ai pas réussi à m'accrocher aux personnages. J'ai trouvé qu'ils n'étaient pas très bien campés psychologiquement, j'ai même noté quelques incohérences dans leurs dialogues et les relations qu'ils entretiennent. Cependant, cela n'enlève rien à la construction ingénieuse et plutôt réussie de cet univers fantastique, et je suis certaine que bien des lecteurs sauront s'y retrouver mieux que moi ! 

Comme je l'ai précisé dans le titre, ceci est un tome 1, mais ne vous en faites pas : si vous l'achetez maintenant, vous n'aurez pas à attendre longtemps, puisque la sortie du tome 2 est prévue pour le 28 août ! Pour aller l'acheter, et peut-être pré-commander la suite, il vous suffit de cliquer sur l'image ci-dessous ! 

 Acheter ce livre


Merci à NetGalley et aux éditions Didier Jeunesse pour cette lecture. 

lundi 24 juin 2019

La rivière de satin, Jean-François Chabas

Jean-François Chabas est un auteur dont ma collègue m'avait dit beaucoup de bien, lors de la sortie d'un de ses livres précédents, La loi du Phajaan, que je ne désespère pas d'avoir un jour l'occasion de lire. En attendant, j'avais moi-même découvert cet auteur avec Les Chroniques de Zi, dont je vous avais parlé par ici. Et cet hiver, j'ai eu l'occasion de lire le dernier roman de l'auteur, La rivière de satin

On y suit le destin de Sine, une adolescente dont la vie a basculé suite au décès de ses parents. Orpheline, elle est alors confiée à sa grand-mère Abigaïl, qui vit sur Hawaï. On comprend vite que cette dernière, acariâtre et hautaine, n'a pas vraiment envie d'embarrasser sa vie de privilégiée avec la présence d'une adolescente perturbée. Car Sine est perturbée non seulement par le deuil douloureux de ses parents, mais surtout, depuis leur décès, elle a développé le syndrome d'Alice au pays des merveilles, ce qui lui cause de violentes crises durant lesquelles elle n'a plus aucune notion du lieu où elle se trouve. La cohabitation va donc s'avérer difficile entre ces deux-là. Et pourtant, ce n'est pas cet aspect qui viendra bouleverser la nouvelle vie de Sine, mais bien la nature elle-même, avec l'aide du volcan de l'île qui se réveille et vient à nouveau tout chambouler. 


Ce livre, destiné aux adolescents, on a envie de le lire d'une traite, tant on s'attache vite au personnage de Sine. Sa vision des choses est à la fois simple et pleine d'humour, malgré ce qu'elle a vécu. Elle-même va très vite s'attacher à un personnage bien mystérieux, Holokaï, qui incarne parfaitement ce que l'auteur appelle "aloha spirit", et qui nous aide à voyager. On ne lâche pas ce livre, pressés que nous sommes de savoir si l'adolescente connaîtra enfin une vie de bonheur et de paix, à l'image d'ailleurs de cet "aloha spirit". 

On retrouve dans ce roman l'écriture de Jean-François Chabas, simple et efficace, sans artifices, mais qui sait toucher en plein cœur. Ce n'est pas forcément un roman très marquant, mais il permet sans aucun doute de passer un moment plein de découverte et de douceur. On se sent comme dans une bulle à la lecture de ce roman, et ce genre d’œuvres est à mon sens essentiel, notamment pour aider les adolescents à se poser. 

Si vous souhaitez vous-même découvrir cette plume, ou faire vivre cela à un adolescent de votre connaissance, n'hésitez pas, cliquez icihttps://www.leslibraires.fr/livre/14888648-la-riviere-de-satin-jean-francois-chabas-didier-jeunesse !

vendredi 7 septembre 2018

Little Miss Florida, Kate Di Camillo

Ce petit roman pour jeunes adolescents m'avait attirée lors de sa publication (comme souvent les livres publiés chez Didier Jeunesse), alors quand j'ai vu qu'il était disponible sur Net Galley, je n'ai pas hésité à le demander !


Little Miss Florida, c'est aussi le nom d'un concours de jeunes miss, auquel veut participer Romy. Son père s'est enfui avec une autre femme, laissant sa mère désespérée, et ne prenant même pas la peine de s'inquiéter de sa fille. Gagner ce concours, cela signifierait avoir sa photo dans le journal et donc attirer l'attention de son père. Romy va donc se donner corps et âme dans ce projet : essayer de faire une bonne action, s'inscrire à un cours de majorettes... Lors de ce cours, d'ailleurs, elle rencontre deux de ses rivales, qu'elle observe pour tenter de les cerner. Il y a Beverly, la dure à cuire, et Louisianna, la grande sensible. Au fil de leur entraînement, ces trois fillettes vont se rapprocher alors que tout semble les séparer. Elles ont toutes été frappées par des épreuves de la vie, et vont pouvoir s'épauler afin de mieux les supporter.

On a là un roman assez amusant, qui saura sans mal divertir les plus jeunes. Les chapitres, plutôt courts, rythment bien la lecture, servie par une écriture fluide et sans fioritures. Cependant, si plusieurs scènes mettent facilement le sourire aux lèvres, on a du mal à s'attacher réellement aux personnages. Un roman divertissant donc, mais qui ne marquera pas forcément les esprits.

lundi 19 septembre 2016

Bluebird, Tristan Koëgel

A force de flâner sur le web, je me suis lancée dans une nouvelle aventure littéraire. Quelques blogueuses ont créé un Prix littéraire des Chroniqueurs Web, une excellente idée ! Même si les livres des différentes sélections ne faisaient pas forcément de ma PAL, je les y ai rajoutés ! Alors jusqu'en décembre, certaines de mes chroniques seront consacrées à ce prix. J'ai déjà entamé des lectures pour les catégories "Livres de poche" (vous le verrez dans une chronique suivante) et "Romans jeunesse".

Pour débuter ma participation à ce prix, j'ai choisi d'attaquer avec Bluebird, dans la catégorie "Romans jeunesse" donc. Ce roman, ça faisait déjà un petit moment que je voulais le lire, tout simplement parce que c'était un coup de coeur de libraires que je connais. Et puis cette magnifique couverture bleue, ça ne faisait que m'attirer davantage ! Illustrée par Taï-Marc Le Thanh, elle est réellement magnifique, et invite à prendre ce beau livre entre ses mains et à se plonger dans son univers. J'avais déjà remarqué cet auteur-illustrateur, notamment pour ses travaux aux côtés de Rebecca Dautremer (qui, si je ne m'abuse, est aussi sa compagne dans la vie), et pour la série de romans jeunesse Jonah (je ne les ai pas lus, mais je suis tombée dessus à de nombreuses reprises en librairie ou lors de salons). Que de bonnes raisons de se lancer dans cette lecture, donc.


Bluebird, c'est un roman qui parle de blues, aux Etats-Unis donc, en plein coeur de la ségrégation. Le père de Minnie, l'héroïne du roman, est songster : un musicien itinérant. A la mort de sa femme dans la plantation où ils travaillaient tous les deux, il a décidé de prendre sa guitare et sa fille, et de sillonner les routes. Il gagne sa vie en chantant du blues, à l'aide de sa fille à l'harmonica, et cette vie leur convient parfaitement à tous les deux. Jusqu'au jour où, sur la route, Minnie se blesse et ne peut donc plus marcher, au moins pour un temps. Père et fille se trouvent donc obligés de chercher un gîte, et ils ne le trouvent nulle part ailleurs que dans une plantation, dont le propriétaire et le contremaître semblent évidemment avoir les noirs en horreur, mis à part quand ils travaillent (et encore...). Pendant la convalescence de Minnie, son père travaille aux champs, et le soir, Minnie découvre d'autres noirs qui, comme elle, chantent du blues en se jetant corps et âme dans ces musiques improvisées. Mais ce retour au labeur et à la servitude va changer à jamais les choses pour cette jeune fille, car ce qu'elle y voit dépasse même son entendement.

Au début, je dois le dire, je n'étais pas réellement convaincue par ce roman. Ni la plume de l'auteur, ni l'intrigue quelque peu lente à s'installer ne m'avaient accrochée. Mais ce qui fait sa réussite, c'est sa fragmentation en différentes parties, avec, dans chacune, un narrateur différent. Et dans la deuxième partie du roman, on a affaire à Gros-Poings, un indien à la charge du contremaître de la plantation, qui effraie tous les esclaves par sa force et sa brutalité apparentes. Cette partie montre que les apparences ne sont pas ce qu'elles sont, et, avec ce retournement de situation, toute la première partie prend un relief nouveau, et on sait que la suite risque d'être palpitante. On se laisse donc embarquer, et on suit avec passion cette jeune fille au destin fantastique, et cette plantation pleine de mystères.

Un bilan positif donc, finalement, pour ce premier roman du Prix Littéraire des Chroniqueurs Web. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un coup de coeur : le début n'est pas suffisamment accrocheur, et puis, au long de l'histoire il y a quelques incohérences, à cause desquelles on ne peut pas dépasser la barrière de la fiction et se laisser réellement habiter par les personnages et l'atmosphère du livre. Mais l'histoire est belle, et j'ai finalement eu du plaisir à rentrer dans cette belle histoire d'amitiés et de musique. Avec un peu de recul d'ailleurs, je me dis que ce livre est en fait destiné à un public plus jeune que moi (environ 12-13 ans je pense), qui se laisserait certainement embarquer plus facilement !