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lundi 1 juin 2020

Lectures en bref - mai 2020

The wicked deep, Shea Ernshaw

J'avais déjà beaucoup entendu parler de ce roman, et j'en avais lu des avis assez divergents. J'ai donc pu me faire un avis dessus, grâce aux éditions Rageot qui l'ont mis en accès libre pendant le confinement. L'histoire se déroule de nos jours, dans un village marqué par une malédiction. Deux cent ans auparavant, Marguerite, Aurora et Hazel Swan ont été condamnés à la mort par noyade par les villageois, qui voyaient en elles des sorcières séductrices. Depuis, elles reviennent chaque année en juin, prennent possession du corps de jeunes filles, et se vengent en noyant des hommes qu'elles séduisent. Alors que cet "événement" attire les touristes et attise la curiosité de tous, Penny, une jeune fille du village, est lassée de ces noyades qui font tant fantasmer. Alors que Bo, un étranger, débarque sur son île, elle va tenter, par tous les moyens, de le préserver du pouvoir d'attraction des trois jeunes femmes. 



J'ai bien aimé ce roman, empreint de fantastique, et écrit dans une ambiance assez sombre qui convient très bien. Même si j'avais deviné assez vite le nœud de l'intrigue, je ne voyais pas trop comment celle-ci pourrait trouver une résolution satisfaisante, et finalement, ça fonctionne. Ce roman ne sera pas un coup de cœur, et ne me marquera pas forcément, mais c'était une lecture agréable, bien divertissante, l'idéal pour passer le temps pendant le confinement ! 

Quelques albums jeunesse

Ce mois-ci, avec le retour en librairie, au contact des nouveautés, j'ai aussi pu découvrir plusieurs beaux albums jeunesse, dont j'ai parlé (ou vais parler) sur Instagram. Il y a eu Maman c'est toi ?  du duo d'illustratrices IK et SK : un livre-carrousel, une forme assez originale, idéale pour les petites mains. Je veux un super pouvoir, d'Emilie Vast, chez Memo, reprend les deux lapins de son précédent album (Moi j'ai peur du loup, dont je vous avais parlé par ici) pour se faire à la fois album et documentaire. J'ai également découvert le magnifique D'un grand loup rouge, de Mathias Friman publié par Les fourmis rouges


                                                                                   

Et c'est tout ?

Non, ben sûr que non ! Au programme de ce mois de mai, il y a aussi eu un autre roman jeunesse : Se taire ou mourir ? dont je vous ai parlé dans mon précédent billet sur Karen McManus. Et puis une lecture documentaire sur la parentalité : J'ai tout essayé, d'Isabelle Filliozat, dans une version illustrée par Anouk Dubois, chez JCLattès. Je vous en parlerai peut-être prochainement ! 

Et maintenant, place au mois de juin, que je souhaite riche en lectures, avec notamment le début des lectures pour la rentrée littéraire ! 

mardi 26 mai 2020

Focus sur... Karen McManus

Je me rends compte, alors que je m'apprêtais à publier un article sur Se taire ou mourir ?, que je ne vous avais pas parlé du précédent roman de cette autrice : Qui ment ? Il va donc falloir réparer cet oubli avant toute chose ! J'avais découvert Karen McManus avec son premier roman traduit en France, Qui ment ? il y a deux ans déjà. Alors que cinq lycéens sont collés en même temps, l'un d'eux meurt dans des circonstances qui échappent à tous. Les quatre autres, Bronwyn, Nate, Addy et Cooper, sont forcément les suspects tout indiqués. Une enquête commence donc, qui va révéler beaucoup de chacun de ces personnages, et qui va même leur permettre de se révéler à eux-mêmes. 

Ce roman réunissait tous les éléments du page-turner parfait. L'enquête policière qui distille du suspense, et qui nous donne envie d'aller au bout pour connaître le dénouement de cette histoire, en même temps qu'on tremble pour les personnages. Les quatre suspects qui représentent les différents archétypes des lycéens américains : on a l'intello un peu coincée, le délinquant qui touche à la drogue, le sportif, un des meilleurs joueurs de baseball du lycée, et la fille populaire un peu superficielle. Et même si tout cela paraît très caricatural, cela fonctionne parfaitement car non seulement, les jeunes lecteurs s'y retrouvent sans mal, et ces figures emblématiques sont parlantes, mais surtout, si les choses semblent assez figées au départ, chaque personnage connaîtra une belle évolution qui viendra gommer ces archétypes, ou du moins changer notre regard dessus. Enfin, on est servis en histoires d'amour entre les différents personnages, et on savoure avec délectation quelques un des passages où deux personnages se rapprochent timidement pour finalement céder à la passion... Cocktail idéal donc, pour ce roman choral, qu'il m'avait été bien difficile de lâcher avant la fin ! 



Se taire ou mourir ? est paru juste avant le confinement (un des livres qu'il faut penser à soutenir, donc !), et a été une de mes lectures de confinement. Comme le précédent roman, il se dévore, encore un beau page-turner. Ellery et Ezra, deux jumeaux, doivent s'installer à Echo Ridge, où leur mère et sa sœur jumelle ont grandi. Cette ville, ils le savent, a déjà été deux fois par le passé le théâtre de disparitions inexpliquées de jeunes filles. A la fois fascinés et un peu effrayés par cet endroit où ils n'ont encore jamais mis les pieds et que leur mère a longtemps évité, les jumeaux vont tenter tant bien que mal de trouver leur place dans cette petite ville qui cache bien des secrets. On y retrouve les mêmes ingrédients que pour Qui ment ?. Et pourtant, j'ai trouvé que cela fonctionnait moins bien ici. D'abord, parce que les personnages principaux me parlaient moins, je me suis sentie moins proche d'eux et donc pas autant concernée par l'histoire. Peut-être aussi parce que ce deuxième roman m'a donné une sensation de facilité : on prend les mêmes ingrédients, on change le lieu et le crime, et on recommence. Ca m'a paru un peu trop léger par rapport à Qui ment ? Jusqu'à la fin de celui-ci, je ne voyais pas comment l'intrigue pouvait se résoudre. Dans Se taire ou mourir ?  j'ai eu l'intuition du coupable assez vite, et n'ai donc pas été très surprise du dénouement. C'est donc un chouette roman, qui se lit bien et qui saura séduire beaucoup d'adolescents, mais moins bien que le premier à mon avis. 



Un des reproches souvent faits aux romans jeunesse trouve ici une belle réponse : la question de la diversité. On trouve en effet une belle diversité parmi les personnages de Karen McManus, tant de race, de genre, que de sexualité. Cela semble assez représentatif de la diversité réellement présente aux Etats-Unis, où se côtoient des populations de diverses origines, et où, dans le nord du pays du moins, les différentes orientations sexuelles sont plus facilement acceptées qu'en France. Une belle leçon, donc, pour les jeunes lecteurs.

N'hésitez pas à faire découvrir cette autrice à vos adolescents, succès à peu près garanti ! Je vous laisse cliquer sur l'image ci-dessous pour vous procurer un de ces livres (ou les deux !).