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mardi 19 octobre 2021

Royal Special School, Yaël Hassan et Nancy Guilbert

 Après ma lecture du tome 2 de cette petite duologie, je m'aperçois que je ne vous avais parlé du premier tome par ici, seulement sur Instagram... Mais c'est tout aussi bien, puisque cet article va donc vous permettre de découvrir de toutes pièces cette série fantastique pour la jeunesse ! 

Une île écossaise, des fantômes, deux jeunes filles prêtes à tout pour mener l'enquête... Ce roman avait tout pour me plaire ! C'est donc avec un très grand plaisir que j'en ai découvert le premier tome paru en ce début d'année, grâce aux éditions Gulfstream, que je remercie à cette occasion pour leur confiance. J'attendais beaucoup du premier tome, et il était un poil en dessous de mes attentes, mais après avoir lu le deuxième et dernier tome, je garde un souvenir plein d'affection de cette duologie, qui saura séduire les plus jeunes lecteurs. 

Rose fait son entrée à la Royal Special School, située dans les Foggy Islands, en Ecosse. Son grand frère Marcus y a étudié quelques années auparavant, et y a forgé une amitié solide avec Niven, un garçon qui a malheureusement perdu la vie au sein de l'institution. En arrivant au pensionnat, Rose découvre bien vite qu'un mystère plus épais qu'on ne veut bien l'avouer plane autour de ce décès. De son côté, Virginia fait également ses premiers pas au sein de cette institution, en tant qu'apprentie cuisinière. La jeune fille n'a jamais appris à lire et à écrire, mais n'en a aucunement le loisir, originaire d'une famille pauvre. Les deux jeunes filles vont nouer une solide amitié, bien que leur différence sociale n'en laissait rien présager. Mais leur séjour à la Royal sera vite bouleversé par l'apparition de... fantômes ! Elles s'aperçoivent vite qu'elles sont les seules à les voir et les entendre, et bien vite, l'identité des trois fantômes est dévoilée : Niven, l'ami de Marcus décédé, Cornelia, l'ancienne cuisinière qui a perdu la vie peu après le jeune homme, et Augustus, le bibliothécaire atteint de la grippe espagnole, tué par la maladie. Ces trois fantômes comprennent que s'ils errent encore parmi les vivants, c'est pour résoudre le mystère qui plane autour de leur mort. Ce que Rose et Virginia tenteront de les aider à entreprendre. 

Comme je le disais, le premier tome ne m'avait pas entièrement conquise. J'en attendais peut-être beaucoup, mais j'avais perdu de vue qu'il s'agit là d'un roman pour les jeunes lecteurs, autour de 10 ans, et que donc, forcément, des éléments me paraitraient faciles. Une erreur de la lectrice chevronnée que je suis. En effet, certains points de l'intrigue se résolvent avec une facilité déconcertante, et certaines péripéties sont trop grosses pour qu'un lecteur aguerri s'y laisse prendre. De plus, je n'ai pas franchement apprécié les tirades théâtrales de Virginia, âme poétique bien qu'illettrée : cela n'ajoutait pour moi rien au texte, et ces quelques passages étaient même parfois un peu lourds. Mais pour la lecture du deuxième tome, paru en pleine rentrée littéraire, j'ai su mettre de côté mes réserves, pour mieux savourer l'ambiance délicieuse de ce roman. 

En effet, Yaël Hassan et Nancy Guilbert ont su retranscrire à merveille l'ambiance attendue d'une île écossaise pleine de brouillard et de mystère. A la faveur d'un début d'année scolaire, rythmé notamment par Halloween, l'arrivée de la neige, puis Noël, elles plantent un décor digne d'un conte gothique. Un pensionnat mal chauffé, à la grande porte qui grince, un lac marécageux peuplé de kelpies (cheval fantôme écossais)... Tout est réuni pour donner une aura de mystère à cette intrigue. Les amoureux de l'Ecosse y retrouveront quelques scènes gastronomiques qui mettent l'eau à la bouche, dont on se régale. Les deux autrices nous font ainsi plaisir avec ce décor qui, sans nul doute, plaira au plus grand nombre. Fantômes, enquête et coups de théâtre, ces deux petits romans sauront séduire les jeunes lecteurs ! 

Pour acheter les deux tomes de cette série, vous pouvez cliquer sur l'image ci-dessous, ou vous rendre chez votre libraire ! 



vendredi 24 septembre 2021

Villa Anima, Mathilde Maras

 Aujourd'hui, je vous parle d'un des premiers romans jeunesse de cette rentrée 2021 que j'avais repéré, avant même l'été : Villa Anima

La société dans laquelle vit Magda est répartie en différentes castes sociales, symbolisées par les écharpes de pouvoir. Beaucoup sont ceux qui n'en détiennent aucune, à l'instar de la famille de la jeune fille, ceux-là sont alors limités en droits, c'est la catégorie sociale la plus basse, la plus pauvre. L'écharpe verte permet d'accéder à quelques droits, même minimes. Les bourgeois ont des écharpes oranges, mais ceux qui détiennent réellement le pouvoir sont ceints de bleu. Enfin, la couleur rouge échoit aux rares élus qui ont alors la possibilité de prétendre au trône de l'Empereur. Toutes ces écharpes s'obtiennent de façon héréditaire pour les hommes (les filles de dignitaires n'ont droit à rien...), ou en présentant les épreuves de la Villa Anima, lieu empreint d'une aura de mystère, réputé impitoyable envers ses candidats. Magda tombe enceinte à 16 ans, certes d'un jeune homme qui l'aime et est prêt à assumer cette charge, mais à un moment de leur vie qui n'y est pas propice. En tentant d'obtenir l'écharpe verte, elle gagnerait le droit d'avorter, alors elle prend son courage à deux mains, et se prépare à affronter la Villa Anima. 

Nous assistons ici à une réelle prise de conscience politique, dans une société empreinte d'une grande misogynie. En pénétrant dans la Villa, Magda laisse derrière, sans le savoir, elle tout ce qui constituait son passé. Elle se tourne alors résolument vers la première épreuve, et toutes les possibilités qu'une victoire lui ouvrirait. Et très vite, elle réalise plusieurs choses. D'abord, la facilité de l'épreuve la déconcerte, alors que les décisionnaires font toute une montagne autour de la possession ou non de l'Esprit, nécessaire pour devenir un citoyen à part entière. Et si les plus pauvres étaient ainsi, volontairement, tenus à l'écart du pouvoir ? Mais surtout, Magda prend conscience dès les premiers instants qu'elle devra se méfier du maître de cérémonie qui, sous ses airs affables, cache difficilement un grand mépris de sa condition féminine. 

Ce roman présente toutes les qualités d'un bon huis-clos, d'une bonne dystopie. Une sensation d'étouffement nous accompagne jusque dans les toutes dernières pages, l'impression que tout se joue entre ces murs alors même que ces derniers jouent bien des tours à notre héroïne. Mais la sensation d'enfermement est aussi à prendre au sens littéral : comment croire qu'une simple jeune fille arriverait à changer, non seulement sa condition, mais aussi la société, dans un monde où une si petite place lui est laissée ? L'autrice nous donne parfaitement bien à voir le rôle si restreint alloué aux femmes, le mépris et la détestation des hommes envers ce sexe prétendument faible, et les cordes qu'ils tirent pour asseoir leur domination. Cette dystopie féministe est riche d'enseignements. Je regrette simplement de ne pas avoir pu m'attacher davantage à l'héroïne. Magda nous est présentée dans sa détermination face aux épreuves, à travers les stratagèmes mentaux qu'elle met en place, mais une fois poussées les portes de la Villa, nous ne suivons plus grand chose de son attachement à ses proches, qui font simplement figuration. J'aurais aimé connaître mieux cette jeune femme pour elle-même, et non à travers son ambition, quoique tout à fait légitime. 

Un très bon roman qui vient de paraître, et qui mérite une attention toute particulière. Filles, femmes, lisez-le, bien des vérités en sortiront ! Pour vous le procurer, quelques clics suffisent à partir de l'image ci-dessous, ou bien chez votre libraire préféré ! 



mardi 22 juin 2021

L'Ordre du Cygne tome 2, Virginie Salobir

 En fin d'année, j'avais découvert le premier tome de cette trilogie dont je vous avais parlé ici, que j'avais beaucoup aimé et pas mal défendu. J'attendais donc avec impatience la suite de cette trilogie, et je n'ai eu que quelques mois à attendre, car elle est parue en avril. Avant même de m'attarder davantage sur l'intrigue de ce nouveau volet chevaleresque, je tiens une nouvelle fois à souligner le très beau travail de l'illustrateur, Patrick Connan. En effet, ces deux couvertures sont juste magnifiques, elles mettent formidablement en valeur cette trilogie. C'est une série de livres que je serai vraiment fière de garder dans les étagères de ma bibliothèque, ne serait-ce que pour leur aspect visuel ! 

Rentrons maintenant dans le vif du sujet. L'Ordre du Cygne, c'est un ordre de chevaliers, accompagnés de leurs fidèles écuyers, dans une contrée moyenâgeuse imaginaire. Après les affrontements contre le royaume voisin dans le premier tome, il s'agit désormais pour ces chevaliers d'asseoir la paix, et de renforcer les alliances des Lacs d'Argent. Les chevaliers sont donc envoyés à plusieurs reprises en campagnes, pour défendre des traités de paix au nom la reine Myriel. S'ils sont d'abord salués avec les honneurs suite à leurs récents exploits, il leur arrive d'être mal reçus, et de devoir faire taire leurs sentiments pour le bien du royaume. La rigueur de leur ordre le dispute souvent à leur caractère tempétueux, et ils sont confrontés à bien des dilemmes. 

J'ai pris plaisir à retrouver ces personnages, ainsi que ce monde en proie à des forces contraires. De ce point de vue, l'intrigue est vraiment bien menée : les mystères qui planaient à la fin du premier tome trouvent ici leur éclaircissement, et de nombreux éléments laissent présager pour la suite un final riche en affrontements, qui fera trembler les lecteurs ! On retrouve le talent de Virginie Salobir pour dépeindre les émotions de ses personnages. Les nombreuses piques qu'échangent les chevaliers et les écuyers nous en disent long sur leur belle amitié, ou plus pour certains. Leurs tourments sont très bien dépeints, de façon si réaliste qu'on se prend à les éprouver nous-mêmes. L'autrice nous tire même les larmes lors d'un passage inattendu, et tenu par une plume magnifique et très juste. J'ai hâte de découvrir quel sort elle réserve à nos personnages, et notamment à la jeune Alix, à qui on s'attache sans mal. Je devine en tous cas que le final qu'elle nous prépare sera sans concession, à la fois dur et juste.

J'apprécie énormément cette saga, et pourtant, ce second tome m'a moins séduite que le premier. Ici, les événements de ces quelques 400 pages se déroulent sur un temps bien plus long que le premier, plus de deux ans si je ne me trompe pas. Forcément, cela entraîne des choix de narration difficiles, et notamment des ellipses temporelles et des péripéties qui s'enchaînent très vite. J'ai parfois eu la sensation que ces enchaînements manquaient de lien, et cela m'a empêchée de savourer autant l'intrigue. Et en même temps, je suis presque embêtée de devoir faire ce reproche, car je comprends tout à fait les raisons de tels choix. Il n'aurait pas été crédible de resserrer l'intrigue de ce tome sur un temps plus court, et il y a de nombreux détails à évoquer pour la préparation de ce que je crois être l'affrontement final. Mais voilà, même si j'ai dévoré ce roman, ce n'est pas ici le coup de cœur du premier. 

Je n'ai cependant aucun doute sur le fait que je risque d'adorer le tome final, et je ne peux que vous enjoindre à découvrir l'univers de cette trilogie chevaleresque qui n'a pas eu, je crois, l'accueil qu'elle mérite. Pour vous procurer le tome 1 ou le tome 2, ou les deux, c'est en quelques clics à partir de l'image ci-dessous ! 



mardi 1 juin 2021

Les enfants du chaos, Ellie Gapr

 Vous le savez, j'aime beaucoup les parutions des éditions Gulfstream, et aussi le genre post-apocalyptique... Et il était donc tout naturel pour moi de lire une de leurs récentes parutions, Les enfants du chaos, premier roman d'Ellie Gapr

Le dérèglement climatique, dont nous entendons beaucoup parler ces dernières années, a atteint son paroxysme, causant la défaillance politique des Etats, aux quatre coins du monde. Seul espoir pour l'humanité : de nombreux jeunes présentent des facultés aussi incroyables qu'incompréhensibles (et incomprises). Ils ont le pouvoir de manipuler les éléments naturels. Au milieu du chaos survenu, nous suivons les destins de trois jeunes, dont les chemins sont amenés à se croiser. Sevane, en Arménie, tente de protéger sa soeur jumelle, détentrice de ce fameux pouvoir, mais qui s'effraye d'un rien. Aux Etats-Unis, le fils d'un représentant du pouvoir détient lui aussi ses pouvoirs, mais ce n'est pourtant pas son problème principal. Lake semble en effet victime d'un père violent, qui l'a tourné en ridicule, petit, lorsqu'il lui a montré comment il jouait avec le vent. Quant à Awa, la petite muette, sa survie est très difficile, dans un village pauvre d'Afrique, et les événements qu'elle traverse nous bouleversent. 

Ce roman d'anticipation a beaucoup de potentiel. A la fois roman d'action et fable écologique, il contient un message universel, qu'il est important que chacun entende, surtout les adolescents. C'est d'ailleurs eux qui sont au centre de ce roman : c'est sur leurs épaules que repose la survie de l'humanité, mais c'est aussi entre leurs mains qu'est désormais le pouvoir. Ils ont donc réellement la possibilité de changer le cours des choses, non seulement pour la planète, mais aussi pour que chaque citoyen du monde soit libre. Pourtant, malgré ces belles promesses, je ne retiendrai pas longtemps ce roman. J'en ai plutôt apprécié la découverte, mais pas totalement la lecture. 

D'abord, j'ai trouvé les personnages peu incarnés. Je n'ai réussi à m'attacher à aucun d'entre eux, ce qui est souvent la difficulté dans un roman choral comme celui-ci. C'est aussi dû à un autre aspect qui m'a vraiment gênée : les trop nombreuses ellipses temporelles - incessantes, en fait. Le roman se déroule sur un laps de temps bien plus long que ne le laisse présager sa longueur, et l'autrice a fait le choix de faire de nombreux sauts dans le temps au sein de chaque chapitre. C'est un procédé que je n'aime pas vraiment, et à cause de cela, il m'a fallu du temps pour rentrer dans l'histoire. Un autre défaut de l'écriture : le langage trop familier des personnages, symbolisé par des apostrophes mal placées, tout le temps. Du genre "j'te préviens", "j'm'en fous", etc, quasiment à chaque dialogue où des jeunes parlent. Cela alourdit vraiment les phrases, et c'est inutile selon moi : on se doute bien que les adolescents parlent ainsi, et il n'est pas nécessaire de le rappeler à chaque page. Cela se fait dans nos têtes, c'est un artifice qui doit rester discret. 

A cause de ces défauts, qui sont, je crois, autant le signe des débuts de cette jeune autrice, que d'un manque de travail éditorial, je suis passée à côté de ce roman. Dommage, car il était prometteur ! 

mardi 19 janvier 2021

Steam Sailors tome 2, Les Alchimistes, Ellie S. Green

 Bon, déjà, avant de commencer cette chronique, je vous informe que, si vous n'avez pas encore lu le tome 1 de Steam Sailors, il faut vous rattraper dès que possible ! J'en parlais par ici, pour mémoire. Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler du plaisir que j'ai eu à retrouver cet univers où piraterie et steampunk se mélangent pour notre plus grand plaisir. 

Au moment de commencer une suite de série, j'ai toujours un peu peur, si j'ai lu le premier tome longtemps avant. Je n'ai pas forcément le temps pour une relecture, mais est-ce que je m'en souviendrai avec suffisamment de clarté ? Est-ce qu'il ne sera pas trop difficile de me replonger dans cet univers ? Eh bien si vous partagez cette peur, soyez rassurés : c'est comme faire du vélo, si c'est bien écrit, impossible de ne pas s'y retrouver ! Et c'est le cas ici. On est d'emblée replongés au cœur des événements sur lesquels le tome 1 se terminait, et on n'a aucun mal à se rappeler qui est qui, tout nous revient naturellement. Et ça, déjà, c'est forcément le signe d'une bonne qualité d'écriture. La difficulté est donc pour moi, maintenant, de vous parler de ce tome 2 sans spoiler... 

Souvenez-vous, dans le premier tome, les pirates qui avaient enlevé Prudence s'avéraient mener une quête secrète : la recherche de la cité des Alchimistes, que l'on croit oubliés à tout jamais. Au début de ce tome 2, les pirates apprennent que quelques Alchimistes sont toujours en vie, et doivent être réunis pour tenter de rendre à cet ordre sa grandeur passée. Seulement, les mages alchimistes ignorent eux-mêmes tout de leur condition ! Qu'importe, c'est un défi à la hauteur des pirates de l'Héliotrope, qui s'y lancent avec tout le courage dont ils savent faire preuve. Les voici donc qui retournent sur leurs pas, à la recherche de deux mages alchimistes qu'ils doivent réunir. Cela ne s'annonce pas facile, d'autant qu'ils sont avidement recherchés depuis leurs aventures du premier tome ! 

J'ai eu la possibilité, juste après ma lecture, de discuter assez longuement avec l'autrice, ce qui m'a permis de mieux comprendre certains choix d'écriture. Ma première réaction, à la fin de ma lecture, a été de regretter avoir si peu vu Prudence. En effet, le roman s'attache à suivre les pirates partis s'acquitter de leur mission en laissant le navire, le capitaine et Prudence derrière eux. Certes, on peut le regretter, mais cela permet malgré tout, comme l'a souligné Ellie S. Green, de faire plus ample connaissance avec les pirates eux-mêmes, en tant qu'individus, et non plus en tant qu'équipage complet. Et paradoxalement, on ressent alors davantage leur fraternité dans ce tome où chacun est parti de son côté. Régulièrement, leurs pensées se tournent vers leurs compagnons, et vers Prudence, pour qui tous ressentent une tendresse touchante. L'autrice a voulu montrer ainsi à quel point ces personnages avaient besoin les uns des autres, elle a mis l'accent sur leur amitié si grande qu'elle en devient plus forte encore que des liens du sang. Cet attachement qui les unit les rend vraiment touchants pour le lecteur, qui découvre non pas des pirates assoiffés de sang et d'or, mais bel et bien des êtres au grand cœur. 

Question cœur, aussi, je voudrais souligner de nouveau ce que j'avais dit à la lecture du premier tome. Que c'est rafraîchissant de lire un roman pour adolescents où une romance ne vient pas se mettre au premier plan de l'intrigue et supplanter tout le reste ! Certes, nous aimons tous avoir notre dose de romantisme. Mais à la longue, on peut être lassés de toujours voir éclore des sentiments amoureux entre les héros, quand cela n'apporte souvent pas grand chose à l'intrigue... Ellie S. Green m'a confié avec beaucoup d'humour qu'en fait c'était surtout parce qu'elle n'arrivait pas à écrire des histoires d'amour. Eh bien cette "faiblesse" dans son écriture fait finalement sa force ! Cela permet encore plus justement d'explorer le grand sentiment d'amitié qui habite ce roman, et qui nous le rend si agréable.

Voilà, dans ma première chronique je vous avais présenté plus longuement l'univers de Steam Sailors, aujourd'hui, je vous parle plutôt des personnages tous aussi forts les uns que les autres... Si avec tout ça je ne vous ai pas encore donné envie de vous lancer dans la lecture de cette trilogie, je ne sais pas quoi dire d'autre ! Une mise en garde tout de même : une fois ces deux premiers tomes lus, vous brûlerez d'impatience de lire le troisième et dernier tome ! Heureusement, c'est pour 2021 !

Comme d'habitude, je vous mets dans l'image juste en-dessous le lien pour acheter les livres de cette série, n'hésitez pas une seule seconde à vous les procurer !



mardi 12 janvier 2021

L'Ordre du cygne, tome 1, Virginie Salobir

 De ce roman, déjà, impossible de ne pas noter la magnifique couverture, et il faut souligner ici le travail de qualité de Patrick Connan. Dès que j'ai vu ce bleu profond, et surtout, ces illustrations déjà riches et évocatrices, j'avais déjà très envie de découvrir ce qui se cachait entre les pages de ce livre. Ajoutez à cela qu'il est question de fantastique et de chevalerie, il n'en fallait pas plus pour me convaincre. 

Au royaume des Lacs d'Argent, la paix est fragile. Après une guerre lors de laquelle la plupart des chevaliers de L'Ordre du Cygne ont péri, il faut construire un nouvel équilibre avec les royaumes voisins. La tâche incombe aux nouveaux chevaliers qui ont à cœur de faire renaître l'Ordre, avec l'aide de leurs écuyers. Mais c'est loin d'être une tâche aisée : la violence de la guerre précédente, dont on sait peu mais dont on devine les retentissements, fait hésiter les voisins susceptibles d'offrir une alliance. Et au royaume de Malebrune, on voit d'un mauvais œil cette nouvelle génération de chevaliers, aussi son sorcier maléfique tente son possible pour les anéantir avant qu'ils ne prennent trop de pouvoir. 

Une fois passées les listes de personnages qui peuvent rebuter (mais il ne faut pas se fier à cette impression !), le ton est donné d'entrée. On est projetés dès les premières pages dans une ambiance sombre, alors que l'Ordre chevauche dans une forêt qui n'est pas sans rappeler Sleepy Hollow... La promesse du roman de chevalerie et d'aventures est tenue, la tension est palpable, et les scènes de combats sont nombreuses et bien menées. En même temps, une grande fraternité se fait ressentir entre ces chevaliers parfois maladroits, qui saura les sortir de situations difficiles. On sait que ces chevaliers sont débutants, désireux de faire leurs preuves, et on sent une grande valeur chez ces hommes et ces femmes (car oui, c'est une force, dans ce roman, les femmes aussi sont faites chevalières) aussi différents qu'ils se montrent unis. Leurs jeunes écuyers eux aussi, sont pleins d'une volonté d'apprendre et de servir, et on prend plaisir à les voir évoluer.

En dehors même des aventures que doit affronter cette bande de jeunes gens, j'ai surtout été séduite ici par la psychologie des personnages. En proposant un roman de chevalerie, il aurait été facile de ne montrer que des scènes de vaillants combats, sans s'attarder sur les personnages en eux-mêmes. Virginie Salobir évite avec talent cet écueil, en nous offrant au premier plan un couple chevalier - écuyer problématique, avec Oswald de Hohen et sa frêle écuyère Alix. Ces deux-là, deux personnalités fortes, ont du mal à se supporter, mais doivent pourtant bien composer l'un avec l'autre. Le premier est agacé par l'insolence de la jeune fille, et cette dernière ne parvient pas à percevoir les émotions de l'homme, bien cachées derrière son armure. Un duo électrique, qui donne de la saveur à ce roman, et qu'on espère bien voir grandir au fil des pages. 

C'était une très bonne surprise pour moi que ce roman, destiné aux adolescents, et qui n'a pas eu, me semble-t-il, le succès qu'il méritait. Alors fans de chevalerie et lecteurs avides d'aventure, n'hésitez plus, allez l'acheter en quelques clics à partir de l'image ci-dessous ! 



jeudi 22 octobre 2020

Ariadne, Flora Boukri

 Ayant, pendant un temps, beaucoup aimé la mythologie, j'étais curieuse de découvrir le premier titre de cette nouvelle collection de Gulfstream, "De l'autre côté du mythe". La collection s'ouvre avec ce roman, Ariadne, qui est une revisite du mythe de Thésée, ou plutôt une nouvelle interprétation, d'après ce que nous explique l'autrice à la fin du roman. 

Le mythe de Thésée, on le connaît tous, dans ses grandes lignes. Le jeune prince athénien se rend en Crète, parmi les quatorze tributs traditionnellement sacrifiés au Minotaure. Là-bas, la princesse Ariane s'éprend de lui et met tout en œuvre pour qu'il s'en sorte vivant. Il décide la ramener avec lui pour en faire sa reine, mais sur le chemin du retour, il la laisse sur une île, l'abandonnant pour des raisons mystérieuses. Voilà ce que l'on connaît de ce mythe, du point de vue du héros. Oui, mais c'est sans compter sur l'héroïne, qui joue un rôle tout aussi important. Le roman s'ouvre donc avec la voix d'Ariane, Ariadne en grec. Nous faisons alors la connaissance d'une figure féminine pleine de courage et de force, qui fait face à une situation tragique. En effet, les crétois sont gouvernés par le roi Minos, qui a sombré dans la folie depuis quelques années. Cette année, la jeune princesse est lassée, écœurée de voir les vains sacrifices consentis par son peuple, et la présence de Thésée, décidé à vaincre le monstre du labyrinthe, la pousse à agir, pour faire cesser ces mises en scène sordides. Très vite, elle nourrit une passion grandissante pour le prince athénien, contre laquelle elle ne peut lutter. Voilà donc une jeune femme prise en étau entre la loyauté due à son peuple, à sa famille, et l'amour qui la lie à Thésée. Les choix qu'elle devra faire, terriblement exigeants, seront les siens propres, et c'est le portrait d'une femme libre plus que tout, que nous dresse ici Flora Boukri

J'ai beaucoup aimé me replonger dans ce récit d'origine mythologique. On en retrouve les codes : des héros valeureux, des destinées tragiques, les dieux voulant jouer avec les humains… Surtout, ce que ce roman révèle, c'est que les mythes sont loin d'être figés. En s'attachant à une figure que l'on considère habituellement comme secondaire, ce roman nous révèle bien plus de choses qu'on ne le croit, et ouvre des possibilités qui permettent de reconsidérer le bon et le mauvais dans cette histoire. Le traitement qui est fait de l'héroïne m'a beaucoup plu. Sachant que, dans la version la plus connue du mythe, Ariane est lâchement abandonnée par Thésée, je me demandais pendant ma lecture comment, en s'en tenant à une fin de ce genre, l'autrice pourrait permettre à la jeune femme de garder sa grandeur. Même si, il est vrai, plusieurs versions existent, on sait que finalement, c'est Phèdre, la jeune sœur d'Ariane, que Thésée épousera. Quelle peut donc être la raison de ce changement de situation, alors même que l'on suit le déroulement de la passion des deux jeunes gens ? Flora Boukri a réussi le pari de nous offrir un final qui grandit encore davantage le personnage d'Ariadne, tout en laissant son honneur à Thésée. Et finalement, cette version me séduit beaucoup, plus que celles classiques où la jeune femme est délaissée par son amant, ou encore enlevée par Dionysos, et donc en aucun cas maîtresse de son destin. Ce roman en fait une figure féminine forte et inspirante, et on ressent une certaine fierté à avoir découvert cette version. 

Ce roman sera idéal pour de jeunes lecteurs dès 12 ans, passionnés ou non de mythologie. Il sort un peu du lot à mon sens, parmi la quantité de récits mythologiques destinés aux plus jeunes, qui s'en tiennent aux simples faits connus de tous. Si vous souhaitez l'offrir, ou le découvrir vous-mêmes, vous pouvez l'acheter en quelques clics à partir de l'image ci-dessous. 



mardi 18 août 2020

Panique à Gémelia, Betty Piccioli

Suivre de jeunes auteurs sur les réseaux sociaux, et pouvoir découvrir une de leurs premières publications, c'est toujours un plaisir, on ressent comme une fierté pour eux, même si finalement on les connaît assez peu. C'est par ce biais que j'ai découvert un des premiers romans de Betty Piccioli, grâce aux éditions Gulf Stream : Panique à Gémelia

Gémélia, c'est un royaume fait de jumeaux. Tout le monde naît par deux, et ceux qui ont eu le malheur de perdre leur jumeau en souffrent beaucoup. Ivan Lorpalou est de ceux-là, et pour palier au décès mystérieux de son frère Igor, il décide de devenir détective. Si son but principal est de découvrir le secret qui se cache sous la mort de son frère Igor, dont il soupçonne que ce n'est pas une mort naturelle, il mène toutes sortes d'enquêtes, du vol de poule à l'enquête royale. Car oui, le jour où le récit commence, c'est un émissaire royal en personne qui le demande, et l'emmène à la princesse Aurélia, qui a besoin de ses services. Ivan va devoir trouver qui a cherché à empoisonner le prince, et comment le sauver. C'est une enquête pleine de rebondissements qui commence alors, dans laquelle Ivan sera épaulé par un drôle de canasson, une licorne... sans corne ! 


Ce dernier détail donne à lui seul le ton du livre, plein d'un humour qui saura séduire les jeunes lecteurs. On croise, dans cet univers plein de fantaisie, cette fameuse licorne sans corne, donc, mais aussi un gang d'écureuils géants, et bien d'autres personnages, qui tendent à montrer à quel point les apparences sont trompeuses... Ivan est un drôle de personnage, certain de son succès comme détective, mais dont on comprend bien qu'il n'est pas aussi brillant qu'il veut nous le faire entendre. Ce roman est plein d'autodérision, ce qui rend la lecture très dynamique, et donc rapide. J'ai tout de même trouvé que ce ton volontairement désinvolte et presque moqueur de l'autrice sonnait par moments un peu faux. Encore une fois, et comme souvent, si j'ai trouvé ce petit défaut, je suis sûre que les jeunes lecteurs à qui ce roman est destiné, autour d'une dizaine d'années, ne seront pas gênés par ça, et que cela saurait même les séduire bien plus que moi. 

Si vous avez des jeunes qui voudraient lire leurs premiers "gros" romans, n'hésitez pas, et allez acheter ce livre en cliquant sur le lien ci-dessous ! 


jeudi 26 mars 2020

Steam Sailors tome 1, L'héliotrope, E. S. Green

Cette chronique est pour moi assez particulière, puisque l'autrice est un membre de ma famille, assez éloignée certes et perdue de vue depuis longtemps, mais je ne suis donc peut-être pas aussi objective que d'habitude... 

Steam Sailors, c'est la promesse d'un univers fantastique, et ce dans tous les sens du terme. Il y a le Bas-Monde, dont est originaire Prudence, l'héroïne. En la côtoyant dans son monde, on pourrait croire qu'il s'agit d'un simple roman historique. Mais c'est sans compter sur le Haut-Monde, un second univers à part entière, en plein ciel. Dans le Bas-Monde, on ne sait pas très bien s'il existe réellement, ou si c'est juste un mythe. Prudence aura pourtant la preuve de son existence, lorsqu'elle s'y retrouve parachutée (ou plutôt élevée ?) contre son gré. Alors qu'elle se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, des pirates du ciel l'enlèvent, et elle sera désormais captive à bord de leur navire. Car c'est donc comme cela que l'on se déplace dans le Haut-Monde : il est fait de différentes îles célestes, et les bateaux "flottent" dans l'air. Prudence va devoir s'adapter dans ce nouveau monde si elle veut survivre, entourée de pirates finalement pas aussi cruels qu'ils en ont l'air, et peut-être deviendra-t-elle même un atout inespéré dans leur quête d'un trésor laissé par les Alchimistes disparus... 



Difficile de résister à un tel univers. Il est bien construit, différents peuples l'habitent, les règles en sont bien établies, on devine un aspect historique dont on imagine qu'il sera davantage développé dans la suite de la série... C'est un sans-faute donc sur la création d'un univers fantastique, avec de fortes influences steampunk. On sent que l'autrice a longuement travaillé à la création de cet univers, et on prend donc plaisir à y plonger à sa suite. Le thème de la piraterie plaira à beaucoup, et donne d'ailleurs beaucoup de rythme au roman. Les personnages sont attachants et drôles à la fois, à commencer par Prudence. La jeune femme, si elle peut d'abord paraître un peu fragile, fait en réalité preuve d'une force d'esprit à toute épreuve, elle est vive et sait voir le meilleur en chacun. Le fait qu'elle soit auréolée d'un certain mystère ne fait qu'ajouter de l'étoffe à ce personnage. Parmi les pirates, on trouve un peu de tout : le jeune fou qui amuse la galerie, le mystérieux qui se dévoile peu à peu, le bourru qui cache des une grande sensibilité, celui qui tout de suite saura se montrer sympathique, et celui qui, au contraire, restera très hostile. Cela donne donc une bonne bande de personnages qui font de ce roman un livre difficile à lâcher : on est vraiment happés par l'intrigue et on se fait du souci pour ces personnages d'emblée attachants. Par ailleurs, et c'est suffisamment rare en littérature jeunesse pour être souligné, il ne semble pas y avoir de romance à l'horizon ! Uniquement de belles amitiés qui se nouent.

On sent en revanche que ce livre est un premier roman. En effet, en dépit de toutes ses qualités, il souffre de quelques naïvetés, à la fois dans l'intrigue et dans l'écriture. Il est très bien écrit, peut-être même "trop bien", au risque de parfois manquer de naturel. Quant aux péripéties, elles sont finalement assez classiques, et se résolvent souvent un peu trop facilement. Mais en même temps, ce roman a un côté addictif, qui fait qu'il est difficile d'en vouloir à E. S. Green pour ces petits défauts. D'autant que c'est la patte du débutant : ayant lu ce roman, j'ai non seulement hâte de lire la suite, mais surtout, envie de suivre cette jeune autrice, dont on devine que la plume saura s'affirmer à l'avenir ! 

A titre personnel, j'ai trouvé amusant de capter quelques références, dues au fait que je connais la famille de l'autrice. J'y ai donc trouvé quelques clins d’œil qui m'ont beaucoup amusée. Certes, c'est un plaisir que vous n'aurez pas forcément, mais il y en aura tellement d'autres, que je ne peux que vous enjoindre à aller lire ce roman ! 

Si cette lecture ne peut attendre pour vous, je vous mets dans l'image ci-dessous le lien pour l'acheter en numérique. Sinon, lorsque la situation se débloquera, je remettrai (pour ce livre et les suivants) les liens pour l'achat papier. 


lundi 14 novembre 2016

L'anneau de Claddagh tome 3, Béatrice Nicodème

Je vous avais donné, il y a quelques mois, mon avis sur le premier tome de cette série jeunesse : L'anneau de Claddagh. Entre temps, j'ai lu le deuxième tome, Stoirm ("tempête" en gaélique), et plus récemment, le troisième, Bliss ("bonheur", toujours en gaélique). Je n'ai pas partagé mon avis sur le deuxième tome, parce que j'avoue que j'étais un peu déçue. Pour faire rapide, Keira, que l'on avait quitté la dernière fois empêtrée dans de beaux bras suite à des problèmes avec la famille chez qui elle travaillait, décide de prendre le bateau pour quitter l'Irlande, direction l'Amérique. En effet, plus rien ne la retient en Irlande : sa mère est décédée, et le jeune homme qu'elle aime, Arthur, est parti à New-York. Sur le bateau, elle retrouve Galvin, un jeune garçon à qui elle était très attachée, qui est embarqué comme passager clandestin sur le bateau. Mais sur ce même bateau, il y a aussi un homme à qui Keira plaît bien, et qui veut le lui faire sentir, à ses dépens bien sûr. Bref, pour moi ce second tome était un peu convenu : des mésaventures qui ne m'ont pas semblé très recherchées, et qui ne sont pas très bien approfondies.


Le troisième tome, en revanche, m'a davantage séduit. Keira et Galvin ont été forcés de débarquer à Saint-Jean, au Canada quand l'équipage du bateau a découvert la présence de Galvin, passager clandestin, à bord. La jeune héroïne débarque donc dans un pays où elle ne connait personne : non seulement elle doit quitter l'amie qu'elle s'était faite à bord du bateau, Maria, plus âgée qu'elle et qui aurait donc pu l'épauler, et en plus elle ne pourra pas retrouver Arthur en restant au Canada. Mais elle reste forte, décide de prendre Galvin sous son aile, et de chercher du travail comme femme de chambre. Evidemment, c'est loin d'être chose aisée. En effet, des milliers d'Irlandais sont déjà arrivés avant elle, et la plupart des postes sont déjà pris. Elle finit bien par trouver des petits emplois, notamment un emploi de serveuse, mais qui tourne mal puisque le propriétaire attend d'elle qu'elle accède aux faveurs de ses clients... Entre ça et Galvin qui se met à voler, elle est bien embêtée, et doit lutter pour garder la tête haute. Puis finalement, un des larcins de Galvin tourne plutôt bien, puisqu'en se faisant prendre, ils attirent tous les deux la pitié d'un homme qui possède un chantier naval, et dont la femme cherche une femme de chambre. Les voilà donc tous les deux avec un emploi, et la protection d'un couple bienveillant.

Dans cet ultime tome, on retrouve les aspects historiques qui m'avaient bien plu au premier tome. En effet, on est de nouveau confrontés aux effets de la famine irlandaise, qui a poussé bien des irlandais à émigrer, que ce soit aux Etats-Unis ou au Canada. Et forcément, cela crée des tensions au sein de ces pays, notamment liées à la religion.


On retrouve également la résolution de plusieurs questions soulevées dès le premier tome, la principale étant : pourquoi Arthur est-il parti sans prévenir Keira, alors qu'ils avaient prévu de s'enfuir ensemble ? Keira va donc, comme on l'attendait, finir par retrouver Arthur, même au prix de bien des difficultés. Mais de ce point de vue-là, la conclusion n'est absolument pas celle à laquelle on s'attendait. Je ne vous la dévoile pas, mais honnêtement, j'ai été agréablement surprise .Il n'y a pas uniquement cela. Le premier tome s'ouvrait sur des révélations familiales, et on y revient à la fin de ce troisième tome. Là encore je laisse le suspense intact, mais la conclusion révèle des choses totalement inattendues, mais qui donnent une belle tournure à cette histoire.

Une belle découverte donc, avec cette trilogie jeunesse. Et un graphisme de couverture intéressant, au passage ! Si vous regardez mon article sur le premier tome, vous remarquerez que le tome 1 monter les pieds de la jeune fille, le tome 2 sa taille, et sur le tome 3 on découvre enfin son visage ! J'ai trouvé ce détail intéressant, et vraiment bien pensé ! Beaux objets, donc, en plus d'une belle histoire.

mercredi 27 avril 2016

L'anneau de Claddagh, Béatrice Nicodème

L'anneau de Claddagh, c'est un livre que j'avais repéré en librairie avant Noël, et je l'avais presque immédiatement ajouté à ma liste de lectures. D'abord, parce que c'est de la littérature jeunesse, et que ça fait un moment que je me dis qu'il faut que je m'y remette (quel bien ça fait !). Ensuite, parce que ça se passe en Irlande. Et que l'Irlande, j'adore ! (même si je n'y suis allée qu'une fois...). Enfin, avec un tel titre, l'éditeur a fait un geste qui a du plaire à beaucoup de lecteurs (et qui est un peu marketing aussi, il faut l'avouer...) : avec le livre, était vendu un anneau de Claddagh !



Bref, forcément, j'étais bien contente quand je l'ai vu à la médiathèque alors que j'étais à la recherche de ma prochaine lecture... Ni une, ni deux, je suis rentrée chez moi et je l'ai lu ! Bon, en réalité ça ne s'est pas passé aussi vite que ça. D'abord parce que finalement, au début, je n'étais pas vraiment emballée... L'histoire paraît assez classique : au dix-neuvième siècle, en Irlande donc, une jeune femme de chambre et le fils d'un lord tombent amoureux, mais forcément, vu leur différence de rang, leur amour est impossible. Bon, OK, une histoire d'amour impossible entre deux personnes que leurs rangs sociaux séparent, on a déjà vu ça. Et puis le style ne m'emballait pas non plus, rien de transcendant.

Et puis au bout de quelques chapitres, l'intrigue s'étoffe. On commence à connaître un peu mieux l'univers des domestiques avec lesquels la jeune fille vit, et puis l'histoire prend place dans un contexte historique bien précis, et c'est là que ça devient intéressant ! On est en 1846, donc en plein dans la célèbre famine de pommes de terre. Et Keira, la jeune femme de chambre, est amie avec un certain Galvin, fils d'une pauvre famille de cultivateurs. Or, voilà deux années de suite que leurs champs sont dévastés par une épidémie, et un hiver très rude s'annonce. On rentre donc dans un propos social, non seulement avec cette petite famille de paysans à laquelle on s'attache bien vite, mais aussi avec tout ce qui se passe autour : les discussions des lords qui ne voient pas les choses du même oeil que les paysans, les tensions grandissantes entre le peuple Irlandais (réduit à la domesticité) et les représentants du gouvernement Anglais, les début de l'émigration vers l'Amérique, ce qui est alors le rêve de plus d'un Irlandais...



Une fois que l'histoire a ainsi pris de l'ampleur, je me suis tout de suite laissée embarquer par cette histoire, entre intrigue amoureuse et politique. Passé le premier quart, donc, ce livre devient vite un page-turner, et m'a valu de veiller bien plus tard que ce que j'avais prévu hier soir ! Mais quel plaisir aussi, un livre qu'on ne peut plus lâcher... Il faut redécouvrir la patience, d'autant que L'anneau de Claddagh est en réalité écrit en trois tomes ! J'ai lu le premier, Seamrog (trèfle, en gaélique), le deuxième est sorti récemment (il va falloir que je résiste à la dure tentation de ne pas courir en librairie l'acheter...), et pour le troisième il faudra attendre octobre si je ne m'abuse ! J'ai hâte de connaître l'issue de cette histoire en tous cas !

En bonus, une vidéo "teaser" réalisée par l'éditeur...