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jeudi 5 septembre 2019

L'écart, Amy Liptrot

Entre autres parce qu'il se déroule en Ecosse, L'écart est un roman que j'avais déjà très envie de lire l'an dernier, à sa sortie en grand format aux Editions Globe. Alors quand Page des libraires, partenaire des éditions Pocket, m'a offert de le lire avant sa sortie en poche, j'ai sauté sur l'occasion ! 

Dans ce roman, on suit le parcours de reconstruction d'une jeune femme devenue alcoolique, qui quitte la vie tumultueuse et tentatrice de Londres pour revenir à ses origines : les Orcades. Le chemin à parcourir est rude : il faut oser reconnaître son problème avec l'alcool et supporter la sobriété. Mais cette jeune femme va faire de la rude nature des îles Orcades (archipel situé à l'extrême nord de l'Ecosse) son alliée. 


En effet, c'est une nature des plus rudes qui habite ces îles, balayées par les vents furieux venus droit de l'Atlantique, et soumises à des conditions climatiques peu accueillantes. Cependant, la narratrice, au contact de ce paysage austère, prend petit à petit conscience que le chemin de la guérison, lui aussi, sera semé d'embûches. Ainsi, constamment proche de la nature, elle fait un grand travail d'introspection, calque son chemin sur le rythme des journées, des saisons, et elle trouvera ainsi des richesses insoupçonnées autant sur les îles qu'elle fréquente, qu'en elle-même. Après une première partie consacrée à se repasser le film de la descente aux enfers londonienne, le roman se déploie en reprenant pied aux Orcades, en les explorant, et en décrivant des paysages à la beauté sauvage et sèche. 

En sortant de ce roman, on a l'impression, nous-mêmes, d'avoir été secoués, revivifiés par les vents sans pitié qui y soufflent. Le mode de narration est très contemplatif, au long cours, ce qui peut en faire une lecture un peu lente. Cependant, l'écriture est simple tout en nous laissant entrevoir une beauté à couper le souffle. C'est même un roman que l'on peut dire instructif, puisque la narratrice trouvera un exutoire au travers d'une étude assez poussée de la faune des Orcades et de la climatologie. Tant de possibles ouverts qu'elle explore, avec nous à sa suite. 

J'ai beaucoup aimé ce roman, non seulement pour sa plongée au cœur du paysage écossais, orcadien du moins, mais aussi pour son rythme d'une lenteur bénéfique. Il permet de faire une pause bienvenue dans nos vies à cent à l'heure, et à ce titre, je ne peux que vous le conseiller ! 

Si vous souhaitez vous y plonger à votre tour, n'hésitez pas à cliquer sur l'image ci-dessous pour vous le procurer ! 


Merci aux éditions Pocket et à Page des libraires pour cette lecture. 

                                                                      

mardi 13 septembre 2016

Le Passage, Justin Cronin

Une de mes grosses lectures de cet été, ça a été Le Passage. Le premier tome d'une trilogie post-apocalyptique, et pas des moindres ! D'une, parce que ce premier tome, en édition poche, fait quand même un peu plus de 1200 pages... Il faut donc de la motivation tout de même. Mais la deuxième raison aide : ce pavé est tout simplement GE-NI-AL ! A tel point que, à la fin, non contents d'avoir lu autant de pages, on en redemande !

Et pourtant, l'histoire semble classique, un peu vue et revue en science-fiction. Un scientifique découvre un gène, chez des chauve-souris, qui confère aux sujets une force incroyable et une quasi-immortalité. Immédiatement, l'armée américaine s'empare de ces recherches : ils rêveraient d'avoir de tels soldats pour faire face aux Talibans afghans, et autres terroristes ! (une précision s'impose : je ne fais que citer approximativement un passage du livre... écrit avec beaucoup d'ironie, on le sent bien de la part de l'auteur). Commence alors une série de tests top secrets sur des humains, dont je passerai les détails. Puis un changement de partie nous emmène cent ans après. Comme c'était à prévoir, la race humaine semble avoir été exterminée dans sa quasi-totalité. On est effectivement plongés au coeur d'une Colonie de survivants, barricadée derrière un mur de protection contre les humains qui ont été infectés par le virus (qui sont appelés les "viruls"). Petit à petit, on apprend alors comment ils survivent, on découvre les informations qu'ils ont pu rassembler sur ces fameux viruls et les moyens de les combattre. Au sein de cette Colonie, de nombreuses péripéties vont se dérouler, que vous aurez le plaisir de découvrir si vous lisez ce livre !


Malgré ce synopsis quelque peu classique, on sent une grande intelligence affleurer sous la plume de l'auteur (en même temps, il a fait Harvard !). Les moindres déroulements de l'histoire font montre d'une grande maîtrise, et c'est ce qui fait du Passage une grande saga de talent et de succès. Grâce à cette maîtrise incontestable, cette saga est d'ailleurs ouverte à tous : il n'y a pas besoin d'être fan de science-fiction. Même si certaines scènes sont nécessairement un peu violentes, on reste dans quelque chose de mesuré, et on ne tombe pas dans une science-fiction qui pourrait vite devenir gore ou même terrifiante.

On a également affaire à un auteur qui se plait à brouiller les pistes, et à jouer avec nos attentes de lecture : alors qu'on aimerait en savoir plus sur le personnage de tel chapitre, le chapitre suivant nous montre tout autre chose qui semble n'avoir aucun lien avec ce qui se passait jusqu'alors... Mais il faut être patient, et tout garder en tête, même quand on a l'impression de passer du coq à l'âne. Ce roman est de ceux où tous les éléments finissent par s'emboîter les uns dans les autres pour former un tout magistral, où tout prend sens.

Le premier tome de cette trilogie déroule une intrigue folle, qui laisse à présager une suite tout aussi aventureuse et grandiose. D'ailleurs, en refermant Le Passage, il m'a été bien difficile de ne pas courir en librairie acheter Les Douze !