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mardi 30 juin 2020

La reine sous la neige, François Place

A sa sortie, ce livre avait plutôt attisé ma curiosité, les quelques lignes de son résumé annonçaient une lecture très originale. François Place étant un auteur à l'imaginaire riche, je ne m'inquiétais pas de la qualité de ce roman. Voyez par vous-mêmes. 

Une tempête en plein ciel.
Un avion dérouté.
Un vol de portable.
Un coup de foudre. 
Deux amoureux.
Une reine morte.
Un enfant perdu.
Un tigre évadé du zoo.
Une statuette de plastique.
Une enquête impossible.
Londres sous la neige...

Et en effet, dès les premières pages, le roman est prometteur, accrocheur. Sam, qui vit en Afrique du Sud avec sa mère et son beau-père, doit se rendre à Amsterdam pour l'anniversaire de son demi-frère. Seulement, à cause d'une tempête de neige, son avion est détourné sur Londres, où elle va donc passer une journée aux allures irréelles. Alors qu'elle veut en profiter pour rencontrer sa correspondante londonienne de longue date, elle croise la route de deux garçons, Eliot et Fergus, qui vont donner une saveur toute particulière à cette journée. Puis, alors que la journée avance, elle se rend à Camden et tombe sur un petit garçon qui s'est enfui de chez lui, laissant derrière lui une situation inextricable. Tout bascule pour ces deux personnages un peu perdus, lorsqu'ils se retrouvent près du zoo, dont un tigre s'est échappé. Dans le même temps, une terrible nouvelle s'abat sur tout ce ballet de personnages : la reine Elizabeth II est décédée. Happées par cet événement hors du commun, toutes ces intrigues vont s'emmêler pour mieux se dénouer dans cette bulle hors du temps qui les enveloppe. 



Si j'ai dévoré ce roman, qui se lit très facilement, j'avoue qu'il me laisse perplexe. En fait, je le trouve à la fois trop riche, et quelque peu pauvre. Pauvre, pour l'aspect lexical et complexité de l'intrigue. Les personnages principaux sont âgés de 18 ans, donnant l'idée d'un roman destiné à un public jeune adulte, alors qu'en réalité, je pense qu'il est parfaitement adapté à des lecteurs bien plus jeunes, dès 12-13 ans, par sa facilité. Trop riche, parce que plein de pistes sont lancées dans ce roman, le rendant complètement inclassable. Une belle romance et une enquête policière se partagent la première place, mais pour autant ce n'est ni une romance ni un polar. Beaucoup de sujets sont effleurés : les familles recomposées, le harcèlement, le troisième âge, l'émigration... Mais cela fait trop de sujets à la fois, trop de personnages aux trajectoires de vie complexes, et on a tendance à se perdre au milieu de tous ces personnages secondaires. Alors qu'on aimerait voir l'un ou l'autre davantage creusés, tous sont évoqués trop vite, et certaines intrigues restent ainsi sans réponse. Je sais que dans son travail d'illustration, ce fouillis apparent participe à la poésie de l'imaginaire de François Place, mais ici j'ai trouvé que cela ne fonctionnait pas. 

Dommage, une petite déception, mais c'est malgré tout un roman qui se lit tout seul, et qui fait voyager ! 

lundi 28 janvier 2019

Lectures en bref - Décembre 2018

Faire le bilan de décembre... il serait temps non ? Mieux vaut tard que jamais, comme on dit. Et de toute façon, je n'ai pas tellement de titres à vous présenter, puisque décembre est un mois où j'ai assez peu de temps pour moi. 

Commençons sur du positif, avec Le marquis de la baleine, de François Place. Ce grand album m'avait interpellée à sa sortie, et ma collègue m'en avait dit beaucoup de bien. Dans cette pièce de théâtre superbement illustrée, on plonge au coeur du Minotruche, avec pour personnages : le roi Balthazar, la reine Mirabelle, et leur neveu Sigismond. Ce dernier, après de longues études à l'étranger, rend visite à son oncle et sa tante pour leur mettre une idée en tête. Lui qui rêve de grandeur, il a appris qu'à l'étranger, on voyait le royaume de Minotruche... comme un confetti ! La nouvelle est dure pour le roi et la reine, qui veulent à tout prix redonner une image de grandeur à leur pays. Sigismond va les aider à imaginer le meilleur scénario possible pour épater tous les pays voisins... Faire venir une baleine dans un pays enclavé au milieu des terres ? Tout paraît envisageable aux yeux de Balthazar et Mirabelle, pourvu qu'il y ait des danses folkloriques ! Si vient de leur "Sigi" adoré, c'est qu'elle est bonne ! 


On l'aura compris, François Place manie ici l'humour absurde, à la perfection. Il y a derrière tout cela une forme de critique tout en douceur, mais bien présente tout de même. L'écriture théâtrale est un régal à lire, elle donne un dynamisme et une vivacité impressionnants au texte. On a envie de se mettre à déclamer. Cet album est un bijou à découvrir à plusieurs, à lire à voix haute en famille ou entre amis, pour se régaler. 


En décembre, j'ai également lu le roman S.T.A.G.S de M.A. Bennett. Greer fait sa rentrée en pensionnat dans un lycée très huppé, pour lequel elle a reçu une bourse au mérite. Ne venant clairement pas du même monde social que la plupart des élèves, elle a beaucoup de mal à s'intégrer et le vit mal. Aussi, quand elle reçoit une invitation à un week-end de chasse, tir et pêche, chez Henry de Warlencourt, le garçon plus populaire du lycée, elle saute sur l'occasion. Mais ce week-end qui avait l'air d'un rêve va en fait tourner au cauchemar...


Je n'ai pas été très emballée par cette lecture... C'était divertissant, mais tout étais assez gros et caricatural, donc ça ne m'a pas marquée plus que ça. Et la fin m'a déçue, car finalement on revient plus ou moins à la situation initiale, même si elle est inversée... Je n'en dirai pas plus pour ne pas vous spoiler, évidemment, mais cette fin m'a un peu gâché la lecture, je dois dire.  


J'ai également lu Dix jours avant la fin du monde, de Manon Fargetton. Ou plutôt, essayé de lire... C'était le premier livre de cette autrice que je lisais, mais je n'ai pas été emballée. A tel point que j'ai abandonné ma lecture au bout d'une centaine de pages, car je m'ennuyais, je trouvais ça trop plat, et je n'avais pas suffisamment d'attentes pour la suite. 

Il y est question d'une catastrophe qui commence à ravager le monde à l'autre bout de la planète : deux lignes d'explosion ont tout détruit sur leur passage, et avancent pour se rejoindre, lentement mais inexorablement. En France, les personnages savent donc que la fin du monde est proche, et chacun tente d'y faire face à sa manière, souvent bancale. 


Enfin, j'ai eu la chance de lire Asta, de Jon Kalman Stefansson, un auteur que j'avais envie de découvrir depuis un moment (depuis la sortie de D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds, pour être exacte). Dans Asta, l'auteur nous raconte des tranches de vie en Islande. On y rencontre Sigvaldi et Helga, qui décident de nommer leur fille Asta, "amour" en islandais. Et pourtant, dans la vie de ces personnages, l'amour n'est pas très présent. Sigvaldi se remémore sa vie passée, et considère les erreurs qu'il a pu faire, les incompréhensions qui l'ont habité. Dans le même temps, nous suivons aussi Asta, devenue une jeune fille compliquée, qui tente de se débattre tant bien que mal à travers sa vie. 

L'écriture est à la fois très belle et froide, un peu sèche, comme peut l'être le climat en Islande. On s'imprègne donc très bien de l'état d'esprit de ce pays lointain et inconnu de la plupart d'entre nous. Pour autant, les sauts à travers les époques m'ont un peu perdue, et j'ai trouvé dur de retrouver son chemin à travers tous ces méandres. Asta est un de ses livres où il faut oublier sa liberté de lecteur afin de mieux se laisser emporter à la suite de l'auteur, mais je n'ai pas réussi à le faire. Ce qui n'enlève rien à ses qualités !