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mardi 26 octobre 2021

Les contraceptés, Guillaume Daudin, Stéphane Jourdain, Caroline Lee

 Le jour de la sortie de cette BD, ma collègue est arrivée dans la salle de pause, a posé le livre sur la table devant moi, et est repartie. Pour elle, c'était une évidence que cette BD m'intéresserait. Et je dois dire qu'elle n'avait pas tort ! En étudiant la couverture de plus près ("Les contraceptés - Enquête sur le dernier tabou", "préface de Camille Froidevaux-Metterie"), j'en ai été convaincue à mon tour. 

Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain sont deux journalistes plutôt avancés dans leur parcours de déconstruction des schémas sociétaux traditionnels, et notamment dans leurs rapports à leurs compagnes, et à la charge mentale. Une discussion sur ces sujets en amenant une autre, ils se sont lancés dans un travail d'investigation autour d'un sujet qui représente encore un grand tabou : la contraception masculine. De temps à autre, le sujet surgit dans les médias, promettant une étude sur une pilule masculine, puis démentant cette promesse suite à des effets secondaires indésirables trop importants... ce qui fait bien rire (jaune) les femmes ! Passé ce premier constat, les deux auteurs se sont dit qu'il devait bien exister d'autres méthodes, que certains hommes pratiquaient une forme de contraception masculine ! Les voilà donc partis à la recherche de ces quelques contraceptés. 

L'enquête commence par un retour en arrière, et les premières études autour du sujet, qui laissaient entrevoir de belles avancées, au moment où l'avortement devenait légal en France. Puis le Sida a fait irruption, et les études de santé sexuelle ont priorisé ce sujet, mettant de côté d'autres chantiers en cours. Le sujet de la contraception masculine en a fait les frais, et n'a pas été repris depuis. Pourtant, des hommes prennent bel et bien une contraception, mais alors laquelle ? La méthode souvent privilégiée est le slip chauffant. Si vous êtes comme moi, novice sur le sujet, vous imaginiez certainement un slip doté d'une chaufferette, chose qui, on l'imagine, ne doit pas être très confortable. En réalité, cette méthode thermique utilise uniquement la température corporelle. Naturellement, la température des testicules est inférieure à 37° (la température corporelle), c'est ce qui permet la fabrication des spermatozoïdes en grand nombre. Si on rapproche les testicules du corps, en les remontant, la spermatogénèse diminue drastiquement, et l'homme est contracepté. Il faut donc un slip doté d'un anneau par lequel on passera la verge et les testicules (la taille s'adapte), porté 15h par jour, et sous trois mois, l'effet peut être fiable. Une autre méthode se limite à un anneau fabriqué... dans le garage d'un homme. Car évidemment, aucune de ces techniques n'est reconnue par les autorités de santé publique, et donc tout cela est fabriqué de façon totalement artisanale. La BD nous montre des réunions d'hommes apprenant à utiliser une machine à coudre pour confectionner eux-mêmes leurs slips... 

La méthode thermique est la plus longuement évoquée ici, au point de bouleverser la vie et les idées des deux journalistes. Mais ils se penchent aussi sur les rares études autour de la pilule masculine, nous éclairent sur le principe de la vasectomie, très pratiquée aux Etats-Unis, et quelques méthodes d'injection hormonales qui n'ont, pour le moment, pas donné de résultats très concluants. Ce qui est le plus frappant, dans cette enquête, ce sont les chiffres. Les chiffres ridiculement bas des hommes ayant eu le courage d'utiliser la méthode thermique avec tout ce qu'elle a d'artisanal, pour le moment. 25 hommes en France à la fin des années 80. 50 hommes en simultané, en France, à l'âge d'or de cette méthode. Les chiffres exorbitants, aussi, du financement des études nécessaires à faire connaître cette méthode. Tout cela est assez décourageant de la part des services publics. L'espoir, finalement, repose sur les épaules de quelques hommes qui, dans leur individualité, s'interrogent sur ces questions et décident, un jour, de prendre leur part de charge contraceptive dans leur couple. Ces hommes qui décident de faire le nécessaire pour éviter à leurs compagnes tous les maux induits par la prise de la pilule, maux qui les touchent bien plus qu'on ne le croit. 

On ne peut que remercier ces auteurs pour le gros travail de font effectué, et pour la démocratisation de ces idées, grâce à une BD, support documentaire léger qui permet de rendre les choses très accessibles. La meilleure façon de les remercier ? Parler de cette BD, la lire, l'offrir, faire réfléchir pour faire avancer. Encore un beau travail documentaire réalisé par les éditions Steinkis. Alors messieurs, prêts à entamer cette réflexion ? Pour vous procurer cette BD, vous pouvez le faire en quelques clics à partir de l'image ci-dessous. 



mardi 24 août 2021

Le Choeur des femmes, Martin Winckler et Aude Mermilliod

 Il y a quelques années, j'ai acheté sur un vide grenier le roman de Martin Winckler, Le Chœur des femmes, en ayant vaguement à l'esprit que, pour aiguiser ma conscience de féministe, c'était une lecture incontournable. Puis, comme de nombreux autres livres, je l'ai posé dans un coin de ma bibliothèque et j'ai oublié de le lire. Et cette année, une adaptation BD est sortie, qui a remis le roman au cœur des conversations littéraires, et donc je ne pouvais pas passer à côté une deuxième fois. 


Jean Atwood poursuit son rêve, faire de la chirurgie gynécologique. Alors que sa formation touche à sa fin, elle doit faire un stage en consultations gynécologiques. Elle qui a l'habitude de voir les femmes endormies, et de ne travailler que sur leurs organes génitaux, la voilà qui doit se farcir des heures et des heures à écouter les bonnes femmes raconter tous leurs petits soucis à leur gynéco. Vraiment, ces six mois de stage vont lui paraître longs, d'autant plus que le docteur Karma, auprès de qui elle se forme, passe selon elle beaucoup trop de temps à écouter, plutôt qu'à pratiquer des actes de soin. C'est en fait une toute nouvelle conception de la gynécologie, et même du soin, qu'elle va découvrir au cours de ce stage, pour une pratique bien plus humaine et respectueuse des patientes. 

Cette BD est instructive, elle révèle beaucoup du monde médical, et pas seulement en positif. Les femmes ont l'habitude d'être infantilisées par les soignants, on leur fait comprendre qu'elles ne sont pas capables de prendre les décisions qui les concernent. Heureusement, de plus en plus de soignants rencontrent leur "patiente Alpha", celle qui leur permet de comprendre que mettre l'humain au coeur de la relation de soin est non seulement possible, et même nécessaire. Avec Jean, notre propre conception de notre rapport à nos corps, et au corps médical, vont changer. Nous pouvons être exigeantes avec nos gynécologues, car après tout, c'est de notre intimité qu'il s'agit. Lorsque l'on cultive déjà cette exigence, et qu'elle se trouve écoutée, on peut, de façon légitime, s'indigner devant les traitements réservées à certaines femmes, qui pourtant connaissent leurs corps, à défaut de connaître la science. 

En plus de cette épiphanie médicale, cet ouvrage nous présente un personnage très touchant. Jean a et a eu une vie intime complexe, bouleversée par une anatomie féminine atypique. Malgré sa différence, elle a réussi à se construire en tant que femme forte, et sait ce qu'elle veut dans la vie. Peu à peu, nous apprenons à connaître cette jeune femme qui, au premier abord, lors des premières consultations narrées, nous semble hautaine et peu respectueuse des autres. Finalement, on découvre un personnage qui a ses fêlures, mais dont l'existence a été grandement facilitée par un père aimant et un interne en gynécologie audacieux. Derrière sa façade de professionnalisme se cache un être extrêmement sensible, dont l'histoire a de quoi émouvoir. 

Une très belle bande-dessinée, instructive et touchante. Le dessin s'adapte parfaitement au propos : réaliste, qui nous emmène dans l'intimité du cabinet de gynécologie, mais sans aucun voyeurisme. L'équilibre parfait a été trouvée entre la proximité chaleureuse et un recul critique. J'ai vraiment été marquée par cette lecture, et je ne manquerai pas, à l'occasion, de me plonger dans le roman, pour voir d'un autre œil cette histoire nécessaire. Je ne peux que vous inviter à la découvrir à votre tour, quel que soit le format choisi, BD, ou roman, poche ou grand format, en cliquant sur l'image ci-dessous ! 



mardi 3 août 2021

Focus sur... Sophie Adriansen

Sophie Adriansen est une autrice dont je suis le travail depuis plusieurs années, surtout pour ses publications en jeunesse. Je l'avais découverte avec un album plein de malice, La vache dans la brique de lait, et depuis, je recommande régulièrement ses romans à la librairie. Et puis ces derniers mois, c'est son travail en littérature générale que j'ai découvert, et dont je voulais vous parler aujourd'hui. 


En mai, paraissait la bande dessinée La remplaçante, illustrée par Mathou. Cette collaboration a fait parler sur les réseaux sociaux, son illustratrice y étant très connue. Une BD avec un dessin aussi frais et moderne, donc accessible, portant sur la dépression post-partum, il fallait que je m'y penche. Marketa est devenue maman avec Clovis, l'homme qu'elle aime. Seulement, alors que jusque là le bonheur qui les liait était immense et sans failles, la jeune femme se sent désormais complètement détachée de ce qui lui arrive. Elle est devenue maman, Clovis est papa, et cela semble si simple et naturel pour lui, alors pourquoi ça ne l'est pas pour elle ? Elle se sent complètement étrangère à ce petit être, pourtant sorti de son propre corps, et qui dépend entièrement d'elle. Le chemin est long pour se sentir à l'aise dans ce nouveau rôle qu'est la maternité, et elle a besoin d'attentions pour y arriver. Cette BD ne m'a pas réellement touchée, je ne suis pas certaine que c'était le but recherché. On sent, derrière ce texte et ces illustrations, le vécu de ces deux jeunes femmes, deux mères aussi. Les choses sont relatées avec beaucoup de douceur, de l'humour aussi. Et le but recherché est accompli : on gagne un livre qu'on peut facilement mettre dans les mains des jeunes ou futures mères, qui va leur parler sans tabou d'un sujet peu évoqué lors d'une grossesse, et qui les aidera certainement à apprivoiser leurs émotions, leur ressenti, à se sentir moins seules. Bravo, donc, aux autrices, pour ce travail nécessaire de vulgarisation autour du post-partum ! 



En réalité, cette bande dessinée n'est pas le seul ouvrage de Sophie Adriansen à ce sujet. Avec la parution de son dernier roman, Hystériques, j'ai découvert un autre roman, sorti il y a quelques années chez Fleuve et paru en poche cette année chez Charleston : Linea nigra. Ce roman évoque, par certains aspects, La remplaçante. Le sujet est le même : la dépression post-partum. Stéphanie est amoureuse de Luc, déjà papa de deux enfants, et ils prévoient d'avoir un enfant tous les deux. Si le bonheur semble d'abord sans limites, les choses changent du tout au tout après la naissance de l'enfant, et Stéphanie, privée de l'accouchement physiologique dont elle rêvait, déchante vite. Devenir maman, ce n'est en fait pas le rêve qu'elle s'imaginait. Oui, elle aime cet enfant, mais qu'a-t-il fait de son corps ? Qu'a-t-on fait de son corps lors de la césarienne ? Est-on sûr que ce ventre est désormais vide, alors que tout s'est passé si vite ? Peut-elle réellement se dire jeune accouchée, alors que ce n'est pas vraiment elle qui a accouché, mais plutôt les médecins qui l'ont accouchée ? Là encore, ce n'est pas un début de maternité idyllique que vit cette femme, et beaucoup de questions sans réponses se bousculent dans son esprit. Ce roman est très bien documenté, presque trop, car il devient documentaire. En effet, plusieurs chapitres nous renseignent avec précision sur la pratique gynécologique, l'accouchement physiologique, l'histoire de l'accouchement, etc. Tous ces propos sont très intéressants, mais m'ont empêchée de m'attacher à ce couple, à cette héroïne (j'emploie le terme exprès) qui devient jeune maman mais qui ne sait pas quoi faire de ça. Les flashbacks, les changements de point de vue, tout ça m'a tenue comme éloignée de ce qui se passait dans ce couple et cette nouvelle famille. Encore une fois, c'est un roman utile, mais pas un coup de cœur. 


Le coup de cœur, en revanche, je l'ai eu pour Hystériques. Il m'a paru mieux construit, mais surtout, les personnages sont mieux incarnés, et donc on s'attache à leurs destins, on comprend leurs choix, ou au contraire on s'énerve contre leur tempérament... Bref, ils prennent vie, véritablement. Dans ce roman, on suit trois sœurs, devenues adultes, dont les utérus viennent bousculer la vie, alors même que c'est un sujet tabou dans leur famille. En effet, leur mère n'a jamais voulu parler de cet organe pourtant si important dans la vie d'une femme. "Ce qui se passe en soi, on n'embête pas les autres avec" : voilà le mantra qui a guidé la vie de Sylviane, et l'éducation de Diane, Clémentine et Noémie. En suivant les trois femmes dans leur vie de couple, on se rend compte des ravages que peut faire une telle éducation. Diane a deux enfants, mais envisager la naissance du second n'a pas été chose facile. En effet, lorsqu'elle a accouché de son aînée, elle a été victime de violences obstétricales, et lorsqu'elle a voulu poser des questions, on lui a répondu que cela ne la concernait pas, on l'a infantilisée. Des années de thérapie, et la rencontre d'une gynécologue bienveillante lui seront nécessaires pour réapprivoiser son intimité. Clémentine a elle aussi deux enfants, deux belles petites filles. Seulement, alors qu'elle attend la deuxième, une séance d'hypnothérapie fait revenir à sa mémoire quelque chose que son esprit avait totalement occulté. En réalité, elle n'est pas la mère de deux enfants, mais de trois. L'année de son bac, elle a été enceinte, une grossesse que son corps s'est appliqué à cacher, à elle comme aux autres, un enfant né sous X, et complètement oublié depuis. Le souvenir de cet enfant qui remonte pourrait changer à jamais son équilibre familial. Quant à Noémie, la dernière, on se demande quand elle aura des enfants, elle-même se le demande. Et puis, au hasard d'un rendez-vous gynécologique, une terrible nouvelle tombe : elle est atteinte d'un cancer du col de l'utérus. Ces trois femmes m'ont émue, leur histoire familiale m'a parlé, tout cela m'a assurée dans mes convictions féministes. "Hystérique" n'est pas une insulte, simplement un constat : cela signifie qu'une personne est équipée d'un utérus. Et cet utérus, il peut influencer nos vies, notre histoire. Ce roman a achevé de me convaincre de plusieurs choses : le sang menstruel ne doit pas être un tabou, les douleurs de l'accouchement ne doivent pas être des tabous, et quand nous, femmes, en parlons ensemble, cela nous rend plus fortes. C'est donc réellement un roman que je recommande à toutes, un roman engagé qui touchera de nombreuses femmes. 

Sophie Adriansen est une autrice qu'il me tient à cœur de défendre, aussi, en cliquant sur l'image ci-dessous, vous pourrez accéder à toutes ses publications disponibles en librairie, et choisir celle qui vous intéresse ! 


 

mardi 23 février 2021

Le plongeon, Séverine Vidal, Victor L. Pinel

 Après une semaine de vacances, je vous retrouve aujourd'hui pour vous parler d'une bande-dessinée parue en ce début d'année, et qui est un très gros coup de cœur ! J'avais lu un roman jeunesse de son autrice en janvier, sans grand enthousiasme, mais la découverte de cette BD change la donne ! 

Le Plongeon, c'est celui d'Yvonne, 80 ans, qui sombre dans les affres de la vieillesse… Contrainte de quitter la maison qu'elle a habitée durant de longues décennies, la voici qui arrive en EHPAD, se disant que ça y est, la fin de sa vie approche inéluctablement. Le changement est rude pour elle qui semble pourtant encore pleine de vie ! Oui, car nous, comme elle, avons une vision de l'EHPAD comme d'un mouroir, empli de personnes âgées qui ne sont plus que les ombres d'elles-mêmes. Et pourtant, la vie a encore bien des surprises à offrir à Yvonne, et ce qu'elle croit être la fin de sa vie pourrait bien être en fait le début d'une nouvelle vie, tout aussi savoureuse que la précédente. 

"De beaux volumes, mais tout à refaire". Phrase prononcée par le jeune couple qui va acheter sa maison, appropriée par Yvonne, lorsqu'elle se regarde nue dans la glace, dépitée. Cette phrase à elle seule, donne le ton. Cet ouvrage est sans concessions, il ne nous cache rien de ce qui arrive à ces corps âgés, usés par la vie. Et en même temps, le dessin les sublime, les rend extrêmement touchants. On lit dans cette phrase aussi tout l'humour présent dans cette BD. Toujours sur le fil du rasoir, cet humour puise sa source dans des situations douloureuses, mais prend le contrepied pour leur apporter une malice insoupçonnée, bienvenue. Lors de cette lecture, on est toujours entre larmes et rire, et parfois les deux se mêlent : au milieu des larmes d'émotion pure, un petit trait de malice vient nous tirer un sourire, de ceux qui s'étirent jusqu'aux oreilles, et réchauffent les cœurs. C'est cela qui fait la force de cette BD, tant dans les textes que dans les illustrations : le ton est toujours d'une grande justesse, et vient nous toucher au plus profond de nos cœurs. Les encarts narratifs, notamment, nous percutent de plein fouet. En quelques phrases, Séverine Vidal nous fait toucher du doigt les angoisses sourdes de ceux dont la vie arrive sur son déclin. Et devant ces mots, impossible de rester insensibles.

En plus d'être si touchante, cette bande-dessinée me semble être nécessaire. Elle aborde des sujets trop rares dans le monde littéraire, et plus encore dans le milieu de la BD. Le vieillissement des corps et la perte d'autonomie, mais cela signifie-t-il forcément que les personnes âgées ne peuvent plus rien ressentir ? Rien n'est moins sûr. La peur de perdre la mémoire, comment appréhender les troubles mentaux liés à la sénilité ? Puisqu'on est dans un EHPAD, le manque de personnel est bien sûr soulevé, et pourtant, les soignants dont c'est la vocation nous paraissent d'une humanité héroïque. Bien sûr, ce n'est pas un essai sur la fin de vie que je vous présente, mais bien une BD, un divertissement. Elle ne prétend donc pas répondre à toutes ces questions. Simplement, elle nous aide à avoir moins peur de nous les poser. 

Le plongeon, c'est un véritable bijou, à mettre entre toutes les mains. Des mains ridées, pour leur dire que d'autres choses que la morosité les attendent encore. Des mains toutes jeunes, pour les rapprocher de leurs aînés, dont le vieillissement peut souvent intimider. Des mains abîmées par le service, aussi, de ceux qui s'inquiètent pour leurs parents vieillissants, qui ne savent comment les accompagner au mieux. Un avertissement tout de même : vous risquez d'y verser quelques larmes… mais pas uniquement de tristesse ! 

Comme d'habitude, vous pouvez vous procurer cette magnifique BD en quelques clics depuis l'image ci-dessous.



mardi 1 décembre 2020

Malgré tout, Jordi Lafebre

Encore un titre que je suis loin d'être la première à chroniquer... Mais qu'il fait du bien ce titre ! Une bande-dessinée, ça change un peu, avec Malgré tout de Jordi Lafebre. Je l'ai empruntée au début du confinement, en pressentant très justement la baisse de moral engendrée, et le baume au cœur que pourrait m'apporter cette lecture. 

Dès la première page, on se retrouve propulsé dans l'existence folle de deux êtres hors du commun. Ana, maire tout juste retraitée, mère de famille et mariée ; et Zeno, jeune retraité lui aussi, qui ferme définitivement sa librairie, et qui a eu mille vies avant celle-ci. Avec ces deux personnages, nous est contée une histoire d'amour à nulle autre pareille. Zeno et Ana s'aiment, malgré le temps et les années qui les ont séparés, les occasions ratées, les excuses inventées. Et après toutes ces années à échanger des lettres et à s'appeler en catimini, sans jamais se voir, les voilà qui se retrouvent enfin, prêts à vivre leur amour. Ils ne savent pas bien où cela les mènera, mais ils ont la certitude que, désormais, ils ne peuvent plus y échapper. Plutôt que de dérouler sous nos yeux l'idylle de deux retraités qui se retrouvent, l'auteur prend les choses à rebours, et remonte le fil, des rendez-vous manqués des deux amants, à leurs péripéties nombreuses, pour enfin nous conter leur rencontre inattendue. Ce procédé original et savoureux nous permet de découvrir des personnages d'une grande sensibilité, tellement touchants. 



Si l'histoire avait été contée dans l'autre sens, de la rencontre à la perte de l'être aimé, puis aux retrouvailles, nous y aurions certainement trouvé des tas de choses à redire. En effet, ce qui se trame entre Ana et Zeno est tout sauf une histoire d'amour traditionnelle. Et puis Ana est mariée, maire d'une commune, on attend une certaine droiture d'elle. Mais puisque les choses sont prises à rebours, nous ne voyons plus que toute la tendresse à l'œuvre dans cette histoire. Tendresse d'Ana envers les personnes qui l'entourent, à la mairie. Tendresse de Zeno envers les compagnons de ses différentes aventures (thésard à 40 ans, il a sillonné les mers comme pêcheur). Tendresse infinie de Giuseppe, surtout, le mari d'Ana, qui comprend le besoin de son épouse de voler de ses propres ailes. 

C'est une histoire extrêmement touchante que nous retrouvons dans cette bande-dessinée. Une lecture rapide, mais qui donne à coup sûr le sourire - j'ai encore le sourire aux lèvres rien qu'à me rappeler ma lecture pour vous en parler ! Un livre à offrir, à s'offrir, sans limites, juste pour faire sourire, pour mettre de la chaleur dans les cœurs. Mais attention... Malgré toutes ces couleurs pétillantes, certaines pages pourraient bien vous tirer quelques larmes d'émotion !

Comme d'habitude, je vous mets le lien pour acheter ce titre dans l'image ci-dessous !



jeudi 11 juin 2020

Simone Veil ou la force d'une femme, Annick Cojean, Xavier Bétaucourt et Etienne Oburie

Avant de lire cette bande-dessinée, je ne m'étais jamais vraiment penchée sur le personnage pourtant incontournable de Simone Veil. Bien sûr, je connaissais son parcours dans les grandes lignes, comme tout le monde je pense, mais je n'étais jamais allée plus loin. C'est donc une belle opportunité que m'ont offert Babelio et les éditions Steinkis de découvrir ce livre grâce à une opération Masse Critique privilégiée. Et je les remercie vivement, car je serais sans cela passée à côté de quelque chose. 



Annick Cojean, grand reporter au Monde, a eu l'occasion de connaître Simone Veil d'assez près à travers son métier. Du vivant de la ministre, elle avait réalisé plusieurs interviews et portraits d'elle, et une forme d'amitié teintée d'un grand respect semble s'être créée entre les deux femmes. C'est donc tout naturellement que, à la mort de Simone Veil, le quotidien Le Monde s'est tourné vers cette journaliste afin de lui rendre hommage. C'est ainsi que commence la bande-dessinée : Annick Cojean apprenant le décès de Simone Veil, et recevant la commande d'un article. On la suit donc, alors qu'elle se remémore ses rencontres avec cette grande femme, pour rédiger un texte au plus près de son vécu. Trois temporalités se chevauchent alors dans cette bande-dessinée : le moment présent, où la journaliste cherche les mots justes, puis un retour en arrière sur les rencontres entre les deux femmes, et enfin, des bribes du passé de Simone Veil. Une grande et belle place est ainsi laissée aux propos de cette dernière. 

Ce livre n'est donc pas une biographie dessinée de cette personnalité marquante, mais plutôt le récit d'une belle rencontre entre deux femmes habitées des mêmes convictions. Et tant mieux, car découvrir Simone Veil à travers les yeux d'Annick Cojean, qui l'estimait énormément, ne rend que plus touchant encore ce récit. Une biographie en bonne et due forme aurait certainement eu un côté trop scolaire, trop sérieux peut-être même. Grâce au procédé adopté ici, on découvre une femme derrière la personnalité, et c'est cette femme elle-même qui sait nous faire vibrer. Dès leur première rencontre, la ministre paraît se sentir assez proche de la jeune journaliste qui l'interroge, et on devine déjà que ce qui va les unir dépassera le cadre strictement professionnel. Simone Veil apparaît ainsi comme une personnalité très humaine, et semble très accessible, proche des femmes qui partagent ses combats. On découvre la femme, parfois fragile, derrière ses prises de position fortes, et les grandes lignes de sa politique ne sont là que pour rappeler son engagement infaillible. Et cette femme, celle que l'on voit transparaître sous le masque impassible, est terriblement touchante. 



Graphiquement, cette bande-dessinée en monochrome est également très réussie. Trois couleurs, une pour chacune des trois temporalités, permettant ainsi de bien comprendre comment tout cela est agencé. Ce choix me semble très judicieux, puisqu'une trop grande profusion de couleurs aurait desservi le sentiment d'intimité qui s'instaure assez vite. Toujours pour permettre de rentrer ainsi dans l'intime, l'illustration se cantonne beaucoup à des portraits, et se concentre en tous cas beaucoup sur les personnes, en simplifiant volontairement le décor d'arrière-plan. Ce qui importait ici, c'était vraiment de faire ressortir l'humanité des personnages, et le dessin s'y attache parfaitement. Annick Cojean rappelle la douceur du regard vert de Simone Veil, et le choix des teintes restitue parfaitement cette impression. 

Cette bande-dessinée m'a profondément émue, et m'a fait me sentir proche de cette grande femme que je connaissais alors si peu. Féministe ou pas, on ressort de cette lecture avec l'impression rassurante de faire partie d'une sororité. Une lecture qui éveillera très certainement des consciences, et qui raffermira les prises de position d'autres femmes. N'hésitez pas un seul instant, foncez découvrir cette bande-dessinée, que vous pouvez acheter en cliquant sur l'image ci-dessous. 


samedi 25 avril 2020

La naissance en BD, Découvrez vos supers pouvoirs, Lucile Gomez

Vous parler de cette bande-dessinée me tenait à cœur, puisque c'est selon moi un ouvrage nécessaire. J'avais découvert cette autrice un peu par hasard, il y a plusieurs années, avec Tout est possible mais rien n'est sûr, une autre bande-dessinée pleine d'humour, qui avait amenée une belle réflexion. Avec La naissance en BD, c'est la même chose ! 

En faisant cette bande-dessinée, Lucile Gomez avait envie de partager ses connaissances en faveur de l'accouchement physiologique. Elle rappelle dès le début que la grossesse et l'accouchement ne sont pas des maladies, et donc n'ont pas forcément besoin d'être aussi médicalisés qu'ils le sont aujourd'hui. Avec humour et bienveillance, elle souhaite redonner aux femmes les clés de leurs corps, afin qu'elles puissent faire les choix entourant leur accouchement en toute connaissance de cause. Parmi les explications scientifiques et physiologiques, on retrouve des conseils, qui peuvent aisément se résumer (ainsi qu'elle le fait parfaitement à la fin de l'ouvrage) en grandes lignes qui peuvent guider un accouchement physiologique, et même en cartes de supers pouvoirs, à emporter lorsque l'on part à la maternité, par exemple. Bien sûr, il n'est pas question pour elle d'imposer son idée de l'accouchement naturel, ni même de culpabiliser les femmes qui n'ont pas pu ni même voulu accoucher sans médicalisation excessive. Elle souhaite simplement rappeler aux femmes que leurs corps sont faits pour accoucher, qu'elles ont le pouvoir de le faire, et que l'on peut donc arrêter de voir tout ce qui entoure la grossesse uniquement à travers les yeux des médecins. Son souhait, finalement, c'est que chacune ait la possibilité d'accoucher comme elle le souhaite. 


Les illustrations sont pleine de vitalité, diffusant la bonne humeur au fil des pages. Lucile Gomez s'amuse à instaurer un dialogue entre elle et son chat, qui apporte les questionnements sceptiques, fréquents lorsque l'on commence à parler d'accouchement naturel. Si c'est très didactique, permettant un jeu de questions-réponses qui rythme le texte, ce dialogue apporte aussi beaucoup d'humour. Pour les passages un peu plus techniques, des jeux de mise en page empêchent le propos de devenir rébarbatif. On sent la volonté de faire un ouvrage plein de bienveillance et de positivité. 

Pour ma part, je n'ai pas appris grand chose en lisant cette bande-dessinée, puisque j'avais déjà lu un peu sur le sujet avant mon propre accouchement. Cependant, les ouvrages que j'avais lus jusque là étaient des essais, dans un langage qui n'est pas forcément accessible à tout le monde. Cette bande-dessinée est donc idéale pour vulgariser ce propos, et le mettre à la portée de femmes qui n'auraient pas envie de compulser des ouvrages scientifiques. Ce travail de vulgarisation me paraît nécessaire, et je salue donc le travail de l'autrice et de l'éditeur. J'aurais malgré tout tendance à trouver à cette bande-dessinée quelques longueurs, les choses se répétant parfois un peu trop longuement, d'autant qu'un autre tome sur l'application de ces supers pouvoirs et d'ores et déjà annoncé. Ceci dit, c'est le seul reproche que j'ai à faire, et c'est donc au final un bilan plus que positif ! 

Si vous souhaitez vous procurer le livre, pour votre propre usage ou pour offrir à une future mère, n'hésitez pas, et achetez-le en quelques clics à partir de l'image ci-dessous ! 


jeudi 13 juin 2019

Les grands espaces, Catherine Meurisse


Je retrouve Catherine Meurisse avec son dernier ouvrage, Les grands espaces, pour les besoins d'un article que l'on m'avait demandé. Et c'est un plaisir que de retrouver une auteure que j'apprécie, mais que j'avais un peu laissée de côté, ne lisant que peu de bandes-dessinées ces derniers temps... Je l'avais découverte avec Mes hommes de lettres, il y a pas mal d'années, et ça m'a d'ailleurs donné envie de m'y replonger ! 



Dans Les grands espaces, elle rouvre la porte de son enfance et nous entraîne à sa suite dans la campagne qui l’a vue grandir. A travers des souvenirs empreints d’une certaine nostalgie, elle croque avec joie le jardin de son enfance et les champs environnants. On la suit à travers ses jeux et ses découvertes enfantines, aux côtés de sa sœur, qui a toujours une citation littéraire pour commenter chaque situation. Le récit est donc émaillé de références, qui amènent tantôt un côté humoristique, tantôt une certaine érudition que l'on retrouvera beaucoup au fil de ces pages. Ainsi, les deux jeunes sœurs, curieuses de cette campagne où leurs parents les ont emmenées vivre, ouvrent leur musée de trésors, à la façon de Pierre Loti, qui habitait la même région. L'auteure se remémore également les moments de douceur aux côtés de ses parents, amoureux des plantes, qui se targuent de faire un jardin d'écrivains, eux qui collectionnent les boutures. Ils sont également fervents défenseurs de l'écologie, et transmettent ces passions à leurs filles, à travers leur volonté de leur créer un véritable jardin paysager dans lequel elles puissent se fabriquer d'heureux souvenirs. 

Cette parenthèse à travers laquelle Catherine Meurisse nous entraîne, cette pause dans nos vies citadines, c’est l’occasion d’une petite leçon de choses, alors qu’elle se souvient de tout ce qu’elle a appris dans ce jardin d'enfance. Il est l'heure, à travers cet album, de prendre conscience des changements que l'homme a imposés à la nature, la détruisant à petit feu, ce contre quoi les parents de l'auteure ont toujours tenté de se battre. S'il y a beaucoup de douceur dans cet album, il faut tout de même en ressortir en se posant les bonnes questions sur le mal que nous faisons à notre environnement, et sur nos modes de vie. Il y a donc beaucoup de nostalgie dans cet album, mais également un propos très actuel. 

On y retrouve en tous cas avec grand plaisir le trait malicieux de Catherine Meurisse, alors qu’elle croque les personnages, et notamment les membres de sa famille, avec son humour habituel de caricaturiste. Mais surtout, on se laissera émerveiller par certaines planches plus vraies que nature, façon cabinet de curiosité. Si c'est une lecture sur laquelle je suis finalement passée assez vite, j'ai réellement eu des coups de cœur pour quelques illustrations, dont je vous laisse apercevoir des exemples.

   


Un retour au vert qui permettra de s’évader bien plus loin qu’on ne le soupçonne. Avoir renoué avec cette auteure me donne désormais très envie d'aller lire son précédent ouvrage, La légèreté, dans lequel elle revenait sur ses sentiments face à la tuerie de Charlie Hebdo. 

Si vous souhaitez vous y plonger à votre tour, voici le lien pour vous procurer Les grands espaces ! 

mercredi 19 décembre 2018

Lectures en bref - Novembre 2018

En ce mois de novembre, j'ai fait le plein d'albums jeunesse. A tel point qu'il serait un peu fastidieux (pour vous autant que pour moi) d'écrire un petit paragraphe sur chaque... Je vous pose donc les couvertures ici, et j'en dirai un peu plus sur certains, en-dessous !



 





De belles lectures, donc, en albums jeunesse. Le géant, la fillette et le dictionnaire, de Jean Leroy et Stéphanie Poulain, m'avait tout de suite attirée par sa belle couverture. Cette beauté se retrouve au fil des pages, à travers des illustrations très travaillées, avec notamment un jeu très intéressant sur les différents plans d'image. C'est une belle histoire tout en simplicité sur l'acceptation de la différence. 
Il neige, de Go Hye-jin, figure dans la sélection de Noël de Télérama. C'est l'histoire d'un ours qui refuse d'hiberner pour profiter de la neige. Un bel album, mais pas un coup de cœur pour autant. J'ai en revanche préféré Une échappée de Bartok Biloba, de Lolita Séchan (la fille de Renaud) : une histoire initiatique vraiment touchante. J'ai aussi adoré La librairie de tous les possibles, de Shinsuke Yoshitake : un petit documentaire pour les amoureux des livres, qui en vante les nombreuses qualités. Un album jeu ensuite : Cache-cache ville fait partie de ces livres vendus avec une loupe rouge, spécialement conçue pour observer les illustrations cachées sous les dessins rouges. On visite une ville, ce qui rend tout d'abord cet album assez banal. Mais en y regardant de plus près, on observe quelques étrangetés... qui, listées à la fin du livre, permet une deuxième lecture qui donne plus de relief ! Enfin, j'ai admiré Dans la forêt, un très beau livre pour les touts-petits, très tendre. 

Ce mois-ci, j'ai aussi lu Timeless de Armand Balthazar. Enfin, j'ai essayé... Ce roman illustré pour ados m'est tombé des mains. Littéralement d'abord : c'est un pavé, avec une couverture rigide, et il est vraiment lourd, ce qui n'en rend pas la lecture pratique. Mais surtout, parce que je l'ai trouvé très mal écrit. Parfois, les illustrations complètent le texte, et on a donc une ellipse dans le texte, mais à d'autres moments, on retrouve ce genre d'ellipses, alors que l'image n'a pas apporté les explications manquantes. Les dialogues sont bien trop littéraires, et on trouve même des fautes de français. Ajoutez à cela que, au bout d'une centaine de pages, l'intrigue ne s'est toujours pas déclenchée... Je n'ai pas eu le courage de terminer ce roman, j'avais clairement l'impression de perdre mon temps.


Je termine sur une note plus positive, avec le deuxième tome de La Boîte à musique, une bande-dessinée dont je vous avais déjà parlé. On retrouve Nola, de retour à Pandorient, pour une nouvelle aventure, et on en apprend un peu plus sur les règles de cet univers parallèle. Pour une fois, sur une série de bandes dessinées, chaque tome contient une histoire à part, à la longueur plutôt satisfaisante, donc on n'est pas frustrés ! Bref, j'adore ces BD, et je vais encore guetter la sortie du troisième tome ! 


vendredi 1 juin 2018

L'Observatrice, Emmanuel Hamon et Damien Vidal

J'ai découvert cette bande dessinée grâce à Masse Critique, de Babelio. L'Observatrice est une bande dessinée documentaire, où une jeune femme va participer à la vérification du processus démocratique des élections présidentielles du Kirghizstan.

L'histoire, plutôt prenante malgré la forme documentaire, est bien développée dans le temps court du format bande dessinée. Même si on aurait aimé un texte d'introduction, peut-être pour planter la situation politique du pays, le peu d'informations données suffit finalement à capter les éléments importants. En effet, les traits sont un peu forcés, juste ce qu'il faut pour mettre en lumière la prise de position de chaque personnage important pour l'histoire.
On embarque facilement à la suite de Mathilde, jeune idéaliste, qui s'aperçoit vite que la réalité n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Avec elle, on découvre que la tenue d'élections libres n'est pas la préoccupation principale de la majorité des habitants du pays, et qu'il y a peut-être des enjeux plus importants à résoudre en priorité. D'ailleurs, ces élections sont-elles si libres qu'il paraît ?



Si l'histoire est intéressante, bien ficelée, et plutôt prenante, j'ai été un peu déçue par l'illustration. Certes, on reconnaît bien là le trait plutôt caractéristique de la bande dessinée documentaire. Mais j'ai trouvé que ces dessins avaient quelque chose de trop fixe. Dans certaines vignettes, on sent que le dessinateur a voulu insuffler du mouvement à ces personnages, mais le résultat n'est malheureusement pas au rendez-vous, et souvent, les personnages ont une attitude plutôt figée.

mardi 6 mars 2018

Lectures en bref - Février 2018

Ce mois-ci encore, il y a certaines lectures que je n'ai pas pris le temps de chroniquer, pour diverses raisons, mais auxquelles je voudrais tout de même laisser une petite place... Alors voilà un petit aperçu de mes lectures de ce mois de février. Un bon nombre de lectures faites, et assez variées, alors je suis plutôt contente ! 


Marche à l'étoile, Hélène Montardre

Ce roman de la rentrée littéraire m'avait bien intriguée. Et grâce à NetGalley j'ai eu la chance de le lire ! Un roman en deux parties, avec deux héros masculins au centre de chacune. D'abord, on suit Billy, un jeune esclave qui s'est échappé de la plantation où il travaillait, à cause d'une splendide boucle d'oreille qu'on le suspecte d'avoir volée. Son parcours vers la liberté et les Etats du Nord sera semé d'embûches, à cause d'un chasseur d'esclaves qui veut à tout prix sa peau. Dans la deuxième partie, on bascule plusieurs siècles plus tard, auprès de Jasper, un jeune étudiant qui trouve un mystérieux carnet dans la maison de son grand-père décédé. 
L'idée est intéressante, même si en réalité les rebondissements de cet ouvrage sont assez prévisibles. Parfois même, on est face à des situations un peu trop faciles, des dénouements d'intrigue mal ficelés car courus d'avance, voire même invraisemblables. Je n'ai pas réellement accroché au style d'écriture, pas assez travaillé à mon goût. Certains passages auraient gagné à être bien plus développés, cela aurait donné de beaux moments de lecture, quant d'autres créent clairement des longueurs. 
Malgré tous ces défauts que je lui trouve, cette histoire a su me faire passer un moment agréable, et elle s'avère plutôt instructive, on en apprend pas mal sur l'histoire de l'esclavage, et des Quakers qui s'y sont opposés par de petites actions. 



La boîte à musique - tome 1, Gije et Bénédicte Carboneill

J'ai fait une belle découverte avec cette petite bande dessinée aux couleurs très attirantes. A travers une boîte à musique, on plonge aux côtés de Nola dans un monde parallèle bien mystérieux. Sa mère, décédée, avait apparemment l'habitude de s'y rendre régulièrement, puisqu'elle rencontre très vite des amis de sa mère. Notamment une femme, malade, qui a besoin de son aide. 
Dans cette bande dessinée, on découvre un bel univers fantastique, qu'on a réellement envie de connaître davantage. Mais c'est aussi le défaut de ce premier tome : on passe un peu vite sur la découverte de ce monde, et à la fin de cet opus on reste plein de questions quant aux créatures aperçues au fil des illustrations. Ceci dit, ces illustrations, justement, apportent un côté très attachant à ce titre, et on a envie d'en voir plus. Vivement le tome 2, donc ! 

Tortues à l'infini, John Green

Je n'avais jamais lu de romans de John Green auparavant, car je l'avoue, aucun ne me tentait réellement. Mais ce dernier ouvrage, Tortues à l'infini a, j'ai l'impression, davantage fait parler de lui. En tous cas, il me tentait bien. On y suit Aza, et sa meilleure amie Daisy, qui vont mener une enquête afin d'aider à retrouver le père d'un voisin, Davis, un milliardaire qui a disparu mystérieusement. Seulement, cette enquête n'est pas aussi désintéressée qu'il n'y paraît, puisqu'il y a une grosse récompense financière à la clé. Au milieu de tout cela, Aza se débat avec ses troubles obsessionnels compulsifs, son côté maniaque qui la rend parfois limite asociale. En plus de relations d'amitié à consolider, Aza va devoir apprivoiser ses troubles, qui lui donnent l'impression de ne pas contrôler sa vie. 
Ce roman est bien construit, on se laisse vraiment happer par l'intrigue. A tel point que, même si j'ai du interrompre ma lecture pendant plusieurs mois, je n'ai eu aucun mal à la reprendre là où je m'étais arrêtée. On sent que l'auteur s'est énormément livré dans ce roman, et on découvre un monde qui nous est difficilement compréhensible. Un beau livre, assez facile à lire tout de même, qui vaut vraiment le détour !